‹ Traité de toxicologieChapitre 48 sur 103 · DE L’ARSENIC · texte numérisé non relu

DE L’ARSENIC

… L'arsenic doit être décrit avec soin, parce que, en définitive, dans toutes les recherches médico-légales relatives à l’empoisonnement par les divers composés arsenicaux, il est indispensable d'obtenir ce corps, pour conclure que la matière suspecte sur laquelle on a opéré était Vraiment arsenicale. Il doit être étudié sous trois étais: en masse, sous forme d'anneau et de taches, Son aspect n’est pas le même dans ces

différents cas , mais ses propriétés chimiques sont identiques; dire le contraire, comme on l’a fait, il y a quelques années, c’est prouver que l’on ignore les premiers éléments de la science: lorsqu’on-a sou: tenu que les taches arsenicales n'étaient pas de l’arsenic , c’est comme si l’on eût dit que l'or qui est appliqué sur une assiette de porcelaine n’est pas de l'or, parce qu'il est étalé et grandement divisé.

Arsenic en masse. Il est solide, gris d’acier et brillant lorsqu'il est ré: cemment préparé; sa texture est grenue et quelquefois écailleuse, sà dureté peu considérable, sa fragilité très-grande; son poids spécifique est de 5,75; il est insipide, et répand une légère odeur lorsqu'on le frotte. Si on le chauffe en vaisseaux clos, il se sublime et cristallise en tétraèdres. S'il est pulvérisé, sa poudre est brillante, à moins qu’elle n’ait été ternie par le contact de l'air. Mis sur des charbons ardents ousur tout autre corps chauffé au rouge, il se volatilise en répandant une fus mée noirâtre au moment où elle se forme, devenant blanche quand elle est disséminée dans l'air, et exhalant une odeur analogue à celle dé Vail. On le distinguera facilement de tous les corps connus à l’aide de l’acide azolique, alors même que l’on ne pourra disposer que de quelques atomes ; c’est donc à tort que M. Devergie annonce que si la proportion d’arsenic est faible, il y aura lieu de se demander si c’est de l'arsenic, el qu’il proscrit l’emploi de l’acide azotique. Que l’on chauffe une parcelle de ce métal avec deux ou trois gouttes de cet acide pur et concentré, dans une petile capsule de porcelaine, il se dégagera du gaz bioxyde d'azote, et l’arsenic sera transformé en acide arsénique contenant à peine de l’acide arsénieux ; une ou deux minutes suffiront pour obtenir un résidu blanc, à peine visible, composé des deux acides arseniCcaux: qu'on laisse refroidir la capsule et qu'on touche ce résidu par une goulle d’azolate d'argent en dissolution très-concentrée , à l'instant même il se formera de l’arséniate d'argent rouge-brique ; qu’une autre portion de c@ résidu blanc soit dissoute dans l’eau bouillante, et qu'après avoir intro duit la dissolution dans un petit tube de verre et l'avoir acidulée par une #&oulte d'acide chlorhydrique et autant d'acide sulfureux dissous dans l’eau, on la fasse traverser par un courant de gaz acide sulfhydrique lavé, il se précipitera sur-le-champ du sulfure d’arsenic jaune-serin, insoluble dans l’eau et soluble dans l’ammoniaque avec décoloration de la liqueur ; cette dissolution ne serait pas toutefois complète si le sulfure d’arsenic était mêlé de soufre. 5

Il n'existe aucun corps volatil qui se comporte ainsi avec l'acide azotique, l’azotate d'argent, l’eau, l'acide sulfhydrique et l’ammoniaque.

Anneau et taches arsenicales. Si les propriétés physiques de l’arsenie, sous ces deux étais, diffèrent un peu de celles de l’arsenic en masse, la chaleur, l'acide azolique , l’azotate d'argent ; l'acide sulfhydrique, elc.,

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