DES ACIDES EN GÉNÉRAI
Aellon générale de ces douze acides sur l’économie animale.
SYMPTÔMES. Acides concentrés ou moyennement étendus introduits dans l’estomac. — A peine ces acides ont-ils été avalés , que l’on observelaplupartdessymptômes suivants : chaleur brûlante 5 la bouche , dans l’œsophage et l’estomac ; douleur vive ; dégagement de gaz, rapports abondants, nausées et hoquet ;v douleurs croissantes à la gorge et dans la région épigastrique ; bientôt vomissements répétés et excessifs de matières liquides et solides, parfois sanguinolentes, rougissant le tournesol , et qui produisent une sorte d’effervescence ou de bouillonnement sur le sol ; saveur et quelquefois odeur particulières des matières vomies , très sensibles pour le malade et pour l’observateur ; persistance de cette saveur et de cette odeur dans les intervalles des vomissements, et même lorsqu’ils ont cessé ou qu’ils n’ont pas eu lieu par une cause quelconque ; tuméfaction du ventre, tension assez grande et sensibilité exquise au moindre contact, sentiment de froid à l’extérieur du corps, horripilations de temps à autre , membres quelquefois glacés , et plus particulièrement les membres abdominaux ; pouls petit, enfoncé, quelquefois précipité , et dans certains cas, tremblotant; anxiétés horribles, agitation continuelle, contorsions en tous sens, mouvements convulsifs des lèvres, de la face, des membres, angoisses inexprimables, poids des couvertures insupportable , insomnies prolongées ; région épigastrique gonflée et dure au toucher, soif extrême, sentiment douloureux toutes les fois que le malade prend la plus petite quantité de boisson , douleur souvent déchirante, sentiment de corrosion , quelquefois simples tranchées; dans certains cas, douleurs sourdes et très légères, peu ou presque point d’agitation ; calme trompeur par l’effet de la contrainte morale , ou le haut degré de la désorganisation intérieure , et apparence illusoire d’amélioration.
Déglutition difficile, ténesme, constipation opiniâtre, envie d’uriner sans pouvoir y satisfaire ; physionomie singulièrement altérée lorsque les douleurs sont excessives, portant l’empreinte et de la souffrance la plus vive et de l’affection morale la plus profonde ; les facultés intellectuelles conservent le plus souvent leur intégrité ; pâleur, faiblesse, haleine extrêmement fétide; dans quelques cas, visage plombé, sueurs froides, gluantes, onctueuses et grasses, ramassées en grosses gouttes ; souvent espèce d’embarras, d’oblitération à la gorge; il n’est pas rare de voir l’intérieur de la bouche et des lèvres brûlé, épaissi et rempli de plaques blanches ou noires, qui, en se détachant, irritent le malade et provoquentune toux fatigante ; alors la voix est altérée j impatience
de placer les bras hors du lit, quelquefois de se lever, il y a parfois une éruption douloureuse à la peau.
Au bout de trois ou quatre jours, détachement partiel ou exfoliation totale de la membrane muqueuse , lambeaux flottants dans l’intérieur du pharynx , gênant la respiration et la déglutition , altérant le son de la voix. Le pouls devient faible, abattu, irrégulier, inégal, parfois intermittent, le plus souvent misérable, constamment précipité.
Les douleurs dans le ventre sont un signe que le poison est descendu dans les intestins , ou s’est épanché dans la cavité abdominale par des crevasses faites à quelques portions du canal alimentaire. Lorsqu’on avale peu d’acide, la douleur est en général très vive; et lorsqu’on en prend beaucoup, elle est moins intense : dans le premier cas, le caustique paraît agir en largeur ; il ne cautérise que l’épaisseur de la membrane muqueuse ; les réseaux nerveux ne sont altérés qu’en partie ; ils sont violemment irrités : dans le second cas, au contraire, tout est frappé de mort ; les nerfs sont détruits et désorganisés. 11 suit de ces considérations que l’absence des douleurs est d’un mauvais présage ; ce calme trompeur succède à la cautérisation et précède le développement de la phlegmasie des organes cautérisés.
Les vomissements sont très répétés lorsque les douleurs sont vives; car alors l’estomac, irrité, cherche à se débarrasser des matières qu’il contient, et entre dans un mouvement spasmodique continuel. Si ce viscère est percé de trous, que le malade ne se plaigne d’aucune douleur, il n’y a point de vomissement ; les liquides et les solides passent à travers l’estomac percé et privé de ses propriétés vitales , et s’épanchent dans le ventre.
Le sentiment de froid est un phénomène commun à beaucoup d’empoisonnements, mais très marqué dans l’espèce dont il s’agit ici. Il persiste fort long-temps , et accompagne pour l’ordinaire chacune des terminaisons.
Cette maladie peut se terminer, 1° par une mort prompte qui a lieu au bout de quelques heures, ou qui n’arrive que quelque temps après l’empoisonnement : dans ce dernier cas, le malade dépérit insensiblement ; il vomit à diverses reprises des lambeaux membraneux scarifiés, qui ont quelquefois la forme de l’estomac et de l’œsojihagc entier : ces lambeaux exhalent une odeur fétide insupportable ; les digestions sont éminemment pénibles , et la constipation se prolonge pendant des mois entiers ; 2° par une phlegmasie chronique : les malades éprouvent de temps en temps des douleurs et des chaleurs insupportables. C’est en parlant de ces individus que Zacchias a dit : Venenanisi occidant , relinquunt semper aliquam noxam , et morbos dhUurnos ; 3° par la guérison complète.