‹ Traité de toxicologie (volume 4)Chapitre 101 sur 107 · EMPOISONNEMENT PAU L’ARSENIC · texte numérisé non relu

EMPOISONNEMENT PAU L’ARSENIC

Procédé pour découvrir l’arsenic faisant partie d’une matière organique.

Voici le procédé qui me paraît devoir être préféré . tant à cause de sa simplicité, que parce qu’il fournit beaucoup plus d arsenic que ceux qui étaient connus avant que M. Jacquelain eut publie celu nui vient d’être décrit. On décompose la matière organique par un courant de chlore gazeux, comme il a été dit à la page 705 , en ayant soin de faire passer le chlore dans un flacon contenant 120 grammes d’eau, dans laquelle on a préalablement dissous quelques diagrammes de potasse a l'alcool afin de le laver; on bouche le ballon c on laisse réagir jusqu’au lendemain, puis on jette sur un linge fin, lavé

-, l’eau distillée aiguisée d’acide chlorhydrique.

On chauiïc la liqueur dans une cornue , à laquelle est adapte un îecipient, jusqu’à ce qu’elle soit réduite au cinquième de son volume a peu près (1) ; on la laisse refroidir, et on la traite par 1 alcool concenti é marquant 38 ou à 0 degrés, qui dissout l’acide arsénique produit par l’action du chlore, et coagule la majeure partie de la petite quantité de matière organique qui était restée dans la liqueur après action du chlore - on filtre. La liqueur, acidulée par 1 acide chloihjdiique, est soumise à un courant de gaz acide siilfhydrique , qui ne tarde pas a la jaunir et à la troubler; lorsqu’elle est saturée , oïl la fait bouillir pendant 15 à 20 minutes, afin de décomposer l’acide arsénique, de volatiliser l’excès d’acide sulfhydrique , et d’obtenir du sulfure d arsenic jaune. Lorsque ce sulfure est déposé, on décante et on filtre; la liqueur est évaporée jusqu’au cinquième de son volume poui la debarrasser de l’alcool, puis introduite dans l’appareil de Marsh, dccnt a la page 382, si ce n’est qu’au lieu du tube droit N , on emploie un tube recourbé en S, afin d’éviter le dégagement d’une portion de gaz hydrogène arsénié, qui a lieu avec un tube droit. Le bouchon et 1 ouverture du flacon A , qu’il ferme , doivent être scelles avec de a eu e d’Espagne, autrement, il s’échapperait par ce bouchon et pa, cette ouverture une < ertaine quantité de gaz hydrogène arsenic. Il est possible qu en agissant ainsi, on obtienne avec cette liqueur un peu d’arsenic qui aurait échappé à l’action du gaz acide sulthydnque.

Quant au précipité jaune de sulfure d’arsenic, après 1 avoir lave à plusieurs reprises pour lui enlever une partie de la matière organique et avoir décanté la presque totalité du liquide, on le mêle avec 3 ou h

(l\ Si loin l’acidc arsénieux n’avait pas été transformé en acide arsénique pari cire, il se pourrait que le liquidé distillé contint un peu de chlorure d’arsenic; c’est donc une précaution utile que d’opéreren vaisseaux clos.

DES POISONS IRRITANTS, grammes d acide azotique pur et concentré , et l’on chauffe à une température douce jusqu’à siccité; on traite de nouveau et à deux ou trois reprises ce sulfure par l’acide azotique concentré, en ayant soin chaque fois de ne pas pousser l’action de la chaleur assez loin pour volatiliser une portion de ce sulfure ; par ce moyen ou détruit presque la totalité de la minime proportion de matière organique que ce sulfure avait retenue , et l’on transforme le soufre et l’arsenic en acides sulfurique et arsénique. On traite le résidu par l’eau distillée bouillante et on l’introduit dans l’appareil de Marsh, modifié comme il vient d’être indiqué, afin d’obtenir l’arsenic sous forme d’anneau et de taches.

Si Ici matière organique sur laquelle on opère était pourrie , on devrait encore agir de la même manière, sans avoir à craindre les inconvénients que j ai signalés en décrivant le procédé de M. J.acquelain (p. 708) ; en effet , en opérant comme je conseille de le faire, on n’a pas à redouter la mousse qui se développe dans le procédé de M. Jacquelain , parce que le liquide suspect n’est introduit dans l’appareil de Marsh que lorsqu’on a détruit la majeure partie de la matière organique par le chlore , qu’après avoir séparé par l’alcool une foi lion de la matière azotée restante, et qu’après avoir précipité la liqueur par 1 acide sulfhydrique , et avoir transformé le sulfure d’arsenic en acides sulfurique et arsénique.

On objectera peut-être qu’à la page 008 et suivantes, j’ai prosciit 1 emploi de 1 acide chlorhydrique dans les recherches médicolégales relatives a l’arsenic , et que pourtant ici je me sors de quantités notables de cet acide pour extraire le chlore. Cette objection serait puérile; en effet , il est aisé de voirqu’alors même que l’acide chlorhydrique contiendrait de l’acide arsénieux et de l’acide sulfureux , ces deux acides seraient absorbés par la potasse contenue dans le flacon de lavage , après avoir été transformés par une portion de chlore en acides arsénique et sulfurique , en sorte que le chlore qui arriverait dans le bocal contenant la matière organique à décomposer ne renfermerait plus la plus légère parcelle d’acide sulfureux, ni d’un composé arsenical. L’expérience suivante ne laissera aucun doute à cet égard : que l’on dégage du chlore avec 100 grammes de bi-oxyde de manganèse préalablement mêlé de h ou 5 décigrammes d’acide arsénieux solide, que l’on ajoute quelques gouttes d’acide sulfureux à l’acide chlorhydrique dont on devra faire usage , on verra à la fin de l’expérience que l’eau potassée du premier flacon est sensiblement arsenicale , tandis que l’eau de lavage du deuxième flacon ne renferme pas la plus légère trace d’arsenic; au contraire , le liquide chlorhydrique du ballon contenant le bi-oxyde de manganèse retiendra une énorme proportion d’arsenic.

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