‹ Traité de toxicologie (volume 4)Chapitre 16 sur 107 · BU BROME · texte numérisé non relu

BU BROME

Action sur l'économie animale.

Expériences. — 1" Injecté dans les veines à la dose de 10 à 12 gouttes dissous dans 32 grammes d’eau distillée, le brome détermine la mort instantanément en coagulant le sang , sans affecter le système nerveux.

2" 11 suffit, d’après JL Barthez, de 50 à 60 gouttes pour occasionner, au bout de trois ou quatre jours, la mort des chiens qui en ont avalé , à moins qu’il ne survienne des vomissements bientôt après qu il a été pris. Les animaux éprouvent les symptômes suivants : nausées, vomissements, accélération de la respiration et de la circulation, prostration des forces qui va croissant jusqu’au moment de la morl. A l'ouverture des cadavres, on trouve la membrane muqueuse de l’estomac très ramollie, formant des plis d’un rouge foncé, plus ou moins saillants; ou voit aussi çà et là des ulcères grisâtres; enfin souvent le duodénum et le jéjunum sont également enflammés. \ Barthez , Thèse soutenue en 1828 à la Faculté^dc médecine de Paris.)

3" Donné dans une infusion de café, avant qu’il ait eu le temps de se convertir en acides bromique et bromhydriquc , il peut également laire périr les chiens.

ô" Un chien mourut en un jour pour avoir pris 25 centigrammes de brome dissous dans G/i grammes d’eau. Sa respiration de vint laborieuse ; il poussa de grands cris, et eut des convulsions. L’estomac était ccchymosé cl rempli d’un mucus sanguinolent; la membrane muqueuse du duodénum était généralement injectée; le reste du canal digestif était sain.

5" M. Butskc, à qui nous devons ce fait, ayant avalé une goutte et demie de brome dans 16 grammes d’eau, éprouva un sentiment de chaleur dans la bouche, dans l’œsophage et dans l’estomac, puis après des coliques. Deux gouttes et demie du même poison , administré dans 32 grammes de mucilage, occasionèrcnt en outre des nausées, des hoquets et une grande sécrétion de mucus. ( Archives, generales de médecine, xxiv, 289.)

Conclusions. — Le brome agit à l’instar de l’iode, mais avec plus d’énergie; il est plus actif que ne l’avait cru M. Barthez , et il est évidemment absorbé.

Traitement de l’empoisonnement par le brome.

On agira comme dans l’empoisonnement par l’iode. (Voy. pag. 69.)

Recherches médico-légales.

Le brome est liquide à la température ordinaire, d’un rouge noirâtre vu par réflexion, et d’un rouge hyacinthe vu par réfraction, d’une odeur très désagréable, analogue à celle de l'acide hypochloreux, d’une saveur aromatique safranée, très forte, volatil, entrant en ébullition â è 7° c. , et fournissant une vapeur d’une couleur semblable à celle de l’acide azoteux (vapeur nitreuse). Une bougie allumée plongée dans celte vapeur ne tarde pas à s’éteindre et présente une couleur verte à la base de la flamme et rouge à son extrémité. Le brome détruit les couleurs bleues végétales et tache la peau et les tissus végétaux en jaune ; il se dissout dans l’eau , dans l’alcool et dans l’éther, qu il colore en rouge. Versé dans une dissolution d’azotate d’argent étendue, il y fait naître un précipité blanc-jaunâtre insoluble dans l’acide azotique et soluble dans une grande quantité d’ammoniaque, quoi qu’en dise M. Dcvergie.

Eau bràmêe. Agitée avec du sulfide de carbone , elle est promptement décolorée , et le sulfide qui occupe le fond du tube offre une couleur rouge d’autant plus intense que l’eau contenait une plus grande quantité de brome. Ce sulfide ainsi rougi, soumis à l’action d’une douce chaleur , se volatilise et vient se condenser dans le liquide contenu dans le récipient où il se rend.

Brome mêle à des liquides végétaux et animaux, tels que le vin, le café, le bouillon, etc. , à la matière des vomissements, aux liquides de l’estomac et des intestins. Si le mélange n’est pas parfait , et que le brome occupe le fond du liquide , on le séparera par décantation et on le reconnaîtra aux caractères qui lui sont propres. Si , au contraire , le brome était dissous ou bien mélangé , on filtrerait les liquides et on les diviserait en deux parties À et B. A serait traité par le sulfide de cai bone, comme il vient d’être dit; le liquide pesant et rougeâtre qui occuperait la partie inférieure du tube, distillé dans une cornue, se condenserait au fond du liquide contenu dans le récipient, et ofliiiait une belle couleur rouge. B. On sature le brome ainsi que les acides hromhydrique et bromique qui auraient pu se former par la potasse 5 l’alcool , et on évapore la liqueur jusqu’à siccité ; on détruit ensuite la matière organique par la chaleur, et le résidu contenu dans le fond du creuset est traité par une petite quantité d’eau distillée. La dissolution doit renfermer du bromure de potassium; aussi 1 azotate d argent y produit un précipité blanc-jaunâtre ou jaune caillebotté , insoluble dans l’acide azotique et soluble dans une assez grande quantité d’ammoniaque ; le chlore employé par petites parties communique à

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