‹ Traité de toxicologieChapitre 66 sur 103 · DE L'OXYDE NOIR D'ARSENIC · texte numérisé non relu

DE L'OXYDE NOIR D'ARSENIC

DE L'ICDURE D'ARSENIC.

L'iodure d’arsenic est d'un beau rouge de laque, très-fusible; traité par l’eau bouillante, il fournit une dissolution incolore qui donne du sulfure jaune d’arsenic par l’acide sulfhydrique, et qui colore lamidon en bleu violacé, pourvu que l’on ajoute 2 ou 3 gouttes de chlore. Chauffé avec de l’acide azotique concentré jusqu’à l’ébullition, il se décompose et répand des vapeurs d’iode d’un beau violet et d’acide hypoazotique jaune rougeälre ; le résidu est blanc, et composé d’acide arsénique et d’acide jodique ; si on le fait bouillir pendant quelques instants avec de l’acide sulfureux et qu’on évapore jusqu’à siccité, le produit blanc restant fournit avec l’azotate d'argent dissous un précipité rouge-brique d’arséniate d'argent. L’iodure d’arsenic, mis dans l'appareil dit de Marsh, donne à l'instant même de belles et larges taches arsenicales.

Il agit comme un poison très-violent ; il enflamme les tissus sur les-

“quels on l’applique; il ramollit et gélatinise en quelque sorte la membrane muqueuse gastrique en développant même quelquefois des ulcérations. Il est absorbé, et exerce une influence délétère sur les centres nerveux et sur le cœur, soit qu’on lintroduise dans le canal digestif, soit qu'on l’applique sur les surfaces séreuses ou muqueuses, soit qu’on

“le mette sur des plaies ou des ulcères. Il détruit aussi l'irritabilité de l'estomac. (Antony Todd Thomson , Journ. de chim. méd., année 1839, p. 369.)

DE L'OXYDE NOIR D'ARSENIC (composé d'ARSENIC et d’ACIDE ARSÉNIRUX de quelques chimistes).

Cet oxyde est d’un gris noirâtre , quelquefois noir ; il est terne, sans éclat, peu dur et très-friable. Mis sur les charbons ardents, il répand des vapeurs blanches d’ane odeur alliacée ; introduit dans un appareil dit de Marsh, il fournit de l’arsenic. L’acide azotique agit sur lui à peu près comme sur-l’arsenic (voyez p. 473). Son action vénéneuse est mise hors “de doute par les expériences suivantes.

Exrériences. — 1° Renault fit prendre à un petit chien 30 centigrammes d'oxyde noir d’arsenic porphyrisé et mêlé avec de la graisse de porc; l'animal fut pris de vomissements quatre heures après avoir avalé le mélange. On S'opposa à ce que le poison fût expulsé de l'estomac; mais pendant deux heures le canal alimentaire fut presque continuellement en mouvement, et les déjections alvines très-abondantes. L'animal ne tarda pas à mourir. Toute Ja poudre noire fut trouvée dans l’estomac. La membrane muqueuse de ce viscère,

tapissée d’une couche de mucus épaissi, était de couleur de lie de vin rouge. L’inflammation ne dépassait pas Les deux orifices, de manière qu’à 4 millimètres de là les parties étaient dans l’état naturel.

20 On donna à un autre chien plus gros que le précédent 20 centigrammes d'oxyde noir d’arsenic, qui furent vomis une demi-heure après; on les Jui fit avaler de nouveau, et la majeure partie fut encore expulsée de l'estomac au bout du même intervalle de temps; il fut impossible de la lui faire garder. Dans les derniers vomissements, il rendit des mucosités sanguinolentes, etil mourut dix heures après l’empoisonnement. L’estomac était rempli d’un liquide sanguinolent d’un rouge vermeil; la membrane muqueuse n’offrait aucune trace d'érosion , seulement elle était livide dans quelques endroits; et rouge dans le reste de son étendue. Les intestins ne paraissaient pas avoir éprouvé la moindre atteinte de la part du poison.

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