‹ Traité de toxicologieChapitre 40 sur 103 · DE LA BARYTE., DU CARBONATE DE BARVYTE, DU CHLORURE DE BARYUM, ETC · texte numérisé non relu

DE LA BARYTE., DU CARBONATE DE BARVYTE, DU CHLORURE DE BARYUM, ETC

Action sur l’économie animale.

Expérience ['E, —— À une heure cinq minutes , on a fait avaler à un petit carlin 2 grammes de baryte caustique réduite en poudre fine. Au bout de dix minutes, l'animal s’est couché sur le ventre, eta paru souffrir considérablement. A une heure trois quarts, il a vomi avec beaucoup d'efforts une petite quantité de matières muqueuses, d’une couleur verdâtre , mêlées de sang ; il avait le hoquet, et poussait des cris plaintifs. À deux heures, il était dans un état d’insensibilité tel qu’on l'aurait cru mort; on pouvait le pincer sans qu’il donnât le moindre signe de douleur; ses membres, levés et abandonnés à leur propre poids, tombaient comme une masse inerte; ses pupilles étaient dilatées. À deux heures vingt-cinq minutes, il a rendu une petite quantité d’une matière jaune verdâtre, après avoir fait de violents efforts pour vomir; ses inspirations étaient excessivement profondes; il continuait à se plaindre. Il est mort à quatre heures, après avoir éprouvé quelques légers mouvements convulsifs dans les extrémités postérieures. La membrane muqueuse de l’estomac était d’un rouge foncé dans toute son étendue; elle offrait, dans la portion qui avoisine le pylore, deux taches noires formées par du sang veineux extravasé sur la membrane musculeuse. Le duodénum et les autres intestins étaient d’un rouge foncé vers le lobe postérieur ; leur tissu était crépitant.

Expérience IL. — On a détaché et percé d’un trou l’œsophage d’un chien de moyenne taille; on a introduit dans son estomac 4 grammes de baryte parfaitement pulvérisée et enveloppée dans un cornet de papier; on a lié l’æsophage au-dessous de l'ouverture afin d'empêcher le vomissement. L’animal est mort au bout d’une heure, après avoir éprouvé des douleurs atroces, des mouvements convulsifs, et l’insensibilité générale dont j'ai parlé dans Pexpérience précédente. L’estomac contenait le cornet de papier dans lequel il y avait encore beaucoup de baryte; la membrane muqueuse était d’un rouge noir dans toute son étendue ; les intestins et les poumons n’offraient aucune altération sensible,

Expérience III. — À onze heures, on a fait avaler à un petit chien 4 grammes de carbonate de baryte pulvérulent : à une heure et demie, l’animal à vomi une petite quantité de matières liquides, dans lesquelles on apercevait facilement une portion de la poudre ingérée. [I a commencé à se plaindre , il est tombé dans un grand abattement, et il est mort à cinq heures. La membrane muqueuse de l'estomac présentait la même altération que celle dont j’ai parlé dans les deux expériences précédentes.

Exvérience IV.— J'ai injecté dans la veine jugulaire d’un chien robuste 25 centigrammes de chlorure de baryum dissous dans 4 grammes d’eau distillée.: sur-le-champ l'animal a éprouvé une grande agitation ; il s’est violemment débattu en roulant son corps par terre , il a eu des mouvements

convulsifs dans les membres. Au bout de trois minutes, il est devenu calme; sa respiration n’était point génée ; il n'avait qu'un tremblement-convulsif général. Il est mort dans cet état six minutes après l'injection. L’autopsie a été faite sur-le-champ. Les chairs étaient palpitantes; les ventricules du cœur étaient gonflés par une très-grande quantité de gros caillots gélatineux, formés par du sang d’un rouge un peu foncé; on voyait aussi quelques-uns de ces caillots dans les deux oreillettes: Le sang artériel"et veineux des membres abdominaux n’était point coagulé. Les poumons avaient-une belle couleur rose; ils étaient crépitants, et contenaient beaucoup d'airy leur tissu offrait dans quelques points un peu plus de densité que dans l’état naturel; l'estomac était sain. rs ed Expérience V. — À midi douze minutes, on a détaché et percé d’un trou l'œsophage d’un chien fort, quoique de petite taille; on a’introduit dans son estomac 6 grammes de chlorure de baryum dissous dans 24:grammes d’eau distillée; on a lié l’œsophage au-dessous de l’ouverture afin d'émpê= cher le vomissement; au bout de dix minutes, l’animal a fait de violents efforts pour vomir, et il a eu deux selles liquides. À midi quarante minutes; il a commencé à être agité de mouvements convulsifs; il s’est couché surle ventre, et ila éprouvé des secousses si rortes, qu’il à été soulevé et renversé malgré lui, en faisant des sauts brusques, comparables à ceux des gre= nouilles soumises à l’action d’une forte pile galvanique. Ces phénomènes ont cessé pendant quelques secondes pour se reproduire ensuite avec plus d'in= tensité, Cinq minutes après, les mouvements convulsifs étaient très-mar= qués dans les muscles dé la face; il était impossible à l'animal dese tenir, sur ses pattes, il tombait aussitôt qu’on le relevait. À midi cinquante-cinqs minutes, les battements du cœur étaient très-accélérés; on pouvait en compter cent trente par minute; les mouvements convulsifs étaient bornés à l'extrémité antérieure droite. Il est mort à une heure. On l’a ouvert sur= le-champ : le cœur battait avec force dans les premiers instants; mais les battements diminuaient sensiblement, au point qu’ils étaient excessivement rares et faibles au bout de troisminutes; le ventricule gauche renfermait du sang noir fluide. Les poumons étaient de couleur naturelle; leur tissu plus dense que dans l’état naturel, ne contenait presque point d’air,et n’était point crépitant (1). La membrane muqueuse de l’estomac était d’un rouge livide dans presque toute son étendue; on pouvait l’enlever facilementren la frottant légèrement avec un couteau; la tunique musculeuse “offrait deux plaques larges chacune comme un écu de 6 francs, d’un rougerce: rise. L’estomac renfermait une certaine quantité d'aliments. 0 Expérience VI. — M. Brodie fit avaler, à un gros chat, 48 grammes de

(1) Il arrive souvent. lorsque la mort est précédée de fortes convulsions, que les poumons ñe renferment presque point d'air, et que leur tissu est durci : on conçoit, en effet, que dans cet état de convulsion, la respiration ne s’opérant que difficilement , l’asphyxie doive en être la suite. Il faut nécessairement avoir égard à cette circonstance avant de conclure que l’état pathologique des poumons dépeud réellement de l’action directe de la substance vénéneuse.

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dissolution concentrée de chlorure de baryum ; au bout de quelques minutes, l'animal vomit; il eut des vertiges, devint insensible , et se coucha; ses pupilles étaient dilatées ; il était immobile , et il avait de temps en temps des convulsions. Au bout de soixante-cinq minutes, il paraissait mort ; mais en plaçant la main entre les côtes, on sentait que le cœur battait encore cent fois par minute. On introduisit un tube dans la trachée-artère , et on gonfla les poumons environ trente-six fois par minute: le pouls cessa cependant de battre, et au bout de sept minutes, la circulation était entièrement suspendue (1).

Exrérience VII. — J'ai introduit dans l'estomac d’un chien de moyenne taille, 6 grammes de chlorure de baryum dissous dans 180 grammes d’eau, et j'ai lié l’œsophage. L'animal a vécu trois heures et demie , après avoir éprouvé la plupart des symptômes qu'avait présentés le chien qui fait le sujet de l'expérience 5. On l’a ouvert immédiatement après, avec précaution, et de manière à enlever les viscères de l'abdomen sans blesser le canal digestif. Le foie, la rate et les reins, coupés par petits morceaux et traités par l’eau distillée bouillante, dans une capsule de porcelaine pendant une heure, ont fourni un décoctum que j'ai filtré et évaporé jusqu’à siccité dans une capsule de porcelaine; le produit chauffé jusqu’à ce qu’il fût carbonisé et qu’il ne répandit plus de fumée, a été détaché de la capsule à l’aide de la lame d’un couteau , et incinéré dans un creuset de platine : Ja cendre traitée par l’eau d’abord, puis par l’acide azotique, a donné deux dissolutions dans lesquelles il m’a été impossible de déceler la moindre trace de baryte, quoique le solutum aqueux füt alcalin. Pensant que si le chlorure de baryum avait été absorbé , il avait pu se transformer dans les organes en carbonate ou en sulfate insolubles, j'ai carbonisé par l'acide azotique le ote, la rate et les reins, que j'avais fait bouillir dans l’eau ; le charbon obtenu , après avoir été pulvérisé, a été chauffé au rouge intense pendant trois heures dans un creuset de platine; j’ai alors versé sur ce charbon, de l'acide azotique faible, qui a dégagé du gaz acide sulfhydrique; la liqueur filtrée a été évaporée jusqu’à siccité, et le produit a été calciné dans un creuset de platine; le résidu, pew abondant, était de là baryte caustique, mêlée d’un peu de bioxyde de baryum.

Expérignce VIE. — À une heure, on a saupoudré avec 2 grammes 60 centigrammes de chlorure de baryum solide, et 1 gramme 3 décigrammes du même sel dissous dans 4 grammes d’eau distillée , une plaie faite sur le dos d’un petit chien; on a réuni les lambeaux de la plaie par trois points de suture; au bout de deux minutes, l'animal s’est mis à courir dans la salle ; ila cherché à s'échapper; ses mouvements étaient brusques, et il ne pou- Yait pas rester un instant en repos : cet état a duré pendant dix minutes. Un quart d’heure après l’opération , il a eu une selle, et il a vomi deux fois une petite quantité de matières bilieuses. Au bout de six minutes, il a fait des efforts infructueux de vomissement. À une heure vingt-cinq mi- D ns

(1) Philosophical transactions , 1812; Further experiments, etc., by M. Brodie.

nutes, il à éprouvé des secousses convulsives très-fortes ; il était couché sur le ventre, et il agitait tantôt les pattes postérieures, tantôt les antérieuress les muscles de la partie postérieure de la tête , ceux de la face et du trone, participaient à cet état général de convulsion. Il faisait des contorsions horribles et ne pouvait pas se tenir debout; il était insensible; sa respira= tion n’était point gênée; il avait beaucoup d’écume à la bouche ,; ete poussait aucun cri plaintif, Cet état a continué jusqu'à quatre heures-:dès ce moment l’animal est devenu comme immobile, et il a expiré vingt-cinq minutes après. On l’a ouvert sur-le-champ. Le sang contenu dans lewen* tricule gauche était fluide et d’un rouge assez intense; les battementswdu cœur étaient forts et fréquents. Les poumons , d’une belle couleur roses étaient crépitants; leur tissu paraissait un peu plus dense que dans l’état naturel. La membrane muqueuse de l’estomac et des intestins n’offrait aus cune altération. | :

Exrértnce IX. — M. Brodie a saupoudré, avec 5 décigrammes de chlo= rure de baryum finement pulvérisé et humecté avec deux gouttes d’eau, deux plaies faites sur le côté et sur la cuisse d’un lapin. Au bout de quatre minutes, l’animal a paru éprouver l’action du poison; il a eu des vertigess les extrémités postérieures se sont paralysées, et il est tombé peu à peu dans un état d’insensibilité générale; ses pupilles étaient dilatées, il était couché et immobile; il avait de temps en temps des mouvements convul= sifs ; son pouls battait cent-cinquante fois par minute ; les pulsations étaient” faibles et offraient quelques intermittences. Vingt minutes après l’applica= tion du poison , l’animal paraissait mort; mais en ouvrant la poitrine, on voyait que le cœur battait encore, et ses mouvements n’ont cessé qu'environ trois minutes après la mort (1). # Exvérence X. — À neuf heures et demie, j’ai fait avaler à un chien ro buste et de moyenne taille , 4 grammes de saccharate de baryte parfaite ment lavé et en poudre; cinq quarts d’heure après , l’animal, qui ne sem blait pas malade, a mangé un morceau de-vessie qu’il a vomi à midi; cinq minutes après, il a eu une selle jaunâtre. À midi un quart, on administre 14 grammes du même saccharate. Au bout de dix minutes, vomissement, de la majeure partie de ce sel, mêlé de matières glaireuses et écumeuses. An midi quarante minutes, vomissements écumeux et bilieux; cinq minutes. après, il vomit des matières verdâtres; il paraît souffrant. A midi cin= quante minutes, les pattes antérieures sont écartées pour maintenir partie antérieure du tronc; le train postérieur est affaibli. À deux heuress l'animal ne peut plus se tenir sur les pattes de derrière; si on le touches” il se relève, fait quelques pas, retombe et se traine; les membres postés rieurs sont déjà paralysés; nouveaux vomissements; bientôt après, les pattes antérieures ne peuvent plus le soutenir; il se couche et ne paraît pas souffrir; il est encore sensible aux caresses. À deux heures quarante minutes, les quatre membres sont presque complétement paralysés; On

em

(1) Philosophical transactions, vol, cité.

DE LA BARYTE. 3.18.

remarque des mouvements nerveux à Ja face, des horripilations dans les muscles du tronc; nouveaux vomissements glaireux et bilieux. A trois heures quinze minutes, il vomit de nouveau; prostration complète des forces ; légers mouvements convulsifs, cris plaintifs. L’affaissement augmente de plus en plus, et la mort survient à dix heures du soir.

L'estomac est fortement enflammé , surtout vers le pylore ; l’inflammations’arrête au cardia par une bande rouge circulaire, et ne paraît pas intéresser l’œsophage. Le duodénum, le jéjunum et l’iléum sont également enflammés; mais la phlogose diminue à mesure que l’on se rapproche du gros Intestin; celui-ci est enflammé, surtout vers sa partie inférieure. Les poumons , peu crépitants, sont rouges, excepté vers la partie postérieure , dont la coloration est violacée. Le cœur est rempli de sang noir coagulé. Les reins sont un peu violacés; incisés , ils donnent de grosses gouttes de sang noir; la vessie à l’état normal renferme une quantité notable d'urine. |

Ossenvarion 1°, — Une jeune fille avala 32 grammes de chlorure de baryum, croyant prendre du sel de Glaubert (sulfate de soude) ; presque immédiatement après l’ingestion , la malade éprouva un sentiment de brûlure; les vomissements, les convulsions , la céphalalgie et la surdité ne tardèrent pas à se déclarer, et la mort eut lieu au bout d’une heure (Journal of science and the arts, ann. 1818, p. 382).

Osservarion Il. — Une jeune femme qui n'avait pas mangé depuis vingtquatre heures , et qui était probablement sous l'influence de quelque affecion morale triste, remplit à moitié une tasse à thé avec du carbonate de baryte, ajouta de l’eau , et avala le tout, sans y trouver aucun goût particulier. Peu de temps après, on lui administra une médecine qui la fit vomir, En se rendant à l’hôpital de Middlesex, dans la soirée, deux heures après l'accident, elle éprouva , pour la première fois, une obscurité de la vue, suivie de diplopie, des tintements d'oreilles, de la céphalalgie, des battements dans les tempes, une sensation de distension et de pesanteur à l'épigastre; la malade se sentait comme gonflée par des gaz, et se plaignait de palpitations. Quand elle fut couchée, elle accusa d’abord de la douleur dans les jambes et dans les genoux, et des crampes dans les mollets: elle vomit à deux reprises une matière qui ressemblait à un mélange de chaux et d'eau, et qui déposa. La peau était chaude et sèche, le visage injecté, le pouls à quatre-vingt, plein et dur. On prescrit le sulfate de magnésie à doses répétées. Pendant la nuit, elle eut quinze selles, et fut privée de sommeil par la céphalalgie, la douleur de l’épigastre et le tintement d’oreilles: Le lendemain , la peau était chaude , couverte de sueur ; le pharynx était le siége d’une légère douleur. La langue était humide et tapissée d’un enduit blanchâtre. Un ou deux jours plus tard, les crampes devinrent trèsintenses dans tous Jes membres qui faisaient éprouver à la malade une senation de pesanteur, et qui étaient douloureux au toucher. Ces symptômes persistèrent pendant longtemps, à quelques modifications près; ceux qui nt duré le plus longtemps sont, la céphalalgie , la douleur du côté gauche

et de l’épigastre, des palpitations violentes et longtemps prolongées: La guérison fut très-lente. 1 M. Orfila admet que la baryte et son carbonate causent la mort en agissant sur le système nerveux , et qu’ils corrodent les parties avec lesquelles ils sont en contact. M. Brodie pense, d’après les expériences faites avecMle chlorure de baryum , que la mort est causée par l’action du poison sur le cœur. Dans le cas qui précède, les symptômes nerveux et circulatoires étaient troublés ; mais l'issue heureuse de la maladie s’est opposée à ce qu'on pût constater les lésions causées dans l’estomac, s’il en existait. (Hedicochirurg. review, octobre 1834.) 10

Symptômes de l’'empoisonnement par la baryte et ses composés.

La baryte et tous ses sels solubles sont vénéneux à petite dose ; le carbonate et le saccharate le sont également , parce qu’ils se transforment dans l’estomac en sels solubles à la faveur des acides contenus dans:ce viscère. On peut résumer ainsi les symptômes que déterminent la baryte et ses composés vénéneux : nausées, vomissements pénibles et réitérés, vertiges , insensibilité, état d’affaissement, mouvements convulsifs partiels et généraux, quelquefois excessivement intenses, et qui cessent pendant quelques instants pour reparaître avec plus de force, batte= ments de cœur fréquents, respiration momentanément suspendue, dilatation des pupilles ; l'animal ne tarde pas à tomber dans un état d'immobilité et d’insensibilité; on voit quelquefois aussi des paralysies partielles ; là mort arrive au Re d’une ou de quelques heures.

Lésions de tissu produites par la baryte et ses composés. #

La baryte et le carbonate de baryte introduits dans l'estomac déterminent une vive inflammation de sa tunique interne ; les autres menbranes sont enflammées à un moindre degré. 'adfuf locale du chlorure de baryum est moins intense. 4

Conclusions, 1° Les composés barytiques sont absorbés, soit qu'ils aient été introduits dans l'estomac, dans le rectum ou dans les cavilés ‘ reuses, soit qu’ils aient été appliqués sur le tissu cellulaire. Les à dents qu’ils déterminent sont évidemment le résultat de cette Le et de leur action sur le système nerveux, et notamment sur la moëlle épinière. Il est vrai qu'ils agisssent également en irritant les tissus avec lesquels on les met en contact; mais il est impossible d'attribuer cette irrilation la mort prompte qu’ils occasionnent ; en effet, que l'on applique sur une plaie 80 centigrammes de baryte, de carbonate ow'de chlorure de baryum délayés ou dissous dans l’eau , les animaux ne tardent pas à périr; tandis qu’une dose sextuple d’un acide concentré ;"de

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potasse où de soude caustique , ne produirait qu'une brûlure qui ne serait pas suivie de la mort. Suivant M. Brodie, le chlorure de baryum agirait particulièrement sur le cerveau et sur le cœur; injecté dans les veines , il tue promptement les chiens en coagulant le sang et en agissantsur le système nerveux. ; 2° il suffit de les employer à des doses assez faibles pour occasionner la mort des chiens; 3° on peut démontrer leur présence dans les viscères éloignés des parties avec lesquelles ils ontété mis en contact ; d’où il suit que l’expert ne devra jamais négliger dé les chercher dans ces viscères, quand il n’aura pas pu les découvrir dans le canal digestif.

Traitement de l’empoisonnement par la baryte et ses composés.

Les sulfates solubles sont des contre-poisons de la baryte et de ses com-

posés; leur administration est suivie de succès s’ils sont employés à

temps. Les expériences suivantes ne laissent aucun doute à cet égard :

- 4° On a fait avaler à un petit chien 16 grammes de sulfate de baryté

réduit en poudre fine : au bout de trois heures , l’animal a vomi une

elite quantite de matières blanchâtres; le lendemain il était parfaite-

nent rétabli. On a donné à un autre petit chien 24 grammes du même

el; il n’a point paru incommodé, et il n’a fait aucun effort pour vomir.

2° À onze heures, on a détaché et percé d’un trou l’œsophage d’un

petit chien ; on a introduit dans son estomac 8 grammes de chlorure de

baryum dissous dans 32 grammes d’eau distillée ; six minutes après, on

a fait arriver dans ce viscère 40 grammes de sulfate de soude (sel de Glauber) dissous dans 128 grammes d’eau ; l’œsophage a été lié au-dessous de l’ouverture afin d'empêcher le vomissement. Un quart d'heure s'était à peine écoulé que l’animal a fait de violents efforts pour vomir. A onze heures quarante minutes, il a eu une selle liquide très abondante: la matière était blanche , lactescente , trouble comme si elle eût tenu une petite quantité de sulfate de baryte en suspension. À midi, il a eumune seconde selle de même nature, dans laquelle on pouvait distin= guer de petits grumeaux terreux blancs, qui ont fourni à l’analyse du sulfate de baryte. À une heure, il a encore évacué une nouvelle quantité dece liquide blanchâtre, grumeleux , et a fait.de nouveaux efforts pour vomir. À six heures du soir, il n’avait ni mouvements convulsifs ni paralysie des membres; il marchait et cherchait à s'échapper. Le lendemain matin, à six heures, il n’offrait aucun symptôme remarquable : ibparaissait fatigué et abattu. 11 est mort à dix heures du soir, trentecinq heures après l'introduction dans l'estomac de la substance vénéreuse. Les poumons étaient sains ; la membrane muqueuse de l'estomac # des intestins était presque dans l’état naturel; on remarquait seu-

lement , dans la portion qui avoisine le pylore , une petite tache foncée de la grosseur d’un pois , qui paraissait enflammée.

Que l’on compare les résultats de cette expérience avec ceux dont ; # ai parlé à la page 310 (expér. 5) : l'animal qui en fait le sujet n’avaitpris que 6 grammes de ce sel; il ne vécut que quarante-huit minutes il fut agilé de mouvements convulsifs horribles , et, après la mort;Mla membrane muqueuse de son estomac se trouva enflammée dans toute son étendue. Les sulfates solubles sont donc des contre-poisons du chlorure de baryum, pourvu qu'on les administre avant que ce sel aitsété absorbé, en quantité suffisante pour agir d’une manière funeste sure système nerveux.

L'observation faite par M. Devergie, et tendant à diminuer la valeur des sulfates solubles dans le cas dont il s’agit, n’a aucune portée : «Le carbonate de baryte, dit-il, est plus insoluble que le sulfate, et agit comme corps vénéneux; dès lors on ne peut considérer le sulfate de baryle formé comme n’exerçant aucune action délétère en vertu de son insolubilité» (Méd. légale, t. II, p. 348). Mais il suffit de la plus légèreréflexion pour voir qu'il n’y a aucune parité à établir entre le mode d'action de ces deux sels. Le carbonate de baryte, en tant que sel inso= luble, n’occasionnerait aucun désordre; il ne tue que parce que les acides. contenus dans l’estomac le changent promptement en un sel + luble, ce qui n’arrive pas au sulfate de baryte. é

Le médecin appelé pour secourir les individus qui auront avalé des composés de cette espèce, devra donc recourir sur-le-champ à de l'eau albumineuse et aux dissolutions légères’ de sulfate de soude ou de sulfate de magnésie (sel de Glauber, sel d'Epsom), et même à l’eau de puits, qui se trouve souvent contenir une assez grande quantité de sulfatede chaux. Si le vomissement ne se déclare point en peu de temps ; il leñfavorisera en litillant la luelte avec une plume, en chatouillant le gosier, et même en administrant un émétique : par ce moyen, le poisonsera expulsé avant d’avoir été absorbé en assez grande quantité pour pro=

duire la mort. Le traitement consécutif de cet empoisonnement variera ensuile, selon la nature et l'intensité des symptômes auxquels le malade

sera en proie; mais, en général, il faudra recourir aux atiphe tiques el aux narcotiques.

Recherches médico- légales.

Baryte pure. Elle est solide, grise ou blanche suivant qu’elle est anhydre ou hydratée, et solubit dans l’eau. La dissolution aqueuse concentrée ramène au bleu le papier rougi, précipite en blanc par les acides carbonique, sulfurique et fluorhydrique silicé. Le carbonate de baryte,

DE LA BARYTE. 317

s’il n'a pas trop de cohésion, se dissout dans un excès d’acide carbonique ; le sulfate est insoluble dans l’eau et dans l’acide azotique, et le fluosilicate est gélatineux. La dissolution très-étendue de baryte ramène aussi le papier rougi au bleu, et précipite par les acides carbonique et sulfurique, ce qui le distingue de la dissolution très-élendue de strontiane qui ne précipite pas par l’acide sulfurique.

Baryte mélée à des liquides alimentaires , à des matières vomies et à celles qui sont contenues dans le canal digestif. Si la proportion de baryte contenue dans ces matières est faible, on ne la trouvera pas dans la dissolution, parce qu’elle aura été transformée en carbonate, en phosphate , et surtout en sulfate insoluble, par les carbonates, Les phosphates et les sulfates solubles que contiennent les matières organiques ; dans ce cas, les liquides ne ramèneront pas au bleu le papier de tournesol rougi par un acide. Si la dose de baryte, au contraire, dépasse 8,140, 12 ou 20 centigrammes, la liqueur bleuit en général le papier rougi. Admettons qu’il en soit ainsi. Après avoir constaté l’alcalinité de celte liqueur , on l’évaporera jusqu’à siccité dans une capsule de porcelaine à une douce chaleur ; la masse sera traitée par de l’acide azolique pur, étendue de cinq à six fois son poids d’eau distillée bouillante : in filtrera la liqueur après quelques minutes d’ébullition , et on la fera ‘vaporer dans une capsule de porcelaine jusqu’à ce qu’elle soit carborisée et qu’elle ne répande plus de fumée ; alors on détachera le charbon avec la lame d’un couteau propre, et on l’incinérera dans un creuet de platine ; la cendre contiendra de la baryte caustique ou carbonatée et un peu de bioxyde de baryum, suivant la proportion d’acide azolique et de malière organique contenue dans le charbon ; il arrivera pourtant le plus ordinairement que la majeure partie de la baryte, sinon latotalité , se trouvera à l’état caustique ; on fera bouillir cette cendre dans l’eau distillée: on filtrera , et le solutum offrira tous les caractères : deVeau de baryte. Dans la crainte qu’une portion de baryte n’ait été ransformée en carbonate pendant l’incinération , on traitera par l’acide 1z0tique affaibli la cendre épuisée par l’eau bouillante; le liquide, filtré, ivaporé à siccité et calciné dans un creuset de plaline, laissera de la babyle caustique et-un peù de bioxyde de baryum.

Ondevra alors s'occuper de rechercher la portion de baryte décomposée par les carbonates et les sulfates solubles contenus dans la matière ganique. Pour cela on dessèchera dans une capsule de porcelaine la nalière solide restée après Le premier traitement par l'acide azotique ffaibli; on la carbonisera par l’acide azotique pur et concentré, puis nincinérera le charbon dans un creuset de platine que l’on maintienl'a à une chaleur rouge ; il suffit de deux heures pour que le carbonate le baryte soit décomposé et pour que le sulfate soit changé en sulfure

318 DES .POISONS IRRITANTS MINÉRAUX. | de baryum. On traitera la cendre par de l’acide azotique pur affaibli | qui dégagera du gaz acide sulfhydrique, reconnaissable à son odeur, précipitera du soufre et donnera de l’azotate de baryte soluble; onfiltrera pour avoir celui-ci et Le faire évaporer dans une petite capsule de porcelaine : l’azotate de baryte solide, calciné dans un creuset de platine, laissera la baryte caustique mêlée d’un peu de bioxyde de baryum/

Si le mélange organique dont il s’agit ne contenait pas de baryte libre et qu'il ne ramenât par conséquent pas au bleu le papier rougi , il faudrait, au lieu de le traiter d’abord par l'acide azotique affaibli , après asie desséché , le carboniser par l’acide azotique dans une Capsule de porcelaine, puis incinérer le charbon comme ilvient d’être dit, dans le but de décomposer le carbonate et le sulfate ” baryte qui se seraient formés. L 2

S'il s'agissait de déceler la sé qui pourrait se trouver danses tissus du canal digestif ou dans les autres viscères, par suite de l'absorption ou d’une combinaison qui aurait eu lieu, on ferait bouillir ces organes coupés en petits fragments, avec de l’eau distillée pendant une heure; la dissolution filtrée serait traitée comme je l’ai dit enparlant de la baryte mêlée à des liquides alimentaires, etc. (voy. p. 317 ji la dissolution aqueuse ne fournissait point de baryte, on devrait chereher celle-ci dans les tissus qui auraient déjà subi action de l’eau bouillante, | en les carbonisant par Pacide azotique concentré et pur, puis en main tenant à une chaleur rouge dans un creuset de platine le charbon, afin de décomposer le carbonate et surtout le sulfate de baryte que ces tissüs pourraient renfermer, par suile de la transformation d’un composéde baryte soluble en carbonate ou en sulfate de baryte. <: LS,

Carbonate de baryte. Ge sel est solide, blanc insipide , insoluble dans: l’eau et soluble avec effervescence dans l'acide azotique affaiblis des acides sulfurique et fluorhydrique silicé agissent sur l’azotate obtenu comme sur la baryte. En évaporant cet azotate jusqu’à siccité et en calcinant le produit dans un creuset de platine, on obtient de la baryle mêlée d’un peu de bioxyde de baryum. | : 188 |

Si le carbonate de baryte était mélangé à des matières orgaii gi faudrait commencer par examiner si la por tion liquide de ces matières ne contiendrait pas un sel de baryte soluble; il se pourrait en effet qu'une: portion et même la totalité de ce carbonate eût été transformée danSle! canal digestif en acétate ou en chlorure de baryum, à la faveur des acides acétique et chlorhydrique que l'estomac contient. Pour cela on agirait comme je l'ai dit en parlant de la baryte mélée à des liquides alimentaires. Si la transformation dont je parle n’avait pas lieu , on des-! sécherait les matières organiques dans une Capsule de porcelaine, et on: railerait le produit par l'acide azotique étendu d’eau, comme il wivid

DE LA BARYTE. | 819

dit plus haut. On finirait par obtenir de la baryte caustique mêlée d’un peu de bioxyde de baryum.

Enfin , ici comme pour la baryte, on devrait pousser les opérations assez loin pour découvrir la portion de baryte qui aurait pu être absorbée ou passer à l’état de sulfate, et se trouver dans la masse solide ou. dans Les organes déjà traités par l’acide azotique faible; il s'agirait tout simplement de carboniser les parties solides restantes par l'acide azolique , puis de calciner le charbon pendant deux heures au moins à une chaleur rouge intense, afin d'obtenir du sulfure de baryum ou du carbonate de baryle , que l’on décomposerait par l'acide azotique affaibli; laliqueur filtrée, évaporée et calcinée, laisserait de la baryte caustique, mêlée d’un peu de bioxyde de baryum.

Chlorure de baryum. Il est solide, blanc, pulvérulent ou cristallisé enlames carrées, d’une saveur âcre très-piquante, sans action sur le papier rouge ou bleu de tournesol, soluble dans l’eau et insoluble dans l'alcool concentré.

Dissolution aqueuse concentrée ou étendue. Elle fournit avec les carbonates solubles un précipité blanc de carbonate de baryte soluble dans l'acide azotique; ce précipité chauffé avee du charbon dans un creuset de platine, laisse de la baryte caustique mêlée d’un peu de bioxyde de baryum; les sulfates solubles en précipitent du sulfate de baryte blanc insoluble dans l’eau et dans l’acide azotique pur ; ce sulfate calciné avec du charbon donne du sulfure de baryum (voy. p. 317) ; l’azotate d’argent y fait naître un précipité de chlorure d’argent, insoluble dans l’eau et dans l’acide azotique froid ou bouillant, et soluble dans l’'ammoniaque.

Chlorure de baryum mélé à des liquides organiques, à la matière des vomissements et à celle qui se trouve dans le canal [digestif. L'eau sucrée, le thé, l’albumine , la gélatine et le lait ne sont pas troublés par, ce sel. Le bouillon et le vin ne sont précipilés qu’à raison des sels qu'ils contiennent et qui peuvent former avec le chlorure de baryum desssels insolubles, comme du sulfate, du tartrate, du phosphate de baryte; etc.

"Procédé: On évapore le mélange organique jusqu’à siccité dans une capsule de porcelaine , et on traite le produit par l’eau distillée bouillante , afin de dissoudre le chlorure de baryum qu'il peut renfermer ; la dissolution filtrée est desséchée dans une capsule de porcelaine jusqu'à ce qu’elle soit carbonisée et ne répande plus de fumée; alors on incinère le charbon dans un creuset de platine, et l’on fait bouillir la cendre dans de l’acide azotique étendu d’eau ; l’azotate dissous , filtré ; évaporé jusqu’à siccité et décomposé par le feu dans un creuset de plaline, laisse de la baryte, Si au lieu de soumettre la cendre à l’aclion de

l'acide azotique, on la trailait par l’eau, on ne retirerait pas le plus ordinairement un atome de baryte, parce que, pendant l’incinération, le chlorure de baryum se trouve transformé en carbonate de baryte, par suite de l’action des carbonates de potasse et de soude qu lle r'enferme sur ce chlorure.

La matière solide non dissoute par l’eau est desséchée dans une capsule de porcelaine et carbonisée par l'acide azotique, puis le charbon est incinéré dans un creuset de platine pour transformer le sulfate"de baryte qu’elle peut contenir en sulfure de Sa deb (voyez p. 317). importe de savoir que le chlorure de baryum, à moins qu’il n’existe*en assez forte proportion dans les matières dont je parle, passe constamment et presque en totalité à l'état de carbonate et de state de baryle insolubles, en sorte que le traitement aqueux des matières suspectes évaporées jusqu’à siccité n’en contient pas ou en renferme à peine. C'est donc dans la portion insoluble dans l’eau qu’il faudra le chercher;-j'ai souvent mélangé 12 à 15 cenligrammes de chlorure de baryum avec”2 ou 300 grammes d’un mélange de bouillon, de lait et de café, sans”en découvrir un atome dans le traitement aqueux dont il s’agit, tandis que j'obtenais facilement une proportion notable de baryte en incinérants comme je l'ai dit, la masse que l’eau n'avait point dissoute.

S'il s'agissait de découvrir dans les viscères ou dans les tissus "di canal digestif le chlorure de baryum qui aurait été absorbé ou qui“e serait peut-être combiné avec les parois de l'estomac ou des intestins, on ferait bouillir avec de l’eau distillée pendant une heure tous ces organes dans une capsule de porcelaine, et l’on procéderait avec celli: quide et avec la matière solide restante, comme je lai prescrit en pat: lant de la baryte absorbée et contenue dans nos viscères (voy: p. 318). C’est ainsi que j'ai décelé de la baryte dans le foie, la rate et les reins d’un chien que j'avais empoisonné avec 6 grammes de chlorure de baryum disous dans 180 grammes d’eau distillée ; l’animal avait vécu rois heures et demie, el avait été ouvert immédiatement après la mort."Le décoctum aqueux de ces organes ne m’a point fourni de baryle; mais la partie solide épuisée par l’eau, carbonisée par l'acide azotique , puis chauffée pendant deux heures dans un creuset de platine, a laissé -du sulfure de baryum que j'ai décomposé par l'acide chlorhydrique; en filtrant, j'ai vu que la liqueur contenait du chlorure de baryum.

Je ne saurais assez insister sur la nécessité de chercher, dans la plu part des cas, dans les matières insolubles dans l’eau, la baryte et'ses composés , parce qu'ils sont facilement transformés en carbonate eten sulfate insolubles ; cette décomposition a constamment lieu lor squ’on à administré aux malades des sulfates solubles,

DE L'AMMONIAQUEÉ. 321

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