‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 236 sur 243 · ONZAIN · texte numérisé non relu

ONZAIN

À faire œuvres très-authentiques :

Arcs triomphans à modes (sic) antiques Furent dressés en noble arroi , Enrichis de dits rhétoriques , Exaltant la gloire du roi.

Cette stance est harmonieusement distribuée dans une ode deRacan:

0 grand Dieu, calme cet orage Qui m'abyme dans les ennuis 1 Toi seul , dans l'état où je suis , Me peux garantir du naufrage.

La mer enflée, en un moment Pousse ma barque au firmament, La précipite dans la boue.

Et, malgré Tart des matelots»

Le vent contraire, qui se joue , La pirouette sur la proue»

Et la rejette sur les flots.

Le onzain se trouve déjà dans Thibaut. La poésie provençale en faisait usage.

Martin Lefranc a écrit des onzaîns monorimes.

NOTE 46 (page 264).

Voici une des strophes de Ronsard :

Là sous tes pieds les saisons Éternellement cheminent; Là tu connois les raisons Des astres qui nous dominent ; Tu sais pourquoi le soleil , Ore pâle , ore vermeil, Prédit le vent et la pluie, Et le serein qui Tessuie; Tu sais les deux trains de Teau , Ou si c'est Tair qui séjourne, Ou si la terre qui tourne Nous porte comme un bateau.

On trouve aussi le douzain dans Saint-Gelais , et bien anté-

rieurement dans Rutebeuf. Une ballade de Marot est en stance de douze décasyllabes. ^

Voici une strophe où Ton remarquera la réunion pure et \ simple de trois quatrains :

Heureuses les âmes bien nées,

Dont la verlu , d'un libre choix ,

Suit les justes et saintes lois

Que le Seigneur nous a données!

Heureux ceux dont les actions

Au Tout-Puissant ont fait connoître

Que leurs plus fortes passions

Sont de servir un si bon maître 1

Mais ceux qui ne sont éclairés

De la grâce qu'il nous octroie

Ne seront jamais assurés

De marcher dans la bonne voie, ragan.

On trouve aussi des douzains construits avec de petits mètres :

J'alloie l'autre ier errant,

Sans compaignon , Sur mon palefroi , pensant

A faire une chanson :

Quant je oi, ne sai comment,

Lès un buisson , La voix du plus bel enfant

Qu'oncques véist nus hom ; Et n'esloit pas enfès si Ne eust quinze ans et demi.

Onques nulle rien ne vi De si gente façon, tbibaut.

En voici un de Crétin :

Tendres fillettes.

Fraîches , doucettes , Et de valeurs :

Chargez houlettes De violettes , Feuilles et fleurs; Délaissez pleurs, Cris et douleurs^

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