DU VERRE D'ANTIMOINE
Le verre d’antimoine est formé de protoxyde d’antimoine, de protosulfure de ce métal, et d'acide silicique; il contient ordinairement aussi du fer, du manganèse, et de l’alumine. Il est transparent, et lorsqu'on l’introduit dans un appareil dit de Marsh, il est désoxydé et fournit de l’antimoine métallique. Traité par l’acide chlorhydrique à la tempéras ture de 50 à 60°, il se dissout en entier, à moins qu’il ne contienne une très-grande quantité d'acide silicique; la dissolution, composée principalement de chlorure d’antimoine, précipite par l’eau un oxychlorure d’antimoine blanc, et par l'acide sulfhydrique, du sulfure d’antimoiné orangé ou rouge. |
Le verre d’antimoine peut occasionner des accidents plus ou moins fâcheux : Cognita nobis sunt aliquot exempla, dit Hoffmann, uwbi vitrum antimonii in substantia propinatum, præsertim, cum jam prima regio spasmis obnoæia fuit, non secus ac arsenicum intra aliquot horas mors
tromperait si l’on croyait que l’antimoine est toujours assez promplement expulsé. par cette voie pour que l’urine n’en contienne plus quelques heures après l’intoxi= cation , car j’ai encore pu constater au bout de six jours la présence de ce métal: dans l'urine de quelques chiens que j'avais empoisonnés avec dix centigrammes de tartre stibié appliqué sur la cuisse (expériences 141 et 142 du Mémoire sur. le traitement de l’empoisonnement, p. 71).
On se tromperait également , si l'on pensait que, dans l’empoisonnement par l'acide arsénieux, l'urine tarde longtemps à charrier de l’arsenic, car l'expérience, démontre que l’on y a quelquefois trouvé ce métal une heure après l’intoxication, Ce n’est donc pas en ayant égard seulement au moment où l’urine commence à. fournir des traces d’arsenic ou d’antimoine que l’on pourra juger de la plusou moins grande facilité d'élimination, mais bien en appréciant la quantité de mé» tal expulsé avec l'urine dans un temps donné, ainsi que la durée de l’excrétion arsenicale ou antimoniale.
MM. Flandin et Danger attribuent surtout la différence dont je m'occupe à ce que, dans l’'empoisonnement aigu déterminé par l’acide arsénieux , les animaux, n’urinent pas. C'est une erreur grave insérée dans leur mémoire sur l’arsenic;et contre laquelle je n’ai cessé de m’élever. Je joins ici les résultats de nombreuses recherches qui ne laisseront aucun doute à cet égard (Mémoire sur le traite= ment de l’empoisonnement). J'adresse également à la commission un résumé. des investigations récentes et encore inédites, auxquelles s’est livré M. Delafond, professeur à l’École d’Alfort, pour éclairer cette question, et qui prouve, entre autres faits, qu’un cheval qui avait pris 30 grammes d'acide arsénieux, et qu vécut quarante-trois heures et demie, rendit 3 litres 45 centilitres d’urine arsenicale, quoiqu’on ne lui eût administré aucune boisson. Sans doute la sécrétion urinaire est ralentie et moins considérable dans les cas d'intoxication arsenicale, mais elle est loin d’être suspendue, comme l'ont dit MM. Flandin et Danger.
Paris, 6 juillet 1842, ORFITA.