DU BI-IODURE DE MERCURE
II est solide , rouge ; chauffé, il jaunit et donne de l’iode ; comme le précédent , il se transforme en mercure et en iodure de potassium s’il est chauffé avec de la potasse solide dans un petit tube de verre effilé à la lampe. Il exerce le même mode d’action que le précédent , mais il est plus énergique.
DU PRQTOCHI.ORURE DE MERCURE.
DU PROTOCHLORURE DE MERCURE (CALOMKLAs).
Le protochlorure de mercure est solide , blanc , à moins qu’d n’ait été exposé au contact de la lumière , car alo rs il est jaune , et même violet; il est insipide et insoluble dans l’eau. Chauffé avec de la potasse dans un petit tuhe de verre effilé à la lampe , il fournit du mercure métallique , et laisse au fond du tube du chlorure de potassium soluble et facile à reconnaître à l’aide de l’azotate d’argent. A froid , la potasse et l’ammoniaque le changent en chlorure de potassium et en protoxyde gris noirâtre ; l’acide suif hydrique le transforme en acide chlorhydrique et en sulfure noir.
Le protochlorure de mercure est souvent administré à la dose de 50 à 60 centigrammes sans agir autrement que comme purgatif. Il est des cas pourtant où son ingestion dans 1 estomac a été suivie de salivation , d’une superpurgation , de l’inflammation du canal digestif, de vomissements , de tremblements dans les membres, de convulsions et de la mort. Hoffmann cite deux cas dans lesquels 75 centigrammes de protochlorure de mercure occasionnèrent la mort de deux enfants de douze à quinze, ans. {De medicamcntis insccuris et infidis, iu oper. omn. vt, M/i.) Dans une autre circonstance, 16 grammes de ce corps donnèrent lieu à des vomissements , à un sentiment de brûlure dans la gorge , à une vingtaine de selles par jour suivies de prostration, de torpeur, d’insensibilité des organes des sens et de la mort. (Lcdelius Mùcellanea curiosa , 1692, Épliem. d’Allemagne.)
On sait d’un autre côté que ce médicament a été souvent administré dans plusieurs affections graves, telles que la fièvre jaune , le choléra asiatique, à la dose d’un gramme et plus sans donner lieu à des accidents , et qu’il a même agi avantageusement comme sédatif.
En résumant tout ce qui a été dit à cet égard , je pense que le protochlorure de mercure a quelquefois développé des symptômes d’empoisonnement parce qu’il n’avait pas été bien lavé et qu’il contenait du sublimé corrosif, et que dans certaines circonstances, lorsqu’il a séjourné long-temps dans le canal digestif, il a pu être nuisible, parce qu’il s’est peu à peu transformé en partie en bichlorure de mercure (voy. b la page 607 les expériences de M. Mialhe). Toutefois il me paraît certain qu’à la dose de quelques grammes le protochlorure de mercure le plus pur doit être rangé parmi les poisons, alors même qu’il ne reste pas assez de temps dans le canal digestif pour se changer en partie en bichlorure. L’emploi avantageux qui en a été fait à une dose même forte dans la fièvre jaune, le choléra , etc. , ne modifie en rien mon opinion à cet égard , tous les praticiens sachant que l’homme ,
dans certains états pathologiques, supporte impunément des doses considérables de substances vénéneuses qui agiraient à la manière des poisons énergiques chez les mêmes individus bien portants.