‹ Traité de toxicologieChapitre 32 sur 103 · DU BROME · texte numérisé non relu

DU BROME

Action sur l’économie animale.

Expériences. — 1° Injecté dans les veines à la dose de 10 à 12 gouttes issous dans 32 grammes d’eau distillée, le brome détermine la mort instananément en coagulant le sang , sans affecter le système nerveux.

2° Isuffit, d’après M. Barthez, de 50 à 60 gouttes pour occasionner, u bout de trois ou quatre jours, la mort des chiens qui en ont avalé, à noins qu'il ne survienne des vomissements bientôt après qu’il a été pris. :s animaux éprouvent les symptômes suivants: nausées, vomissements, ccélération de la respiration et de la circulation, prostration des forces jui va croissant jusqu’au moment de la mort. À l'ouverture des cadavres, n trouve la membrane muqueuse de l'estomac très-ramollie, formant des plis d'un rouge foncé plus ou moins saillants; on voit aussi çà et là des ilcères grisâtres; enfin souvent le duodénum et le jéjunum sont également nflammés. (Barthez, thèse soutenue en 1828 à la Faculté de médecine de aris.) |

3° Donné dans une infusion de café, avant qu’il ait eu le temps de se onvertir en acides bromique et bromhydrique, il peut également faire érir les chiens.

4° Un chien mourut en un jour pour avoir pris 25 centigrammes de rome dissous dans 64 grammes d’eau. Sa respiration devint laborieuse ; il oussa de grands cris, et eut des convulsions. L’estomac était ecchymosé et ‘empli d'un mucus sanguinolent; la membrane muqueuse du duodénum ait généralement injectée ; le reste du canal digestif était sain.

5° M. Butske, à qui nous devons ce fait, ayant avalé une goutte et lemie de brome dans 16 grammes d’eau, éprouva un sentiment de chaeur dans la bouche, dans l’œsophage et dans l'estomac, puis après des -oliques. Deux gouttes et demie du même poison, administré dans 32 grammes de mucilage, occasionnèrent en outre des nausées, des hoquets, et

une grande sécrétion de mucus. (Archives générales de médecine, . AXIV, p. 289.)

On voit que le brome agit à l'instar de l’iode, mais avec plus d’énerjie ; il est plus actif que ne l'avait cru M. Barthez, et il est évidemment 1bsorbé,

Traitement de l’empoisonnement par le brome. :

On agira comme dans l’empoisonnement par l'iode (voy. p. 102). *

Le brome est liquide à la température ordinaire, d’un rouge noirälre vu par réflexion, et d’un rouge-hyacinthe vu par réfraction, d'une odeur très-désagréable, analogue à celle de l'acide hypochloreux, d’une saveur aromatique safranée très-forte, volatil, entrant en ébullition à 47° c., et fournissant une vapeur d’une couleur semblable à celle.de l'acide hypoazotique (vapeur nitreuse). Une bougie allumée plongée dans celte vapeur ne tarde pas à s’éleindre, et présente une couleur verte à la base de la flamme, et rouge à son extrémité. Le brome détruit. les eouleurs bleues végétales, et tache la peau et les tissus végélaux en jaune; il se dissout dans l’eau, dans Palcool et dans l’éther, qu’il colore en rouge. Versé dans une dissolution d’azotate d'argent, étendue, il y fait naître un précipité blanc jaunâtre, insoluble dans l’acide azotique et soluble dans une grande quantité d’'ammoniaque, quoi qu’en dise M. Devergie. ;

Eau bromée. Agitée avec du sulfure de carbone, elle est promptement décolorée, et le sulfure qui occupe le fond du tube offre une couleur rouge d'autant plus intense que l’eau contenait une plus grande quantité de brome. Ce sulfure ainsi rougi, soumis à l’action d’une douce chaleur, se volatilise et vient se condenser dans le liquide contenu dans le récipient où il se rend.

Brome mélé à des liquides végétaux et animaux, tels que le vin, de café, le bouillon, etc., à la matière des vomissements, aux liquides de l’estomac et des intestins. Si le mélange n’est pas parfait, et que le brome occupe le fond du liquide, on le séparera par décantation , et on le reconnaîtra aux caractères qui lui sont propres. Si, au contraire, de brome était dissous ou bien mélangé, on filtrerait les liquides et on les diviserait en deux parties À et B. A serail trailé, par le sulfure de cat: bone, comme il vient d’être dit; le liquide pesant et rougeätre qui o€cuperail la partie inférieure du tube, distillé dans une cornue , se col: denserait au fond du liquide contenu dans le récipient, et offrirait une belle couleur rouge. B. On sature le brome ainsi que les acides bromhy drique et bromique qui auraient pu se former par la potasse à l'alcool, et on évapore la liqueur jusqu’à siccité ; on détruit ensuite la matière organique par la chaleur, et le résidu contenu dans le fond. du. creuset est traité par une petite quantité d’eau distillée, La dissolution doikren-

DU CHLORE. 1ii

fermer du bromure de potassium : aussi l’azotate d'argent y produit un précipité blane jaunâtre ou jaune caillebotté, insoluble dans l'acide azolique, et soluble dans une assez grande quantité d'ammoniaque; le chlore, employé par petites parties, communique à celte dissolution une couleur jaune orangée qui devient orangée rougeâtre par Paddition de l’amidon (bromure d’amidon). L’éther, versé sur la dissolution ainsi colorée par Paction du chlore, et agité avec elle, s'empare du brome et forme une couche colorée qui vient nager à la surface du liquide ; la potasse a la propriété de détruire cette couleur en se combinant avec le brome, qu’elle transforme de nouveau en bromure de potassium, susceplible de cristalliser en cubes (Barthez). Ce procédé doit ètre employé toutes les fois que le brome à été transformé en acide bromhydrique, car le procédé À ne remplirait pas le but.

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