DU PROTOIODURE DE MERCURE
IL est solide, jaune, et insoluble dans l’eau; chauffé seul dans un petit tube de verre , il donne des vapeurs violettes d’iode ; chauffé avec de la potasse, il fournit du mercure métallique, et il reste au fond du tube de l'iodure de potassium facile à reconnaitre (voy. p.107). Il agit sur l'économie animale comme le sublimé corrosif, mais avec beaucoup moins por
Il est solide, rouge; chauffé, il jaunit et donne de l’iode; comme le précédent, il se transforme en mercure et en iodure de potassium s’il est chauffé avec de la potasse solide dans un petit tube de verre effilé à “La lampe. Il exerce le même mode d'action que le précédent, mais il est plus énergique.
Comment peut-on reconnaîlre que l’empoisonnement à eu lieu par le ‘bromure de mercure ?
Le bromure de mercure est solide, blanc, d’une saveur âcre, désagréable et caustique ; il est volatil et peut étre sublimé : lorsqu'on le chauffe dans l'air, il répand une vapeur blanche, irritante, qui prend à la gorge et provoque la toux; il est soluble dans l’eau, dans l'alcool et dans l’éther. Ces dissolutions se comportent avec les alcalis, l'acide sulfhydrique, les sulfures, le cuivre el l'or, comme le sublimé corrosif (voy. p. 704), ce qui prouve qu'elles renferment du mercure. Quant à la présence du brôme, on la démontrera par l’azotate d'argent et par les acides sulfurique et azotique : En versant le premier de ces réactifs dans une dissolution de bromure, on obtiendra un précipité jaune-serin , caillebotté, de bromure d'argent; CC précipité sera insoluble dans l'acide
azotique, soluble dans une quantité notable d’ammoniaque, et noircira | par l’action des rayons lumineux ; les acides azotique et sulfurique, | ainsi que le chlore, mis sur du site de mercure solide, en déga- |
geront du brôme sous forme d’une vapeur rutilante. |
Action du bromure de mercure sur l’économie animale. |
1° Il offre la plus grande analogie d'action avec le bichlor ure de mer- | cure; 2° injecté dans le tisssu cellulaire du cou, il est absorbé, et détermine la mort en agissant principalement sur le canal snfeinel (Barthez),
DU PROTOCHLORURE DE MERCURE (CALOMÉLAS).
Le protochlorure de mercure est solide, blanc, à moins qu'il vi élé exposé au contact de la lumière, car alors il est jaune, et mêm violet; il est insipide et insoluble Hi l’eau. Chauffé avec de la potasse dans un petit {ube de verre effilé à la lampe, il fournit du mercure métallique, et laisse au fond du tube du chlorure de potassium soluble et facile à reconnaître à l’aide de l’azotate d’ar gent. À froid , la polasseet lammoniaque le changent en chlorure de potassium et en protoxyde gris noirdtre ; l'acide sulfhydrique le tr ansforme en acide chlorhydrique et en sulfure noir.
Le protochlorure de mercure est souvent administré à la dose de 50 à 60 centigrammes sans agir autrement que comme purgalif. Il est des Cas pourtant où son ingeslion dans l’estomac a été suivie de salivation, d’une superpurgation, de l’inflammation du canal digestif, de vomissemen{s , de tremblements dans les membres, de convulsions et de la mort. Hotinoun cile deux cas dans lesquels 73 centigrammes de protochlorure de mercure occasionnèrent la mort de deux enfants de douze à quinze ans. (de Medicamentis insecuris etinfidis, in Oper. omn. t. YI, 314). Dans une autre circonstance, 16 grammes de ce corps donnèr ent Ter à des vomissements, à un sentiment de brülure dans la gorge, à une vingtaine de selles par jour, suivies de prostration, detor peur, d'insensibilité des organes des sens et.de la mort (Ledelius Miscellanea curiosa, 1692, Éphem. d'Allemagne).
On sait, d’un autre côté, que ce médicament a été souvent administré dans plusieurs affections graves, telles que la fièvre : jaune, Je choléra asiatique, à la dose d’un gramme et plus, sans donner lieu à des accidents , et qu’il a même agi avantageusement comme sédatif. |
Les ra dre qui ont nié les effets toxiques du protochlorure de mercure ont par liculièr ement fondé leur opinion sur les deux fails si sui-
vants : : 1° le protochlorure qui a occasionné des accidents graves contenait du sublimé corrosif; sans nier qu’il en ait été ainsi dans certains cas , je dirai cependant que ces accidents se sont manifestés quelquefois . alors même que le calomélas ingéré avait été parfaitement lavé, et ne renfer mait pas un atome de sublimé corrosif; 2°.on a souvent ss ministré non-seulement sans inconvénient, mais avec avantage, 1 gramme et plus de protochlorure de mercure, dans la fièvre jaune, le choléra asiatique, etc. Sans doute ; mais ne sait-on pas qu’il en est ainsi de beaucoup d’autres nb rip yénéneuses journellement employées comme médicaments, et que l’homme, dans certains états pathologiques, supporte impunément des doses de toxiques qui le tueraient infailliblement s’il était dans d’autres conditions de santé; qui oserait dire, par exemple, que le tartre stibié n’est pas vénéneux, parce que certains malades, atteints de pneumonie, de rhumatisme aigu, peuvent en prendre DU” grammes par jour sans être em- DISonnes ; ?
- D'après M. Mialhe, les effets délétères du protochlorure de mercure devraient être attribués à ce qu’il aurait été transformé peu à peu en sublimé corrosif dans le canal digestif, sous l'influence du chlorure de Sodium ou du chlorhydrate d’ammoniaque; aussi ce chimiste pense-t-il qu’il n’est vénéneux que lorsque, par une cause quelconque, il a séjourné longtemps dans ce canal. Ce qui prouve qu il en est réellement ainsi, dit M. Mialhe, c’est qu’il est d’observation clinique que, lorsque le protochlorure ne purge pas, mais qu'il est longtemps digéré par les voies digestives, on observe uné excrétion anormale des glandes salivaires, et cela parce qu’une plus grande quantité de sublimé prend alors Naissance; le même phénomène arrive aussi lorsque l’on continue pendant longtemps l’usage du protochlorure de mercure, et par la même cause, | | Comme il ne peut jamais se former qu’une quantité de sublimé, correspondante à la quantité de chlorure alcalin que renferment nos viscères, les grands mangeurs de sel de cuisine, toules choses étant égales d'ailleurs, doivent être plus sujets à saliver sous l'influence d’une médication calomélique. | Les propriétés antisyphilitiques du calomel lui sont probablement communiquées , en tout ou en partie, par le sublimé et le mercure auxquels sa décomposition chimique donne naissance. Il en est sans doute de même deses vertus anthelminthiques: c’est en produisant l’empoisonnement des ascarides par les deux agents pr écités que le protochlorure de mercure nous débarrasse de ces vers.
M. Mialhe fut amené à entreprendre ces recherches par le récit d’un fait consigné dans un mémoire de Vogel, qui mérite d’être rapporté:
«Un médecin ayant prescrit à un enfant douze paquets contenant chaun 25 centigrammes de chlorhydrate d'ammoniaque, autant de sucre, et 7 centigr. 5 milligr. de protochlorure de mercure, et l'enfant étant mort, après avoir pris plusieurs de ces poudres, le pharmacien fut accusé d’avoir commis une erreur dans l'exécution de l’ordonnance: par bonheur pour lui, l’accusation ne fut que de courte durée , Petenkoffer n'ayant pas lardé à démontrer qu’en présence du chlôrhydrate d’ammoniaque et de l’eau, le protochlorure de mercure se change en partie en sublimé corrosif» (Journal de pharmacie, février 1840, et mémoire lu à l’Institut en 1842).
Des aulres préparations mmercurielles.
Azotate de protoxyde de mercure. — Il est solide, blanc, d’une saveur âcre , styptique; il se boursoufle lorsqu'on le met sur des charbons afdents, et se décompose en dégageant des vapeurs d'acide hypoazotique jaune orangé. L'eau le transforme en azotate très-acide soluble, eten Sous-azolate. La dissolution précipite en noir par les alcalis , en orangé rougedlre par l’acide chromique et par les chromates, en blanc par l'acide chlorhydrique, et en noir par l’acide sulfhydrique. |
Sulfate acide de protoxyde de mercure.— Il est solide, blanc et légèrement soluble dans l’eau bouillante; la dissolution agit sur les réactifs comme Ja précédente; toutefois l’eau de baryle y fait naître un précipité olive clair, composé de sulfate de baryte blanc et de protoxyde de mercure noir; si on dissout ce dernier dans quelques gouttes d’acide azotique pur, le sulfate de baryte paraît avec la couleur blanche qui lui est propre. | |
Azotate acide de bioxyde de mercure.— Il est en aiguilles blanches ou jaunâtres, d’une saveur âcre; il fournit, lorsqu'on le met sur des charbons ardents, de l'acide hypoazolique jaune orangé. L’eau distillée Le transforme en azotale acide soluble , el en sous-azotate insoluble. La dissolution se comporte avec les alcalis et avec l'acide sulfh ydrique comme le sublimé corrosif(voy. p. 704). Le sous-azotate , connu également sous le nom de turbith nitreux , est solide, pulvérulent , jaune ou jaune verdâtre ; mis sur les charbons ardents, ilse décompose en bioxyde rouge el en acide hypoazotique jaune orangé; chauffé jusqu’au rouge dans un
tube de verre, il fournit du mercure métallique, L’acide sulfhydrique le noircit.
Ossenvarion L'€, — Un garçon boucher, dans l'intention de se suicider, fit dissoudre sept parties de mercure dans huit parties d’acide azotique, y