‹ Traité de toxicologie (volume 4)Chapitre 53 sur 107 · DES SULFURES D’ARSENIC · texte numérisé non relu

DES SULFURES D’ARSENIC

et n'éprouva d’autres symptômes que de l’abattement et des déjections alvines ^ Ouverture du cadavre. - L’estomac contenait une assez giande quantité d’un fluide noirâtre, épais et filant; la membrane interne offiai c', et là des plaques rouges évidemment enflammées ; les intestins grtles éîaient sis; intérieur du rectum présentait unemultiU.de de ridesd un rouge foncé ; les poumons étaient aflaissés, crépitants et plus egeis qu l’eau ; les paquets graisseux contenus dans le coeur étaient rouges : du reste, cet organe n’offrait aucune altération sensible. Cette expérience répétée fournit les mômes résultats.

Ce sulfure est donc vénéneux : à la vérité , son action est beaucoup moins intense que celle de 1 acide arsénieux.

On le reconnaîtra aux caractères suivants : il est solide, luisant, d’une jaune citrin tirant un peu sur le verdâtre ; son tissu est composé de lames translucides , brillantes , quelquefois d’un poli très vif ; en le traitant par l’eau distillée bouillante, on voit que celle-ci renferme une petite quantité d’acide arsénieux; il est décomposé par la potasse et le charbon, ou par le nitre comme le précédent (voy. page 378).

Le sulfure rouge d'arsenic natif, d’après Jes expériences de Renault , peut être administré à l’intérieur sans qu’il en résulte aucune incommodité. Ce médecin dit en avoir donné jusqu’à 8 grammes à des chiens qui n’ont paru éprouver aucune souffrance, tandis que les animaux auxquels on a fait prendre quelques centigrammes du même sulfure artificiel ont succombé au bout d’un temps variable. Une femme mourut dans l’espace de quelques heures , après avoir éprouvé des tranchées violentes , pour avoir mangé des choux auxquels on avait mêlé une certaine quantité de cette substance (1).

L’expérience suivante a été tentée dans le dessein dé constater 1 action du sulfure rouge d’arsenic natif.

Expérience.— 2 grammes âO centigrammes de réalgar natif de la mine de Kapnickeen Transylvanie furent appliqués sur la cuisse d’un chien de 2â centimètres de haut : l’animal mourut au bout de six jours. La membrane interne de l’estomac était recouverte d’un enduit assez tenace de bile jaune; au-dessous, elle était blafarde et livide; on voyait dans le reste du canal intestinal un fluide roussûtre très fétide; les intestins grêles o liraient des ulcérations miliaires à fond noir ; 1 intérieur du rectum présentait unemuMitude de rides noirâtres ; les autres organes étaient sains (Smith).

Le réalgar natif agit donc comme poison lorsqu’il est appliqué sur le tissu cellulaire.

(1) Ephemerid. Nat. Curios., vol. v, obs. cil, p. 363. I.e sulfure artificiel préparé en chauffant du soiffre et de l’acide arsénieux est beaucoup plus vénéneux que le sulfure rouge, parce qu’il contient beaucoup d’acide arsénieux libre, comme je l’ai déjà dit à la page ô 53.

Caractères. — Il est solide, rouge, avec une teinte d’orange lorsqu d est en masse, orangé quand il a été réduit en poudre • il éclate ai sèment par la pression de l’ongle; il fournit à l’eau distillée bouillante grammes 0,15 sur 10 grammes; il se comporte avec la potasse et le charbon ou avec le nitre comme les deux sulfures précédents ( Vov page 378.) ' '

Je rappellerai que les sulfures d'arsenic privés d’acide arsénieux ne fournissent point d’arsenic dans l'appareil de Marsh; s’ils contiennent de l’acide arsénieux, ils donnent une plus ou moins grande proportion de ce métal ; ceux qui n’en renferment que des atomes cessent bientôt de fournir des taches arsenicales. Il n’en est pas de même, si , avant d’introduire les sulfures d’arsenic privés d’acide arsénieux dans l’appareil de Marsh , on les a transformés en acides sulfurique et arsénique en les faisant bouillir pendant quelques minutes avec de l’acide azotique; dans ce cas, l’arsenic métallique ne tarde pas à paraître.

DE LTODDRE D’ARSENIC.

L’iodure d’arsenic est solide, d’un beau rouge de laque, très fusible ; traité par 1 eau bouillante, il fournit une dissolution incolore qui donne du sulfure jaune d’arsenic par l’acide sulfhydrique , et qui colore l’amidon en bleu violacé, pourvu que l’on ajoute 2 ou 3 gouttes de chlore. Chauffé avec de l’acide azotique concentré jusqu’à l’ébullition, il se décompose, et donne des vapeurs d’iode d’un beau violet et de gaz acide azoteux jaune rougeâtre; le résidu est blanc , et composé d’acide arsénique et d’acide iodique ; si on le fait bouillir pendant quelques instants avec de l’acide sulfureux , et qu’on évapore jusqu à siccité, le produit blanc restant fournit avec l’azotate d’argent dissous un précipité rouge brique d’arséniate d’argent. L’iodure d’arsenic, mis dans l’appareil de Marsh , donne à l’instant même de belles et larges taches arsenicales.

Il agit comme un poison très violent ; il enflamme les tissus sur lesquels on l’applique ; il ramollit et gclatinise en quelque sorte la membrane muqueuse gastrique en développant même quelquefois des ulcérations. Il est absorbé , et exerce une influence délétère sur les centres nerveux et sur le coeur, soit qu’on l’introduise dans le canal digestif, soit qu on 1 applique sur les surfaces séreuses ou muqueuses, soit qu’on le mette sur des plaies ou sur des ulcères. II détruit aussi l’irritabilité de l’estomac. (Antony Todd Thomson, Journal de chim. médic., année 1839, p. 385.)

DF. l’oxyde noir d’arsenic.

DE D’OXYDE NOIR D’ARSENIC (composé d’ ARSENIC et ü'Acide arsénieux de quelques chimistes).

Cet oxyde est d’un gris noirâtre , quelquefois noir ; il est terne , sans éclat , peu dur et très friable. Mis sur les charbons ardents , il répand une vapeur blanche d’une odeur alliacée ; introduit dans un appareil de Marsh , il fournit de l’arsenic métallique. L’acide azotique agit sur lui à peu près connue sur l’arsenic métallique. (Voy. p. 303.) Son action vénéneuse est mise hors de doute par les expériences suivantes.

Renault lit prendre à un petit chien 30 centigrammes d’oxyde noir d’arsenic porphyrisé et mêlé avec de la graisse de porc : l’animal fut pris de vomissements quatre heures après avoir avalé le mélange. On s’opposa à ce que le poison fût expulsé de 1 estomac; mais pendant deux heures le canal alimentaire fut presque continuellement eu . mouvement , et les déjections alvines très abondantes. L’animal ne tarda pas à mourir. Toute la poudre noire fut trouvée dans l’estomac. La membrane muqueuse de ce viscère , tapissée d’une couche de mucus épaissi, était de couleur de lie de vin rouge. L’inflammation ne dépassait pas les deux orifices , de manière qu’à h millimètres de là les parties étaient dans l’état naturel.

On donna à un autre chien plus gros que le précédent 20 centigrammes d’oxyde non- d’arsenic, qui furent vomis une demi-heuie après; on les lui fit avaler de nouveau , et la majeure partie fut encore expulsée de l’estomac au bout du même intervalle de temps ; il fut impossible de la lui faire garder. Dans les derniers vomissements , il rendit des mucosités sanguinolentes , et il mourut dix heures après l’empoisonnement. L’estomac était rempli d’un liquide sanguinolent d’un rouge vermeil; la membrane muqueuse n’offrait aucune trace d’érosion : seulement elle était livide dans quelques endroits, et îouge dans le reste de sou étendue. Les intestins ne paraissaient pas avoir éprouvé la moindre atteinte de la part du poison.

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