Savant
Rendent les bouches muelles De nos malheareuxpoë/i^j. roksard.
QuMls recherchent la loi des affétés poètes, d*aubigné. Et bannit désormais Phébus De la bouche de nos jDoè'tes. Théophile. Cependant je m'en vais méditer un poëme, desharet». Là les plus renommés po'ëies. boisrobert.
Dès le milieu du xvr siècle , Sibilet avait assimile la diérèse de poète à celle de Noé,
Voici , maintenant , des exemples de Taltération que j'ai signalée :
Pour abuser les poètes je suis née. ronsard.
Le poëte heureusement bien né,
Parla nature endoctriné, id.
Des ordures des grands \e poëte se rend sale. D*Ai:BiG.^é. Nul poëte ne 8*est vu tant osé d'entreprendre, baïf. Je ne sais quel démon m*a fait devenir poèïe. régnier. Gomme un poëte fameux il se fait regarder, corn. Mais faut-il s*étonner qu*un poëte qui se loue. . . Me fit devenir poëte aussitôt qu'amoureux, id. Tout vient dans ce gremà poème admirablement bien. th. corn. Lespoëies au parterre en parlent autrement, rn.
Les traits dans sa fable semés
Ne sont en Touvrage du poëte
Ni tous ni si bien exprimés, la FO^'T.
A la foiblesse du sculpteur
Lr poëte autrefois n'en dut guère, id.
On s'étonne que De Lacroix cite encore ces mots parmi ceux que Ton peut faire de deux ou trois syllabes, suivant la commodité ou la fantaisie des poètes. Cette quantité ne devait plus être douteuse alors : Boileau seul aurait suffi pour la fixer. Ex. :
De quel air il falloit que fût fait le poëte. mol. Et je ne puis vouloir, dans mon destin fatal,
Aux poëtes assez de mal
De leur impertinence extrême...
Que voulez-vous faire à cela?
Les poëtês font à leur guise, tb.
Si son astre en naissant ne Ta ïormé poëte, boiLi
, QUANTITÉ STLLABIQUE. 309
Au même instant prend droit de se croire poète, . . Surtout de cepoëmé il bannit ia licence, boil.
Pour me trouver, à mon réveil,
Salué du nom de poète, chauliev.
Ce n'est pas d'aujourd'hui que messieurs les poeites. aouss. Ne m'abandonnez pas pour un autre poète, volt.
2» Moelle, qu'on écrivait aussi mouelle^ a été de trois syllabes, suivant la règle générale :
N'eût allumé dans mes froides mouelles
Le feu vengeur de ses flammes cruelles, du bellav.
Et quelle fièvre ard' toute ma moue/^. bonsard.
Que je n'ai plus en mes veines de sang,
Aux nerfs de force, en mes os de mouelle. id.
Couvertes de leur test, jusques en leur mouelle. baïf.
Vieux corps tout épuisé de sang et de mouelle. eagan.
11 était naturel que ce mot fût d'abord trisyllabe : ainsi il se rapprochait davantage de sa racine , mednlla. Mais la prononciation devait l'abréger, comme tant d'autres. Depuis longtemps il n'est plus que de deux syllabes :
Dame justice et ses suppôts
Nous tirent la tnoëlle des os. maynard.
Je tâte votre habit : l'étoffe en est moelleuse, mol.
Que chacun prenne en main le moëUeuao Abéli. boil.
Dès le xvr siècle , Sibilet blâmait ceux qui faisaient la diérèse mouelle, fouet, au lieu de moelle, foét (c'est ainsi qu'il écrit).
3* Botte, coiffe, qu'on écrivait il n'y a pas encore longtemps hoéte, eoéffe, commencent par une diphthongue :
La bonne coiffe convint si empirier*.
Fraîche, en bon point, et noblement coiffée, marot. Se ooiffe promptement, ne lui chault se parer, ptbrac.
Enoor tapi dessous sa coiffe verte, b. dbspériers. Un escadron coiffé d'abord court à son aide. boil. Je veux une coiffure, en dépit de la mode^ etc. mol.
\, Brûle.
B. Du roman de Guillaume au court nex.
Car ce fripon cftCbe dans sa ooifj^re, elo. nouas. Car ma botte n^eat pas ai pleine Que cinq oenie francs n'y entrent bien, iiarot. Quatre boites d'onguenti une d'alun biùié. béonisr. Des malheura qui sont sortia De la 6o^l6 de Pandore, la font.
Boéte a été priaiiliireineiit de iroia syllabes :
Non pas pour emplir aee boeles, yiixon.
Je parlerai de miroir à propos de mirouer.
4" Poêle, dans ses différentes acceptions, n'ft que deux syllabes :
Formoit un poêle ardent au milieu de l'été. boiL. Yous irez dans la poêle, et vous avez beau dire, la Pôht. Après le poêle est monsieur le grand-maître, i. màrot.
5° Le mot toile est écrit toële dans de vieux textes. Primitivement la diérèse des deux premières voyelles a eu lieu :
Que entre la toëlle, qui n'est pas de bourras, (jubinal.)
Hemarque. On trouve écrit par oé des mots qui plus tard ont pris les trois voyelles ouê, tels que Bœn, roelle, aloette, etc. dette quantité sera discutée dans un paragraplie suivant (oué,.
OiiA, ouAi. — 1"* La quantité syllabique des verbes loua, lUvoua, n'offre aucune difficulté.
â"" La diérèse a également lieu dans le substantif fmace * ;
Fèves pour pois, et pain blanc pour {x3uacf, la font« 3" Ouailles, douaire ont trois syllabes :
Tour les parquets des ouailles fermer. MAaot. Si Dieu lui-même ici de son ouaille sainte A ces loups dévorans n'avoit caché les os. boil.
Ne peut trop bien ses oiMilles connoUre. la roNT.
Mais au milieu de ses saintes ouaiUea, aouss. Le douare sa mère vous voira culaiigior". (ALBXAfi0R£.) Le douaire se règle au bien qu'on vous apporte, mol.
L'adverbe ouais était primitivement disyllabe :