‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 13 sur 243 · Voyez , à la fin du volume , la note · texte numérisé non relu

Voyez , à la fin du volume , la note

Yen de 8 syllabes.

Quel astre à nos yeux vient de luire? rac.

Vers de 7 syllabes.

Les pécheilrs covivrent la terre, bac,

^ On nomme 'pied la réunion de deux syllabes : ainsi le vers de douze syllabes a six pieds , celui de dix syllabes a cinq pieds ^

Le vers de douze syllabes est le plus noble et celui qui nous fournira le plus souvent nos exemples. Il se nomme alexandrin*, ou bien encore héroïque, ou simplement grand vers.

Quelques critiques, eu égard au nombre de pieds ou mètres*, appellent hexamètre (de six pieds) le vers de douze syllabes, pentamètre (de cinq pieds) celui de dix syllabes, tétramètre (de quatre pieds) celui de huit syllabes.

1. On dit qu*un vers n*eitpas sur tes pieds, quand 11 n*a pas le nombre eiigë de syllabes.

2. Ce vers a pris son nom d'un ancien poème sur la vie d'Alexandre , commencé par Lambert li Cors (le Court] , et terminé par Alexandre , surnommé de Paris (quoiqu'il fût né à Bernay] , dans la seconde moitié du xii' siècle. On le trouve néanmoins dans quelques textes plus anciens, mais l'usage en était rare.

3. On nomme aussi mètre la mesure totale d'un vers. On dit : écrire dans tel mètre , c*est-^-dire adopter telle mesure de vers.

CÉSURB, HÀM1STICHB.

Le mot césure veut dire coupure. La césure d'un

vers est l'endroit où il est coupé. Le mot hémistiche ^

vient du grec, et signifie demi-vers. Dans l'alexandrin, ix^

il y a toujours une césure après la sixième syllabe :

le vers se trouve ainsi partagé en deux hémistiches

égaux :

Où guis-je? qu*ai-je fait? | que dois-je faire encore? Quel transport me saisit? | quel chagrin me dévore? hac.

Le mot hémistiche ne peut s'appliquer qu'au grand v^ vers.

Dans le vers de dix syllabes, il y a toujours une ^ césure après la quatrième :

Rions, chantons, | dit celle troupe impie, hac.

Les autres vers n'ont pas de césure exigée. ^

Quoique le vers alexandrin puisse se couper en différents endroits, et par conséquent avoir différentes césures, nous entendrons par ce mot la césure par excellence, c'est-à-dire celle de l'hémistiche; de même, dans le vers de dix syllabes, la césure sera toujours le repos placé après le second pied. Pour les autres césures du grand vers, césures variables et arbitraires, nous nous servirons plus tard des mots coupe, suspension.

Les règles que nous allons donner pour la césure

du grand vers seront applicables au vers de dix syllabes.

11 n'est pas nécessaire que le repos de la césure soit marqué par un signe de ponctuation. Boileau a donné le précepte et Texemple dans ces deux vers :

Que toujours dans vos vers le sens, coupant les mots, Suspende rbémiâliche, en marque le repos.

Voltaire a tracé la même règle avec pi us d'étendue:

Observez r hémistiche, et redoutez Tennui Qu'un repos uniforme attache auprès de lui. Que votre phrase heureuse et clairement rendue Soit tantôt terminée et tantôt suspendue : C'est le secret de l*art.

D'un autre côté, le cas se présente souvent où la césure serait insuffisante, bien que le troisième pied fût terminé par un mot complet. C'est là un des points les plus difficiles de la versification française. Pour l'éclaircir, il est nécessaire de parler de Vaccent tonique.

/ On appelle accent tonique, ou syllabe J'apjout *, la syllabe d'un mot polysyllabe sur laquelle la voix s'élève. L'accent tonique existe dans toutes les langues: en français, il se trouve toujours sur la dernière syllabe quand elle n'est pas muette, et sur l' avant-dernière, ou pénultième, quand la dernière syllabe est muette : solda/, dvB,peau; guerre^ armes*.

I. Le p. Mourgucs se sert de ce mot dans son estimable ouvrage ( Traite de la poésie française) ^ dont J*ai souvent proûté , et que la plupart des auteurs qui ont écrit depuis sur cette matière ont copié , sans le citer. Mourgucs a entrevu le rùle important que Taccent Joue dans notre versification ; mais il n'a pas creusé suffisamment cette idée féconde , et son exposition est incomplète.

S. Il faut bien distinguer, en français, l'accent tonique de l'accent (ferit. Ces deux accents se U'ouvent quelquefois sur la même Hvllabe , comme dans

Dans toutes les langues, certains mots, surtout des monosyllabes, en particulier les pronoms et les prépositions, perdent leur accent dans la suite du discours, parce qu'ils se lient par la prononciation au mot suivant. Ainsi dans : Nous sornnies , il vient , la ville f par toi, les monosyllabes nous, il y la, par, n'ont pas d'accent, et Ton prononce comme si les deux mots n'en faisaient qu'un.

Mais les mêmes mots pourront prendre un accent si on les transpose : Sommes-nou5? viênt-t7? voyezla '. Pareillement on dit , en faisant la première muette : Tous les hommes; et en accentuant cette muette: Nous y serons tom. On dit encore, sans accentuer la préposition : Après ce jour; on l'accentue à la fin de la phrase : Un jour après.

Règle générale de la césure. La césure doit toujours tomber sur une syllabe accentuée '•

1 ** L'c muet comptant pour une syllabe ne pourra jamais se trouver à la césure. Ainsi les vers suivants seraient vicieux :

L'ingrat, il me laisse cet embarras funeste... Mais bientôt les prêtres nous ont enveloppés.

honte, aceèt. Mais ordinairement Taccent tonique ne se marque par aucun signe. Quelquefois même il n'est pas sur la syllabe surmontée d*un accent Ainsi dans pâture, témoin, dénoûment, l'accent tonique est sur la syllabe qui suit l'accentuation.

I. On remarquera que le mot vient a perdu son accent, ainsi que la finale de voye%. Il semble qtie vient-il soit un disyllabe , et voyes-la un trisyllalic. De même donnex-nous-la est un mot de quatre syllabes.

Quand le pronom je doit être transposé , il reste muet et ne prend pas d'accent , mais il en donne un à la syllabe précédente : aimé^je , dussé-je,

S. Voyez la note à la fin du volume.

44 CHAPlTaE II.

Us devienaeDt réguliers si Ton met| en transposant :

Il me laisfiOi l'ingrai, cet embarras funeste, rag. Mais les prêtres bientôt nous ont enveloppés, id.

La muette, placée à la césure, doit toujours être élidée , c'est-à-dire se perdre sur une voyelle placée immédiatement après, comme dans ce vers :

Oui, je viens dans son temple adorer l'Éternel, rag.

Il faut bien prendre garde de supprimer dans la mesure la muette de Thémistiche, quand elle est suivie d'une consonne. Ainsi le vers suivant est faux :

On peut encor vous rendre ce flls que vous pleurex.

11 a une syllabe de trop ^ La faute disparaît si l'on met :

On peut vous rendre enoor ce fils que vous pleurez, rac,

/ Les terminaisons muettes en s ou nt, dans les noms et dans les verbes , comme livres, joies , tu livres, viennent, emploient, ne seront jamais admises à la césure, par la raison qu'elles ne peuvent s'élider. Il faut excepter les terminaisons en aient, comme venaient, viendraient, dans lesquelles les trois dernières lettres sont supprimées par la prononciation ', et par conséquent ne sont pas comptées dans la mesure :

Les prêtres ne pouvaient sufEre aux sacrifices, rac.

2** On ne peut séparer par la césure des mots que la prononciation et la grammaire unissent, comme l'article ou l'adjectif possessif d'avec le substantif,

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