‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 133 sur 243 · De VAn deaept Dûmn · texte numérisé non relu

De VAn deaept Dûmn

Depuis le ivir siècle , ce mot n'est plus que monosyllabe ;

Or il vous prend Macrobe, et lui donne le fouet, râgnibb. Tout ce qu^ont les enfers de feux, de fouets, de chaînes, gobn. Condamnez le à Tamende, ou s'il le eusse, au fouet, rac. Et menacé du fouet quiconque aurait querelle, la koxt.

Et qu'il vouloit être /bue/ f«

Si jamais on le voyoit page. id.

Le son qu'un coup de fouet produit, uouss. Fouetter d'un vers sanglant ces grands hommes d'un jour.

GILBBRT.

On voit dans de vieux textes Mirouer, avec la diérèse , pour miroir^ et quelquefois machouère :

Ce n'est pas bible losangère,

Mirouer ert à toutes gens, (là bible guyot.)

C'est le mirouer de plaisance. ( jubinal.)

Mon mirouer bel et idoine, villon.

Ils m'ont gûté les machouères. (pathblin.)

La quantité avait chaugé , que cette manière d'écrire se conservait encore :

I«a bénigne princesse, Excellente déesse, De toutes le mirouer. marot.

Que maudit soit le mtroër qui vous mire! ronsard.

On trouve également ouvrouer, moucJumer, terrouer, etc. , pour ouvroir, mouchoir, terroir, etc. Cette finale reste mono syllabique :

Au parlouer va tout courant et au cloître, crétin. Oui. — L'adverbe afBrmatif oui, qu'on écrivait oel, oïl, oyl, (Mil, était primitivement de deux syllabes :

OU, sire, bien par ma fei. bbnoist.

OU, ce répondit Raison, (bomande la rose.)

Ouil certes, répondit-elle, guilleville.

Certes, dit U denier, ôil :

Jà ta laine ne feroit 61. (jubinal.) Quant est d'ouy, si veniez à le dire, marot. Uouy sera dans mon entendement.

Et le nenni sera dans mon silence. st.*gelais. U ne faut qu'un ouy mêlé d'un doux sourire, dbsportes.

QUANTITÉ SYLLÀBIQUE. 313

Depuis longtemps cet adverbe ne fait plus qu'une syllabe.

Le participe ouï a deux syllabes, conformément à la règle générale : ouf, ébloui, réjoui, évanoui, etc. La Fontaine a donc eu tort de s'arroger, même dans une matière légère, le droit de contracter ouï en une seule syllabe :

J'ai toujours oui*, ce diUil, qu'un bon coq, elc.

OiN, ouiN. — !• (Hn est monosyllabe. Le mot (jroin suit la règle générale :

Une bavière pour mon groing*.

Si bien qu'on en dora le ^rotn de la Gorgone, ronsard.

Ce mot est dur à prononcer. U aurait dû être soumis à la même réforme qui a fait grief de deux syllabes. Mais son emploi très-rare Fa fait oublier.

2'' Le mot babouin est de trois syllabes dans les vers suivants :

Toutefois on eût arraché

Les dents du vilain marsouin,

Son feu père, et du babouin, (patiielin.)

Si stupide et si babouin, marot.

Qui n'en droit? de qui? de Sagouin, Qui contrefait si bien le babouin*.

Mais plus ordinairement il n*en a que deux :

Il fut jugé que ce gentil babouin*,..

D'un ton fort grave à contre-temps s'avise De le tancer : Âh! le petit babouin, la font.

Rabelais a fait tintouin de trois syllabes.

Uè. — Écuelle, qui est de trois syllabes , a été de quatre :

Cinquante ans en a, s'ticuelle

Est maigre et sèche, rutebeup.

Du pain des escuelks avecque lui emporte, (jubinal.) Or faut plateaux et escuelles...

Qu'il n'y convient autre esciieUe. (la.)

K. De VAn des sept Dames.

t. Attribué à Marot.

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