I . De vrai, vraiment
Fuis le trouble importun des superbes palais,
Et, pour vivre avec Dieu, cherche la solitude.
C'est là que, renonçant à tous les vains plaisirs,
Son amour éternel remplira tes désirs,
Et de tes passions viendra calmer Torage;
Ton corps sera son temple et ton cœur son autel,
Ta vertu son miroir, ton âme son image ,
Et ses yeux te verront comme un ange mortel.
La strophe de l'ancienne ballade était souvent composée de dix décasyllabes. On peut en voir beaucoup d'exemples dans Marot.
2'' J*ai dit qu'on doit à Ronsard l'invention de notre strophe de dix vers. A la vérité, il n'a pas construit avec elle des odes entières; mais il la place assez fréquemment, sous le nom A'épode, dans des odes composées à l'imitation des anciens :
Faisant parler sa grandeur Aux sept langues de ma lyre, De lui je ne veux rien dire Dont je puisse être menteur ; Mais, véritable, il me plaît Déchanter bien haut, qu'il est L'ornement de notre France, Et qu'en fidèle équité, En justice, en vérité Les vieux siècles il devance.
3" Le repos du dizain après le septième vers, que Maynard avait établi en règle, avec l'approbation de Malherbe, se trouve déjà dans ce psaume de Marot :
Réveillez-vous chacun fidèle, Menez en Dieu joie orendroit :
Louange est très-séante et belle En la bouche de l'homme droit.
Sur la douce harpe,
Pendue en écharpe,
Le Seigneur louez;
De lutz, d'épinettes
Saintes chansonnettes
A son nom jouez.