De peUts Amours
Pour la peur que j'ai des jaloux, Je n'ose parler devant vous De mon amour extrême; Je déguise mes maux, je cache mes ennuis, Tant que Je ne puis plus, en l'état où je suis.
Me connoftre moi-même, boisrobbrt.
Doux remède à nos sens malades.
Chastes Hamadryades, Qui vivez saintement sous Técorce des bois. Qu'un froid long et fâcheux tient vos beautés gênées !
Vous n'avez point passé d'années Où vous ayez souffert de plus sévères lois, tristan.
Mes yeux, moins discrets que ma bouche, Parlent du tourment qui me touche.
Et découvrent un feu qui doit me consumer : De leur peu de respect l'orgueilleuse s'olfense; Mais pour les obliger désormais au silence, La mort va les fermer*.
Plaisant séjour des ftmes affligées,
Vieilles forête, de trois siècles âgées, Qui recelez la nuit, le silence et Vettroi : Depuis qu'en ces déserts les amoureux sans crainte
Viennent faire leur plainte.
En a-t^n vu quelqu'un plus malheureux que moi? racan.
RUITAIIf.
Mais si vous revoyez un jour Ce cher objet de ma pensée
i. Extrait d'un recueil publié cliei Besoigne (1670).
DBS STANCES. 269
Touché du même irait d'Amour
Dont il a mon âme blessée, Qui, comme un beau soleil ouvrant le sein des fleurs, Dissipe mes ennuis, et coule, et me défende : Armez-vous lors, mes yeux, de flamme, au lieu de pleurs : Mon cœur vous le demande, du bbllan.