‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 159 sur 243 · I. Attribué à Régnier · texte numérisé non relu

I. Attribué à Régnier

S. Espèce de renoncule.

On écrivait Proté, Téré, au lieu de Protée, Térée, qu'on trouve également :

Ou l'oiseau qui maudit Téré sur soo épine, ronsard. Le matin vers Bori ses longs rayons dardoit. baïp. Et rasoit de Céphé les flamboyans cheveux, id. Je t'invoque, ô Proté; cet autel je t'adresse, desportes.

%^ On disait anciennement gard ou gart, pour garde, au subjonctif de garder. Cette désinence s'est longtemps conservée dans la formule : Dieu gard. Dieu gard de mal! Ex. :

Grodefroy et Baudouin, que Dieu gart de tourment! Baudouin.

Dieu vous gart de vilaine morti (jubinal.)

Ou, du trait d'un plaisant regard,

Ou du refus, dont Dieu vous gart! alain ghartikr.

Là menra Charles, que Dieu gart! christinb. Dieu gard sans fin le rosier et la branche Dont est sortie une tant belle rose ; Dieu gard la main qui pour croître l'arrose! uarot. Saint brandon, Dieu te gard; Dieu te gard, torche sainte ! garn. Dieu gard de mal celles qu'en cas semblable, etc. la font. Que Dieu vous gard d'un pareil logement ! volt.

Gommant ou command , pour commande (recommande) ; demant ou demand, pour demande :

Ço dit li rei : Seigneurs, jo vos cumant. (rolano.) Je vous commant l'enseigne saint Denis. ( garin.) Puis diât : Franc châtelain, pour Dieu merci demant, (jubinal.) Non ferez, ço dist Rou, ço ne vos commant mie. (rou.) Cel te proient ', et je te mant Que franchement d'or en avant Puissent vivre là où iU sont, (brut.) Â Dieu commant le monnoyer. (héon.) Je ne demant ne plus ne moins. ( id.) Mais qu'elle pas ne li deinant. (r. de la bosb.) A Dieu command' votre beauté, marot.

Dolet admet encore, à titre de licence poétique, recommand* pour recommande.

i. Us te priant.

406 MOTSS.

Dans |68 vieux textes, commant, comnamz est aussi un substantif, qui signifie commandement, cammanàêmêntê.

Aim ou ain, au lieu de aime, rimant avec tous les mots en ain, est encore un cas assez fréquent. Ex. :

Seignors barons, je vos aim, si vos crei. (rolaivd.) Car Je n'aim mie autant à véoir Jésus-Christ. Baudouin. Venez parler à moi, je vousatm de cuer fin. (jubinal.) Je ne dis pas que nous aim follement, thibaut. Gentillesse est noble, et si l'atri, Qu'el n'entre mie en cuer vilain, (a. de la rose.)

Le même temps, dans les autres verbes de la première conjugaison, jouissait du même privilège. On pouvait dire, dont, propos, vant, chant, présent, lais, mérit, pour doute, propose, vante, chante, présente, laisse, mérite. Ex. :

S'ils aveient poor, noient ne m'en mÊfveiL (aou.) Je ne voil mie que le garson s'en ixml^ Que il me toile valissant un basant, (o. db vunb.) La joie de ce mont ne prts' mie une obole, (alixandhi.) Jo, qui oeste geste vous chanU, Veuil que la fin voist amendant, (pabtbénokx.) Jo en œste aise le vos lais, (u.) Or sais-je bien, je n'en do\àt pas. ( juamAL^ Qu'il croit que Dieu lors li présent.

Quand il iaira l'exil présent, (r. de la rose. ) Geste amour que d te propos N'est pas contraire à mon propos, (m.)

9» Pri oupry, suppli ou supply, pour prie, supplie :

Je vouspr», sur la foi que vous m'avez donnée, (bertbe.)

Porte m'enseigne de bon cœur, je te pri. (garin.) Encor vous pri, seigneur, que un peu m'écoutez. ( jubinal.) En soyent honorés ; pour Dieu je vous en pri, Baudouin. Et que vous demeurez ici :

Venez vous en, je vous en pri, (méon.} Si pry Dieu qu'il mette en courage, ghristinr.

Cette manière d'écrire s'est conservée , à titre de licence ,

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