CHARLES MIN
cLASi or 1828
Oa appelle rime runiformité de son dans la termi naison de deux mots : belle, rebelle; loisir, plaisir. Ei poésie^ c'est le retour de la même consonnance à h fin de deux ou de plusieurs vers.
Ou distingue deux sortes de rimes^ la rime mas culine et la rime féminine.
La rime masculine a lieu entre deux syllabes qii ne contiennent pas d'c muet : bonté, santé; loisir plaisir; vertus, abattus.
La rime féminine a lieu entre deux syllabes qu contiennent un e muet : belle, rebelle; infernale, fatale* La rime porte alors sur la syllabe qui précède Yi muet, c'est-à-dire sur la pénultième, ou bien encore^ ce qui est plus général, sur la syllabe accentuée. Ainsi Ton ne pourrait faire rimer audace avec espèce, légitimes avec diadèmes, jouissent avec repaissent *, bien que la syllabe muette de ces différentes rimes soit identique, parce que la syllabe accentuée diffère.
Remarque. Nous avons déjà fait observer que les troisièmes personnes du pluriel des imparfaits et des
i. Ici nous voyons six lettres pareilles, et cependant les deux mots ne riment pas. C*est en vain qu'on voudrait baser la r^glc de la rime sur la conformité d'un nombre quelconque de lettres.
<t>Dditionn6l8 en aient ne 8ont pas réellement une terminaison féminine, parce que Tequ^elles contiennent est absolument sourd. On les range donc dans lai classe des rimes masculines :
De là fODt né^ ces bruits reçus dans Funivers, Qu'eux accens dont Orphée emplit les monts de Thrace, Les tigres amollis dépouilloient leur audace; Qu'aux accorda d*Amphion les pierres se mouvaient, El sur les murs théhains en ordre s'élevoient. boil.
11 n'en est pas de môme des présents voient, croient, ^yhirntp essaient, paient, dans lesquels Ye compte l'our une syllabe. Les pluriels allient, oublient, fuient, opituinit, etc., forment pareillement une rime fémi-
(> choix me désespère, cl tous \e désavouent ; La pait:e est rompue, et les dieux la renouent! R >xe s4^mMe vaincue, et, seul des trois Aibains, Cimare en mon sang n*a pas trempé ses mains, cobx. Mjh bientùl, malj*ré nous, leurs princes les fa//i>fif ; Lrur couriige renaît et leurs terreurs s'oultlient : I2 h r.t#« de mourir sans avoir combatlu k'u'tti leur dèsonln», et leur rend leur vertu, m.
IjL rime est rirhr ' ou su/Jisantc. Klle est riche quand HU présent*» non-seulement une eonsonnance, mais encore toute une articulation : père, prospère; vers, éirert; jHiisiMr^ risihlr; enfant, triomphant, etc.
La rime sudîsante offre une ressemblance de son, mais non d'articulation : soufiir, désir; recevoir, es-- ^'tr, uni (je, partage; sensible, risihte; (lou,r, nous, ■***tt, etc.