NOTIONS PRÉLIMINAIRES
dernières lettres entne comptent pas pour la mesure : vou-laientf voudraient. Il en est de même au pluriel du subjonctif dans les auxiliaires, qu'ils aient, quHU soient: ces mots sont monosyllabes ^
Les mêmes lettres font une syllabe au présent de rindicatif et du subjonctif dans les verbes suivants : puisent, voi-ent, emploi-ent , avou-ent , pri-^nt , etc.
Ve muet compte également à la fin des mots : joi-e , impi-^f joti-e, etc.; et lorsqu'il est suivi d'une «: jot-e*, impi-eSf tu jou-cs, etc.
Quand deux voyelles se trouveront placées de suite» on sera souvent embarrassé sur la mesure qu'on doit leur attribuer. Tantôt il y aura diphthongue ou synérhse, c'est-à-dire réunion des deux voyelles en une seule syllabe; tantôt il y aura diérèse ou diastole , c'est-à-dire division des voyelles en deux syllabes. Nous allons passer en revue les principaux accouplements de voyelles dans notre langue , et nous en indiquerons la quantité syllabique.
L. — V Monosyllabe dans diable*, fiacre, diacre, liard, piaffer*
{. Monosyllabe, d*uiie seule syllabe; disyllabe , de deux syllabes; trisyl" labff de trois syllabes; polysyllabe, de plusieurs syllabes.
Je demande pardon à rAcadémie d*ëcrire disyllabe^ et non dissyllabe : la chose m'a paru mieux de la première façon. Je sais bien que les dictionnaires grecs écrivent indifféremment en redoublant ou non la consonne : J*lgnore Jusqu*à quel point la première de ces ortliographes est légitime; mais Je sais positivement qu*en latin disyllabus a la première brève. D'ailleurs raoalogle grecque est pour disyllabe, puisqu'on écrit dimèire , dipodie , dilroehéê , diiambe, etc. La particule dis n'a que faire dans cette composition.
Quant à trisyllabe, qu'on écrit trissyllabe, il n'y a aucune raison d'étyouH logie pour redoul)ler la consonne.
2. Sur la dlphtiiongue de ce mot et dos suivants, voyez la note à la fin d« volume.
2** Ordinairement disyllabe : ll;>n-a, il sacrift-a, mari^agef di-amant, di-adème, di-alogue, Di-ane, li-are, fili-alf nupti-aly novici-at, palli-aiif.
Iài. — 1 *" Monosyllabe dans bréviaire.
2*" Ordinairement disyllabe : yétudi'aisetjéliidi'ai, je confi-aif nt-aw (adjectif), auxili-aircj plagiaire.
Z"" Il est commun, mais plus sou vent disyllabe, dans biais.
Ian, lEN, lANT, lENT. — 1** Mouosyllabc dans viande.
2"* Ordinairement disyllabe. Ex. : Fi-ancée, confi-anty souri-ant, cli-ent, pati-entf expéri-ence ^ consci-^nce ^ fri'-and.
Iau,— Disyllabe : Mi-auler, besii-aux, provinci-aux.
Ié, 1ER, lEZ, 1ÈRE. — 1° Monosyllabe dans les noms et les adjectifs, quand la désinence n est pas précédée de deux consonnes dont la seconde soit une liquide, / ou r. Ex. : Pal'tnierf fu-mier^ por-tier, prison-nier, pre-mier, der-nier, al-tierf pi-tié, ami-tié^ pied, fier (adjectif), lu-tnièrey poussière, lierre, ciel\ cierge, tiède, miette, as-sielte, ac-quiers, siège.
Ajoutez la désinence iez dans les verbes, quand elle n'est pas précédée de deux consonnes dont la seconde soit une liquide : Vous ai-miez, vous croi-riez.
2"" Disyllabe dans les noms et les adjectifs qui ont la désinence précédée de deux consonnes dont la
4. Nous disons ciel, mais l'adjectif est céleste; on dit cel en roman : l*t n'appartient pas à la racine latine. On peut établir comme règle gdn($rale que, dans ce cas, Yi ne compte Jamais comme une syllabe. De ce principe on conclura la quantité de ciel, miel, fiel, pied, fier, pitié, mortier, premier (ter remplaçant la terminaison arius). Mais Vi conserve sa valeur originelle dans initié, essentiel, etc. Nos anciens portes étaient conséquents en faisant hier {heri, ital. ieri) d'une seule syllabe.
seconde est une liquide : Baudri-er, étri-^er, ouvin^er, meurtri-ery sangli-er, peupli-er^ quatri^hne;
A rinfînitif et à d'autres temps des verbes de la première conjugaison en ter, comme pri-er, mendi-er, (/e/î-er, remédi-er, étudi-ez, pri-ez, alli-éj initi-é.
Ajoutez la désinence iez dans les verbes, quand elle est précédée de deux consonnes dont la seconde est / ou r ; Vous voudri-^Zj vous entri-ez, voustn^^tri-ez, vous sembli-ez;
Enfin l'adverbe hi-er, et les mots pi-été , impi-été, inqui-el et ses dérivés, hardi-esse, matéri-ely essenti-elj arl%fici-el\ contrari-été , vi-elle (instrument de musique).
Ien. — 1^ Monosyllabe dans les mots mien, tien, sien, bieuy rien, vau-rien, chien, main-tien, viens, ]q tiens, abs'tienne, appartienne, chré-tien *.
2** Disyllabe dans les mots li-cn ( dérivé du verbe li-er), Àmi-ens, et dans les adjectifs d'état, de profession ou de pays, tels que magici-en^ histori-en, chirurgi'en,Phrygi^en, Indi-en, Véniti'en,Autrichi-en*, Ajoutez aéri-en.
i. Le mot pluriel n'a que deux syllabes (parce que Vi n'existe pas dans le mot latin : pluralis) :
Je n'est qu'un singulier, avons est un pluriel, mol.
2. AJoutcx ancien , dont la quantité paraît aujourd'hui définitivement fixée. Les grands pof^tes ont évité d'en faire usage. Primitivement ce mot était trisyllabe ; le siècle de Louis XIV n'osa ni suivre cet exemple, ni le réformer.
Voltaire fait une remarque Judicieuse sur ce vers de Corneille : J'ai su loul ce di'tuil d'un anci-tn vilet.
m A ncien de trois syllabes rend le vers languissant ; ancien de deux syllabes dc%ient dur. On est réduit à éviter ce mot quand on veut faire des vers où rien ne rebute Torcille. »