‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 14 sur 243 · I. Voyex, à la fin du volume , la note · texte numérisé non relu

I. Voyex, à la fin du volume , la note

S. Le I final sonne à la vérité devant une voyeUe , mais 11 n*y a pas addition d'une syllabe.

If

la préposition d'avec son complément^ les auxiliaires d'avec les participes, plusieurs mots formant une expression composée, comme rendre raison, porter ombrage, etc.

Ainsi les vers suivants seraient défectueux :

Et redire avec tant de plaisir les exploits. Redire avec teoide plaisir tous les exploits.

La raison en est que les mots tant, de, ne sont pas accentués. Le vers deviendra correct si l'on met :

Avec tant de plaisir redire les exploits, sac.

Pareillement il n'est pas permis de mettre :

Vous pourrez bientôt lui prodiguer vos bontés.

Mais l'on mettra bien :

Vous lui pourrez bientôt prodiguer vos bontés, rac.

Pour faire sentir la règle de l'hémistiche, Voltaire a fait à dessein ce mauvais vers :

Adieu, je m'en vais à Paris pour mes affaires.

D'après ce qui précède, on trouvera la césure trop faiblement marquée dans les vers suivants :

A rinstant que /aura» vu venger son trépas, aotrou.

Ma foi, le plaisir est de finir le sermon, boil.

Un tel mot, pour avoir réjoui le lecteur, id.

Tout a fui; tous se son/ séparés sans retour, rac

Si la mort ne vous eût enlevé Polynice...

Eh bienl mes soins vous ont rendu votre conquête...

Je vous ai (2eman(i^ raison de tant d'injures...

Seigneur, si j'ai trouvé grâce devant vos yeux. id.

Tout ce qui peut vous faire obstacle à vous sauver, mol.

Disant ces mots, il fait connaissance avec elle, la font.

3^ La césure est insuffisante quand une partie du second hémistiche est remplie par un de qui dépend du premier. Elle Test également quand le second

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hémistiche contient un adjectif se rapportant au nom^ ou un nom se rapportant à Tadjeclif qui précède :

Ainsi que le vaisseau des Grecs tant renommé*, régnier. Lorsque plus d*un désir de liberté me presse, tokoph. La pitié, qui fera révoquer son supplice, N*estpas moins la vertu d'un roi que la justice, rothou. Les quatre parts aussi des hutnains se repentent, la koxt. Bien plus, si pour un sou d'orage en quelque endroit... Qui parut un morceau de rocher à ses yeux. id. Et je brûle qu*un nœud d'amitié^ nous unisse, mol. Jupiter et le peuple immortel rit aussi, la font. Ma foi, j'étois un franc porfier de comédie, rac.

^ 4® La césure est bonne quand le sujet (autre qu'un pronom) est séparé du verbe, le verbe de son régime, Tadjectif ou le participe de son complément, pourvu que ce complément remplisse la fin du vers :

Je vois que V injustice en secret vous irrite, rac. Avant qu*on eût conclu ce fatal hyménée... Où me cacher? fuyons dans la nuit infernale... Dieux ! que ne suis -je assise à Tombre des forêts! id.

4. La Harpe blâme une seconde ëpithète rejetëe dans le second bémi- Bticlie. Il critique dans le vers suivant le défaut de césure : Au recoam inutiU et honteux des sennens. volt.

2. La césure serait bonne si Tadjcctif était au pluriel , en sorte que le complément remplit le vers :

Ainsi que le Taîsseau des Grecs tant renùinmit. Ou si des Grecs était le régime du participe : des Grecs tanl admiré. On peut tirer de la règle cl-dcssus établie une remarque pour Tintelligence des portes. Dans le vers suivant de Corneille :

Non qae nos cœurs jaloux de sa gloire s'irritent ; Il est évident, d'après les exigences de la césure, qu'il faut Joindre s'irritent de sa gloire, et non pas jaloux de sa gloire,

3. Voltaire , critiquant une pièce qui avait paru sous le titre de Nouvelle épUre de Boileau, rappelle le passage de VArt poétique sur rhémlstlclie , et l'oppose aux vers suivants :

Dans ce nombre effrayant d^auteun , dont les écrits Menacent chaque jour d'inonder tout Paris.

Voyez, à la fin du volume , la note S.

5"" Les auxiliaires peuvent être dans un autre hémistiche que le participe et Tattribut, pourvu qu'ils ne se trouvent pas précisément à la césure :

El le jour a trois fois chassé la nuit obscure, bac. J'ai des savans devins entendu la réponse... Oui, ce sonf, cher ami, des monstres furieux, id. Et fut de ses sujets le vainqueur et le père. volt.

G"" Si le complément de la préposition de^ si un adjectif et son complément, ou si plusieurs adjectifs remplissent le second hémistiche, la césure est légitime :

As-tu tranché le cours d*une si belle vie} rac. Commande au plus beau sang de la Grèce et des dieux,,. Pousse au monstre, et d'un dard lancé d'une main sûre,,, * Goûte-t-il des plaisirs tranquilles et parfaits? lo. S'établit dans un bois écarté, solitaire, la font. Dépendre d'une humeur fière, brusque et volage, id.

7** Nous avons vu combien était choquante la prépositionnel placée à la césure. 11 en est de même des prépositions pour^ dans, sur, par, etc. Mais les prépositions aprhs, devant, malgré, et quelques autres également disyllabes, sont tolérées à Thémistiche :

Si toutefois, après ce coup mortel du sort. corn. Je me jette au4evant du coup qui t'assassine, m. Le feu sort à travers ses prunelles humides, boil. Souffrirez* vous qu'après l'avoir percé de coups, rac. J'y suis encor, malgré tes infidélités. lo.

11 en est de même des adverbes plutôt, sitôt, ainsi, loin, etc., séparés de leur complément par la césure, et aussi de quelques conjonctions :

Ajoutez-y, i^utôt que d'en diminuer, corn. Aimer la gloire autant que je l'aimai moi-môme, rac Embrase tout, sitôt qu'elle commence à luire... Quoi 1 Narcisse 1 tandis qu'il n'est pas de Romains, etc. id.

Mourir en reiae, ainsi que lu mourras en roi. rao. Ils s'arrêtent non loin de ces tombeaux antiques. id. Et je mourrai, plutôt qu'un autre ait votre foi. volt.

8"* Des mots ordinairement privés d'accent, comme après, avecy deviennent quelquefois accentués : c*est lorsqu'ils sont employés sans complément. Ils peuvent alors se placer à la césure :

Et n'employons après que nous à notre mort. corn. Il avoit dans la terre une somme enfouie, Son cœur avec, n'ayant autre déduit* Que d'y ruminer jour et nuit, la font.

Nous parlerons plus loin du cas où Ye muet, devenant accentué, peut être admis à la césure.

Remarque générale. Dans les genres soutenus, Ton est bien plus exigeant pour la césure que dans les genres simples. La comédie, Tépître fathilière, le conte, se contentent de césures que l'épopée, la tragédie, l'épître sérieuse, trouveraient insuffisantes.

Voici quelques exemples de césures assez faiblement marquées, mais que fait pardonner la nature des ouvrages où elles se trouvent :

Sans commencer par où vous devez achever*, coan. Mais il n'importe : WfaiU suivre ma destinée, mol. Dieu me damne! voilà son portrait véritable... Et je ne sors qu'après que vous serez sortis... Et près de vous ce sont des sots que tous les hommes... Mon frère, vous serez charmé de le connoître. id. Crois*tu qu'un juge n'ait qu'à faire bonne chère? bac. Quand ma partie a-t-eUeélé réprimandée? id.

i. Vieux mot qui signifie occupatton agréable, divertissement , plaisir, 2. Dans le Menteur, c Le premier hémistiche, dit Voltaire, ne serait pas

permis dans le style élevé \ c*cst une licence qu*U faut prendre trè»-raremcnt

dans le comique. »

Lorsque je vois, parmi tant d*boinmes différons, bac. Voyez cet autre, avec sa face de carême*, id. Elle et moi, n'avons eu garde de l'oublier, la font. Je me sens né pour éiré en bulle fittt méchans tours... La clef du coffre-fort e( des cceurs, c'est la même. id.

Le vice ^fatï étranger dans mon cœur. volt.

Le meilleur est de rire sans pincer, rouss.

i. Tous ces exemples sont pris dans let Plaideurs,

On appelle rime Tuniformité de son dans la terminaison de deux mots : belle, rebelle; loisir, plaisir. En poésie, c'est le retour de la même consonnance à la fin de deux ou de plusieurs vers.

On distingue deux sortes de rimes, la rime maS" culine et la rime féminine.

La rime masculine a lieu entre deux syllabes qui ne contiennent pas d'c muet : bonté, santé; loisir, plaisir ; vertus, abattus.

La rime féminine a lieu entre deux syllabes qui contiennent un e muet : belle, rebelle; infeimale, fatale. La rime porte alors sur la syllabe qui précède Ve muet, c'est-à-dire sur la pénultième, ou bien encore, ce qui est plus général, sur la syllabe accentuée. Ainsi Ton ne pourrait faire rimer audace avec espèce, légitimes avec diadèmes, jouissent avec repaissent *, bien que la syllabe muette de ces différentes rimes soit identique, parce que la syllabe accentuée diffère.

Remarque. Nous avons déjà fait observer que les troisièmes personnes du pluriel des imparfaits et des

1» Ici nous voyons six lettres pareilles , et cependant les deux mois ne riment pas. C*est on vain qu*on voudrait baser la règle de la rime sur la conformité d*un nombre quelconque de lettres.

conditionnels en aient ne sont pas réellement une terminaison féminine^ parce que Ve qu'elles contiennent est absolument sourd. On les range donc dans la classe des rimes masculines :

De là sont nés ces bruits reçus dans Tunivers, Qu'aux accens dont Orphée emplit les monts de Thrace, Les tigres amollis dépouilloient leur audace; Qu'aux accords d'Âmphion les pierres se mouvoient. Et sur les murs thébains en ordre s^élevoient, boil.

Il n'en est pas de même des présents votent, croient, déploient, essaient, paient, dans lesquels Ve compte pour une syllabe. Les pluriels allient, oublient, fuient, appuient, etc., forment pareillement une rime féminine :

Ce choix me désespère, et tous \e désavouent ; La partie est rompue, et les dieux la renouent! Rome semble vaincue, et, seul des trois Aibains, Curiace en mon sang n^a pas trempé ses mains, corn. Mais bientôt, malgré nous, leurs princes ksrcUlient; Leur courage renaît et leurs terreurs s'oublient : La honte de mourir sans avoir combattu Arrête leur désordre, et leur rend leur vertu, id.

La rime est riche ^ ou suffisante. Elle est riche quand elle présente non-seulement une consonnance, mais encore toute une articulation : p^re, prospire; vers, divers; paisible, risible; enfant, triomphant, etc.

La rime suffisante offre une ressemblance de son, mais non d'articulation : soupir, désir; recevoir, es-poir; usage, partage; sensible, visible; doux, nous, vous, etc.

Quelquefois la rime a lieu non-seulement entre la

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