‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 32 sur 243 · SUCCESSION DES RIMES · texte numérisé non relu

SUCCESSION DES RIMES

Sus debouli la merveille des belles,

Allons voir sur les herbes nouvelles Luire un émail dont la vive peinture Défend à l'art d'imiter la nature.

C'était gêner le musicien , tout en violant les lois de la versification.

Troisième remarque. Notre poésie n'a pas admis la succession de trois consonnances différentes, ayant après elles leurs trois rimes, comme on le voit dans ce passage de Rabelais :

0 bouteille Pleine toute De mystères, D'une oreille Je t'écoute :

Ne diffères.

Cette méthode aurait pu être adoptée : surtout avec les petits mètres , l'harmonie est suffisamment sen* sible \

Outre les rimes suivies, croisées, mêlées et redoublées^ nos anciens poëtes en reconnaissaient encore d'autres. Mais toutes ces puérilités , dont le bon goût a depuis longtemps fait justice , ne méritent pas de figurer à côté des règles qui régissent toujours notre versification *.

f . Voyez, à la fin du volume, la note 17. 2. Voyei la note 18.

DBS UGBNCBS POÉTIQUES.

a La poésie^ dit Marmontel , n'a presque point de privilège, et, pour elle, les lois de Tusage» comme celles de la syntaxe , sont presque aussi inviolables et aussi inflexibles que pour la prose...

» La licence est une incorrection , une irrégularité permise en faveur du nombre, de Tharmonie, de la rime ou de Télcgance des vers. »

Nous allons passer en revue les licences poétiques. Nous en distinguerons de trois espèces : celles qui ont rapport 1** à Torlhographe , 2^ à Tarrangement des mots, 3* à la grammaire.

LICBffCBS D ORTHOGRAPHE.

Les poëtes ont la liberté de supprimer Vs finale dans un certain nombre de mots^

1^ Quand la première personne d'un verbe finit par cette lettre s '. Ex. :

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