Voyex la note à la flii du volume
2. « C*est, du Voltaire, une liberté qu*ont toujours eue les polHes etqu*i)s ont conservée. Il leur est permis d*ôter ou de conserver cette f & la fin du ▼crbc, à la première personne. Ainsi on met je dot, pour je dois; je voi, pour j> vois; jecroi, pour je croi»; je di, pour je dis; j*averti, pour j*a»€rtis;je vai, pourje vais. Mais il n'est pas d*usage d*y comprendre je suis, je puii; on ne peut dire je sui,je put. » Le commentateur avait i^outé
LICENCES d'obTHOGRAPHE. 85
EWire, où Bommes-nous? et qu'est-ce que je vot ?
Rodrigue en ma maison I Rodrigue devant moi ! corn.
Votre exemple est ma loi : vous vivez, et je t?i ;
Et si vous fussiez mort, je vous aurais suivi, id.
En le blâmant enfin j*ai dit ce que j*en croi.
Et tel qui me reprend en pense comme moi. boil.
Tantôt, cherchant la fin d*un vers que je con^A'ut^
Je trouve au coin d'un bois le mol qui m'avait fui. id.
Quelle horreur me saisit? Grâce au ciel, fentrevoi!,..
Dieux ! quels ruisseaux de sang coulent autour de moi 1 hac.
Je vous donne un conseil qu'à peine je reçoi;
Du coup qui vous attend vous mourrez moins que moi...
Vizir, songez à vous, je vous en averti ;
Et, sans compter sur moi, prenez votre parti, id.
Monsieur, ce galant homme a le cerveau blessé :
Ne le savez-vous pas ? — Je sais ce que je sai, mol.
Je le sais ; mais malgré les maux que je prévôt,
Un désir curieux m'entraîne loin de moi. volt.
Et me crois de tous maux guéri
Au moment que je vous écri. rouss.
Remarqua. Mais il n'est plus permis de retrancher r* à seconde personne de l'impératif, ainsi qu'on le faisait encore au xvii* siècle, où l'on écrivait : croy, ^^y> /wy, vien, etc* Ex. :
Fais donner le signal, cours, ordonne, et revien Me délivrer bientôt d'un fâcheux entretien, rac. Quitte ces bois, et redsvien.
Au lieu de loup, homme de bien, la font.
Voltaire a conservé à tort cet archaïsme :
Vis, superbe ennemi, sois libre, et te souvien Quel fut et le devoir et la mort d'un chrétien.
2" Grâce ou grâces :
Mais moi, grâce au destin, qui n'ai ni feu ni lieu. boil.
à la première liste les verbes ;> prends, je rende (jepren, je ren)\ mais ces exemples ne sont pas admis. On ne trouve pas non plus je fui, pour je fnis; je fit, pour je fne.
ÔQ CBAPITBK VUI.
Rend déjà gr^e aux bœufs, attend dan$ CQtte éiabïe. 14 font. Grâce Qux dieyx, mon fnalheur passe mpn i^péraoce. rac. Je le veuXf je le doU, grâce à vos injustices, volt.
Grâces à nos malheurs, le crime est inutile, corn. Dès que je le pourrai, je reviens sur vos traces, Madame, et de vos soins j'irai vous rendre grâces, rac. Grâces au ciel, mes mains ne sont point criminelles, id. Ahl l'effort n'est pas grand, grâces à vos caprices, volt.
3* Jusque et jusques :
Pensez-voua avoir lu jusqu'au fond de mon âme? gobn . Tout jusqu'à sa servante est prêt à déserter, boii.. Mena victorieux /iMftt'au bout delà terre, bac. Aime jusqu'aïuai défauts des personnes qu'il aime. mol.
Et me consoleroit ;u«çu«s à mon retour, nalb.
Doift-je me ravaler jusques à cet époux? corn.
Que plus d'un grand m'aima jusques à la tendresse, boil.
Veut me Mcnûer jusques à son amour, rac
Où sans trouble il dormit/usçues au lendemain, mol.
Jusques à la menace il osait s'emporter, volt.
V Guère et guères :
Ulysse en fit autant. On ne s'attendoit guère
De voir Ulysse en cette affaire, la font. Seigneur, tant de grandeurs ne nous touchent plus guère: Je les lui promettois tant qu'a vécu son père. ràc. J'enrage, par ma foi; Tàge ne sert de guère Quand on n'a pas cela. Quoi? voulez-vous, mon frère, etc. mol. Et Ton ne pouvait guère en un pareil effroi, etc. volt.
Mais les monstres, hélas I ne t'épouvantent guères :
La race de Laïus les a rendus vulgaires, rac
Allons donc nous masquer avec quelques bons frères ;
Pour prévenir nos gens, il ne faut tarder guères. mol.
Tous viennent à la file ; il ne s'en manque guères.
J'entends de ceux qui, n'étant pas contraires, etc. la font. Mais convenez du moins que mes confrères M'applaudiront. — Tu ne les connais guères, volt.
LICENCES d'orthographe. 87
Naguère et naguères :
Mais on t'a vu naguères* en un cygne, mabot.
De voir naguère en trop grant hardiesse, id. Que d'un roi qui naguère avec quelque apparence De l'aurore au couchant portoil son espérance, rac. Ainsi le vieux rêveur, qui naguères à Rome Gouvernoitun enfant et faisoit le prud'homme, régnieb.
5® Certe et certes :
L'orthographe certe est maintenant la plus ordinaire. Mais, en poésie, l'ancienne s est encore autorisée :
D'où vient ce point ? (7cr/cs il faut bien dire, mabot. Certes ou je me trompe, ou déjà la victoire, etc. malh. Certesïl est à plaindre en son aveuglement, maibbt. Alors, c€rt«s alors je me connois poète, boil.
6** Même et mêmes :
Quand ce mot est joint au pluriel, les poëtes ont la faculté de le prendre comme adjectif et de le faire accorder, ou comme adverbe et de le laisser invariable :
Sous le masque trompeur de leurs visages blêmes (Acte digne de foudre! ) en nos obsèques mêmes Conçoivent de nouveaux désirs, halh.
Compter des nations, gagner des diadèmes , Sans qu'aucun les connût, sans les connottre eux-tn^mea. gorn. Jusqu'ici la fortune et la victoire mêmes Cachoient mes cheveux blancs sous trente diadèmes, bac. Je viens ro'offrir, madame, à vos ordres suprêmes : Vos volontés pour moi sont les lois des dieux mêmes, volt.
Les immortels eux même en sont persécutés, malr. Nous parlons de nous même* avec toute franchise, corn.
4. Cette orthographe a un peu vieilli. Cependant TAcadémle Tadmet encore , mais non pas dans ses exemples.