Du roman des Quatre fil* Aymon, 9. Avec ses paonneaux
i. Je ne cherche pas à vous en imposer. 7. Vers de dix syllabes coupé au milieu.
A la cbasM où souvent va on,
Prends la perdrix en seureté,
Plutôt qu'à dangier le paon. MAariff lef^anc.
Et un taon pour émoucher
Le bœuf couronné qu*il veut vendre, villon.
Au XVI* siècle ces mots avaient perdu une syllabe :
Saône qui dort, le Rhône impétueux* mahot. Tiré par paons bien peints et colorés, id.
Tu fuis comme un fan qui tremble, ronsard.
Sibilet indique cette quantité : « En paon, Saône, faon, il y a une lettre superflue. De même dans saouler. » Les mots saoul, saouler firent longtemps la diérèse :
Maint en chaï en Tève, qui son saoul y but. (ALi£XA!HDiiB.) Le poulain saoulé de pattre. (icBtf>rAL.) Que d'une demée de pain Saoulerait tous mes amis, (romangrro.) Qui à saoul et à jeun Me servira toute la vie. ( a. de la rosb.)
Mais un changement de prononciation s'est opéré dès le xv« siècle , et la synérèse s*en est suivie :
A son saoul le battit d*une aune. Christine.
Or pleurez , riez votre saoul ;
Tout cela ne lui sert d'un soûl, marot. D'un autre bien je ne puis me saouler, ronsaud. Où les Centaures saouls au bourg Atracien. régniër. Qui non encore saoul ' des biens qu'il a volés, pybrag.
Les diérèses qui suivent pourraient être rapportées à Vépenthèse, qui est l'addition d'une ou plusieurs lettres dans le corps d'un mot. Si l'on ne considère que le fait matériel, il est certain que les mots que nous allons citer prenaient autrefois une lettre qu'ils ont rejotée depuis longtemps; mais il
1. c Ce n*esi que curieuse supcrsUlion, dil Sibilet, d'écrire paenr, mou» 1er : on prononce soûler. » Et Meigret : « Nous l'écrivons encore en saoler, aorner, là où il n'est nulle mémoire de Va en la prononclaUon. > Mais aorner (adornare) était un ancien verbe tombé en désuétude t le simple orner {ornare) ne devait pas prendre cette lettre surabondante. Meigret aurait bien fait de signaler cette confusion.
DIÉRÈ8E. 427
convient de ne pas se préoccuper de l'écriture pour ces temps anciens, et de ne faire attention qu'h la diérèse de la prononciation.
11'' Par suite du principe, souvent invoqué , que, dans l'origine de notre langue, les mots tirés du latin attestent mieux encore cette dérivation , en ce qu'ils conservent le nombre des syllabes fourni par la langue mère, l'on disait : verai, au lieu de vrai {ve-rus)y sauspeçon (suspicio), esperit (lat. spiritus, ital. spirito et spirto, espagn. espirito\ larrecin {latrocinium), serrement (sacramentum)^ etc. Ex. :
Par Jésus-Christ furent verais martyrs, (gàrin.) Seignor, issez ', en nom saint Esperit, (ib.) Tout droit en Honguerie, un diémanches au soir. (feBRTHE.)
C'est fait sur icet serrement, bbbiôist.
Si fu Rous mult sou8peç(mneux,».
Seras cbrestien pur, verai,..
Si que veraiement me dient...
Oyez del maligne esperit. id.
Et fait faire les tarrecins. (jubif^al.) La dame li créante le serrement à faire...
Qu'au derrenier soyons si sage.
Qu'au paradis ayons ménage...
Mais toujours ert en saapeçon. (ib.)
Et par confession veraie. (méon.)
Richaut nous mit en soupeçon. (ib.) Fin et verai, coFtois, sans repentir*.
Je pris ma femme darrenière. rutebbup.
Li plus grans de ces serremens,..
Et le saint Esperit ensemble, id.
Au derrenier je les prendrai, glilleville.
Sans soapeçon d'accusement. (r. de la rose.)
Et sont ses esperits ravis, coquillart.
Ce n'est meurtre ne larrecin. id.
Plusieurs de ces diérèses persistent encore au xvi* siècle : Te pust voir sain de corps et d'esperit. i. marot.