PRÉPARATIONS MERCURIELLES
opinion est pourtant erronée dans le cas dont je m’occupe ; car la rougeur du canal digestif tient à une pblegmasie chronique dont le malade était tourmenté depuis long-temps ; le mercure métallique provient de la petite dose de calomélas qu’il avait prise, et qui certes ne peut pas avoir occasionné l’empoisonnement.
Je crois pouvoir indiquer les moyens propres à éviter les méprises de ce genre. Il faut savoir, 1° que le calomélas que l’on a introduit dans le canal digestif peut bien se retrouver après la mort, mais qu’alors il est le plus ordinairement appliqué sur les tissus sous forme d’une poudre blanchâtre, que l’on peut enlever en ratissant les membranes, parce qu’il ne se combine pas avec elles; 2° qu’il est insoluble dans l’eau, et que, lorsqu’on le met en contact avec de l’eau de chaux à la température ordinaire , il acquiert une couleur noire , l’oxyde de mercure étant mis h nu; d’ailleurs, il conserve toutes ses propriétés physiques. Si par hasard il était intimement mêlé avec les substances alimentaires solides contenues dans le canal digestif, il suffirait de diviser celles-ci dans l’eau : alors le calomélas , d’un poids spécifique très considérable , gagnerait le fond du vase , tandis que les autres matières tarderaient beaucoup plus à se précipiter ; 3° que le composé qui résulte de la combinaison du sublimé corrosif avec les substances végétales ou animales , et dont l’existence suffit pour prononcer qu’il y a eu empoisonnement, n’est jamais appliqué sous forme de poudre sur les membranes du canal digestif; qu’il ne présente jamais les propriétés physiques du calomélas , parce qu’il est intimement uni avec les tissus; h° enfin que, si on le met en contact avec de l’eau de chaux, on ne remarque aucun changement de couleur. Indépendamment de ces données, qui sont immédiatement fournies par l’expérience , le médecin peut apprendre que le malade avait pris du mercure doux , ce qui doit nécessairement contribuer à rectifier le jugement qu’il aurait pu porter d’abord.
tien M*è'éi»arat iotuti C'ttivt'enaeë.