QUESTIONS MÉDICO-LÉGALES CONCERNANT LES PRÉPARATIONS MERCURIELLES
À. L'existence d'une certaine quantité de mercure métallique dans le canal digestif d’un individu qui a Succombé après avoir éprouvé les Symptômes d'un empoisonnement aigu, suffit-elle pour établir qu’il y a eu empoisonnement, lorsqu'il est avéré que le mercure n’a été ni avalé ni injeclé dans le rectum à l’état métallique? |
Telle est la question qui me fut adressée en 1829 par M. l'avocat général de la cour royale d'Orléans, dans l'affaire concernant la femme Villoing. Cette femme, malade depuis cinq à six jours lorsque le docteur Caron de Gien fut appelé, se plaignait d’une oppression très-forté à la région épigastrique; elle éprouvait de fréquentes envies de vomir qui de temps à autre étaient suivies de vomissements bilieux excessivement abondants. Le médecin regardait la maladie comme une affection bilieuse ; son pronostic n’avait rien de fâcheux, lorsqu’au bout de quatre Jours, on vint lui annoncer que la femme Villoing était morte après avoir éprouvé des vomissements extrêmement fréquents et de copieuses déjections alvines.
L’estomac était le siége de deux perforations ; on voyait adhérer à plusieurs points de sa membrane muqueuse plusieurs globules mercuriels ; il ÿ avait encore plus de ces globules dans le dnodénum que dans
(1) Fabricii Hildani Opera observationum et curationum medico-chirurgicarum, cent. v, obs. 98, p. 435: Francofurti ad Mænum » 1646. (2) Etmuller, de Pertigine, t. 1, cap. 8 , lec. 2, cons, 3,