DE LA SOUDE
Action sur l’économie animale.
La soude détermine les mêmes symptômes et les mêmes altérations cadavériques que la potasse; elle exerce aussi le même mode d’action sur rtos organes.
Traitement de l’empoisonnement.
On combat cet empoisonnement par les moyens qui ont été indiqués en parlant de la potasse. (Voy. p. 216.)
Recherches médico-légales.
Soude à l'alcool. — Les propriétés physiques de la soude à l’alcool, son action sur les couleurs bleues, sur l’acide carbonique et sur l’azctate d’argent, sont les mêmes que celles de la potasse à l’alcool. Le chlorure de platine ne trouble les dissolutions de soude que lorsqu’elles sont excessivement concentrées; alors il y fait naître un précipité jaune serin , moins grenu et moins adhérent au verre que celui que donne la potr ss ; ; l’acide perchlorique ne les précipite pas quand elles sont moyennement concentrées , tandis que l’on obtient avec l’acide phtorhydriquc.silicé un précipité gélatineux et transparent.
La dissolution aqueuse desoud >■ pure affaiblie ramène au bleu le papier de tournesol rougi par un acide, et ne précipite ni par les acides carbonique, perchlorique et phtorhydrique silicé, ni par le chlorure de platine. L’azotate d’argent agit sur elle comme sur la potasse étendue d’eau, à moins que la dissolution lie soit trop affaiblie. On devrait donc, dans ce cas, évaporer la liqueur jusqu’à ce qu’elle fût suffisamment concentrée pour donner, avec les agens indiqués au § précédent, les réactions qui appartiennent à une dissolution concentrée de c soude.
Soude à la chaux et carbonate de soude. — Sous ces deux états la soude sera distinguée de la soude à l’alcool , en suivant la marche
qui a été tracée pour reconnaître la potasse à l’alcool , à la chaux, ou carbonatée (voy. p. 217).
Mélanges de soude pure et de liquides alimentaires, de la matière des vomissements ou de celle que l’on trouve dans le canal diqestif. Soude ayant attaqué les tissus de ce canal. — L’action de cet alcali sur l’eau sucrée, le thé, le café, l’albumine, la gélatine, le bouillon, la bile, le sang , et les tissus organiques, étant la même que celle de la potasse, on devra suivre pour le découvrir le même procédé (voy. exp. 5e, p. 221 r et Procédé, p. 228).
Conclusions. — Les conclusions à tirer des expériences qui auront été tentées relativement à l’existence d’un empoisonnement par la soude , ne diffèrent pas de celles qui ont été indiquées à l’occasion delà potasse (voy. p. 231). Toutefois il importe de se rappeler que la dissolution alcoolique de plusieurs substances alimentaires à l’état normal, évaporée jusqu’à siccité, incinérée comme il a été dit. à l’expérience 5e, p. 221, fournit une cendre alcaline qui, étant traitée par l’eau, donne une liqueur contenant du carbonatcde soude ; il serait donc possible de se tromper, et de considérer ce carbonate comme étant la preuve de la présence d’une certaine quantité de soude ou de carbonate de soude ingérés comme poisons, tandis qu’il devrait son origine à la soude qui existe naturellement dans plusieurs aliments. Voici le résultat de quelques expériences propres à éclairer et à résoudre cette question importante. 1° Les matières extraites du canal digestif d’un animal empoisonné par la soude , ainsi que celles qui ont été vomies, si elles contiennent encore des traces de cet alcali, lorsqu’on les a desséchées à une douce chaleur, fournissent avec l'alcool concentré bouillant un sohitum qui ramène fortement au bleu le papier de tournesol rougi par un acide; les substances alimentaires dont je parle et qui sont’ à l’état normal, traitées de même, ne donnent point un liquide alcalin ; 2° la cendre obtenue en décomposant à une chaleur rouge dans un creuset d’argent la dissolution alcoolique de soude provenant d’un empoisonnement, étant traitée par l’eau bouillante, fournira un so/utum qui ramènera fortement au bleu le papier rougi, et qui étant concentré par l'évaporation, donnera par l’acide plitorhydrique silicé un précipité gélatineux et transparent, et par le chlorûre de platine, si elle est très concentrée, un précipité jaune serin légèrement grenu; l’acide perchlorique ne le troublera pas, si elle est tant soit peu étendue. La cendre provenant d’un mélange de deux ou trois litres de liquides animaux (vin, bouillon, café et bile) traitée de la même manière, ne m’a jamais fourni une dissolution aqueuse susceptible d'être précipitée par l'acide plitorhydrique et par le chlorure de platine, quoiqu'elle ramenât au bleu le papier de tournesol rougi. Si je pouvais