‹ Traité de versification françaiseChapitre 9 sur 212 · V . « (r«i.kj-|iii .rv I ir iH JilAd r>t kU(4*r»<H-ur kjic · texte numérisé non relu

V . « (r«i.kj-|iii .rv I ir iH JilAd r>t kU(4*r»<H-ur kjic

I ; «4^ • ^iiiv au ni» i« j' io«f l'un u>mu^ d<'« piuA «crU. MIL.

te Iti» |wirf«i, ibi dil-rlle,

Aiaiit / toml, tu% «l'aiiiiual ,

lait II t rt prihi'ipal l« ioxt.

• ^' V- ' t^ feu Uu «ullUBC, U IHMe 1.

10 CHàP. I. — TER8 DE DIFFÉRENTES MESURES.

V6rt de 8 syllabes.

Quel astre à nos yeux vient de luire? rag.

Vers de 7 syllabes.

Les pécheurs couvrent la terre, iac.

On nomme pied la réunion de deux syllabes : ainsi le vers de douze syllabes a six pieds , celui de dix syllabes a cinq pieds \

Le vers de douze syllabes est le plus noble et celui qui nous fournira le plus souvent nos exemples. Il se nomme alexandrin *, ou bien encore héroiqucy ou simplement grand vers.

Quelques critiques, eu égard au nombre de pieds ou mitres* j appellent heœamhire (de six pieds) le vers de douze syllabes, pentamètre (de cinq pieds) celui de dii syllabes, tétrambtre (de quatre pieds) celui de huit syllabes.

4. On dit qu'un vers n'e$tpas sur ses pieds, quand 11 n*a pas le nombre» eiigé de syllabes.

2. Ce vers a pris son nom d'un ancien poCme sur la vie d'Alexandre , com-mencé par Lambert li Cors ( le Court ) , et termine par Alexandre , surnommé de Paris (quoiqu'il fût né à Bcrnay) , dans la seconde moitié du xu' siècle. On le trouve néanmoins dans quelques textes plus anciens , mais Tusage en était rare.

3. On nomme aussi viètre la mesure totale d'un vers. On dit : écrire dans tel mètre , c'est-à-dire adopter telle mesure de vers.

CHAPMË M

céSURB, BémSTICHB.

Le mot césure veut dire coupure. La césure d'un ytn est Tendroit où il est coupée Le mot hémistiche vient du grec, et signifie demi-vei^s. Dans Taleiandrin, il y a toujours une césure après la sixième syllabe : k Ters se trouve ainsi partagé en deux hémistiches igaux:

Où suis-je? qu*aj-je fait? | que dois-je faire encore? Quel transport me aaisit? | quel chagrin me dévore? bac.

Le mot hémistiche ne peut s'appliquer qu'au grand vers.

Dans le vers de dix syllabes , il y a toujours une césure après la quatrième :

Rionf», chantons, | dit celle troupe impie, rac.

Les autres vers n'ont pas de césure exigée.

Quoique le vers alexandrin puisse se couper en diff<^feDts endroits y et par conséquent avoir différentes churesy nous entendrons par ce mot la césure par wcellence, c'est-à-dire celle de l'hémistiche; de ^me, dans le vers de dix syllabes , la césure sera toujours le repos placé après le second pied. Pour 'es autres césures du grand vers^ césures variables ^t arbitcairesy nous nous servirons plus tard des mots ^^upe^ suspension.

Les règles que nous allons donner pour la césure

du grand vers seront applicables au vers de dix syllabes.

11 n^est pas nécessaire que le repos de la césure soit marqué par un signe de ponctuation. Boileau a donné le précepte et Texemple dans ces deux vers :

Que toujours dans vos vers le sens, coupant les mots, Suspende rbéroistiche, en marque le repos.

Voltaire a tracé la même règle avec plus d'étendue:

Observez r hémistiche, et redoutez l'ennui Qu'un repos uniforme attache auprès de lui. Que votre phrase heureuse et clairement rendue Soit taniôt terminée et tantôt suspendue : C'est le secret de Tart.

D'un autre côté, le cas se présente souvent où la césure serait insuflisante , bien que le troisième pied fût terminé par un mot complet. C'est là un des points les plus difficiles de la versification française. Pour Téclaircir, il est nécessaire de parler de Vaccent tonique.

On appelle accent tonique ^ ou syllabe t/'ap/)ui *, la syllabe d'un mot polysyllabe sur laquelle la voix s'élève. L'accent tonique existe dans toutes les langues: en français, il se trouve toujours sur la dernière syllabe quand elle n'est pas muette , et sur l'avant-dernière, ou pénultihne^ quand la dernière syllabe est muette : soldat ^ drapeai/; guerre^ armes*.

i. Le p. Mourgucs se sert de ce mot dans son cstiiuablc ouvrage ( Traité de la poésie française)^ dont J*al souvent profité , et que la plupart des auteurs qui ont écrit depuis sur cette matière ont copié, sans le citer. Mourgues a entrevu le rôle important que l*accent Joue dans notre versification ; mais il n'a pas creusé sufllsamment cette idée féconde , et son cxposiyon est incomplète.

2. Il faut bien distinguer, en français, l'accent tonique de l'accent écrit. Ces deux accents se trouvent qiK^iquefois sur la même syllabi" , comme dans

CÉSClEy HimSTICHE. 13

Utns toutes les langoes, certains mots , surtout des monosyllabes I en particulier les pronoms et les prépositions, perdent leur accent dans la suite du discoure , parce qu'ils se lient par la prononciation au mot suivant. Ainsi dans : Nous sommes, il vient, la rillff par foi, les monosyllabes nous, il, la, par, n'ont pas d'accent, et Ton prononce comme si les deux mots n'en faisaient qu'un .

Mais les mêmes mots pourront prendre un accent »i on les transpose : Sommes-nota? vient-t7? voyez- In \ Pareillement on dit , en faisant la première muette : Tous les hommes; et en accentuant cette muette : Nous y serons tous. On dit encore , sans ac- ^ntiier la préposition : Après ce jour; on Taccentue ^ la fin de la phrase : Un jour apris.

RicLi cÉxÉiALE DE LA CÉSURE. La césurc doit toujoart tomber sur une syllabe accentuée *•

f * LV muet comptant pour une syllabe ne pourra

jamais se trouver à la césure. Ainsi les vers suivants

Seraient vicieux :

L lozrat il m^ lai$»e cet embarras funeste... Mai4 bietiUk les prêtres nous ont enveloppés.

' %i'. Mfr^t, Mù% ordiiuirrinrnt Tarmit (onifiiM* nr ne marque par aucun •«*^. \fmrh^9Êr(ck% mt^tnr il n*n4 pan Mir la syllabe suroMMit^ d*un arcrnt VsM* dm* pdture, Irmotn, dfnoAmenI, Tacrcnt tonique e%l sur la syllabe 'M mut rarr*-ntuaiwin.

I fin rraiarqiK*ra que te oiot rtenf a pi'niu Aon accent, ainsi que la finale ^ r«y#2. n %r»|ile que f lenf-f/ «oit un (ll^>llabe, et toyes-ta un tiisyt- •«tir. D» wi^ir dommes-nouM'Itt r%i un mot «le quatre syllabes.

[f^mA If ptttmnm je doit ^tre transposa* , Il reste muet et ne prend pas ^«rrv»t . Mats II rn donnr un a la «)llabe pr^iHlente : aim/-)e , àuu^je.

1 \m^t la noie a la fin du «f»lunie.

44 cpÀPiTAE M.

llp dey^enpent réguliers si Ton met^ en trap poswt :

Il yii0 Ifiifoe, Vingrat, ce| embarras funeste, bac. Mais les prêtres &ientd< nous ont enveloppés. id.

L^ muette, placée à la césure, doit toujours et élidée y c'est-à-dire se perdre sur une voyelle plac immédiatement après, comme dans ce vers ;

Oui, je viens dans son tetjfiple adorer l'ÉterneL bac.

11 faut biep prendre garde de supprimer dans m99ure la muette de Thémistiche, quand elle est si vie d'upe consonne. Ainsi le vers suivant est fau]i

On peutencor vous rendre ce fils que vous pleurez.

11 a une syllabe de trop K La faute disparaît Ton met :

Ou peut vous rendre encor ce fils que vous pleurez, bac.

Les terminaisons muettes en s ou nt^ dans les noi et dans les verbes, comme livres, joies, tu livre viennent, emploient^ ne seront jamais admises à la < sure, par la raison qu'elles ne peuvent s'élider. 11 fa excepter les terminaisons en aient, comme venaien viendraient, dans lesquelles les trois dernières lettr sont supprimées par la prononciation ', et par com quent ne sont pas comptées dans la mesure :

Les prêtres ne pouvoient sufDre aux sacri6ces. bac.

2** On ne peut séparer par la césure des mots q la prononciation et la grammaire unissent, cornu Tarticle ou Tadjectif possessif d'avec le substant

i. Voyez, à la fin du volume, la note 2.

2. Le t final sonne à la vérité devant une voyelle , mais il n'y a pas addit d'une syllabe.

CÉSURKy HÉMISTICHE. 15

la préposition d'avec son complément, les auxiliaires d'avec les participes, plusieurs mots formant une expression composée, comme rendre raiion, porter ombrage, etc.

Ainsi les vers suivants seraient défectueux :

Et redire avec tant de plaisir les exploits. Redire avec ianXdê plaisir tous les exploits.

La raison en est que les mots tant, de, ne sont pas accentués. Le vers deviendra correct si Ton met:

Avec tant de plaiiir redire les exploits. SAo.

Pareillement il n*est pas permis de mettre :

Vous pourrex bientôt lui prodigoer vos bontés.

Mais Ton mettra bien :

Vous lui pourrez èttti/dl prodiguer vos bontés. lAC.

Pour faire sentir la règle de Thémistiche, Voltaire a fait à dessein ce mauvais vers :

Adieu, je m'en vais à Paris pour mes affaires. D'après ce qui précède, on trouvera la césure trop faiblement marquée dans les vers suivants :

A rinstant que f aurai vu venger son trépas, aoraou.

Ma foi, le plaisir est de finir le sermon, doil.

Un tel mot, pour avoir réjoui le lecteur, m.

Tout a fui; tous seson^ séparés sans retour, rac

Si la mort ne vous eût enlevé Polynice...

Eh bienl mes soins vous ont rendu votre conquête..,

Je vous ai (/«mand^ raisoif de tant d'injures...

Seigneur, si j'ai trouvé grâce devant vos yeui. id.

Tout ce qui peut vous faire obstacle à vous sauver, mol.

Disant ces mots, il /iai7 connaissance avec elle, la font.

3* La césure est insuflisante quand une partie du second hémistiche est remplie par un de qui dépend du premier. Elle Test également quand le second

hémistiche contient un adjectif se rapportant au non on un nom se rapportant à Tadjectif qui précède :

Ainsi que le vaisseau des Grecs tant renommé*, rbgmeii. Lorsque plus d'un désir de liberté me presse, théoph. La pitié, qui fera révoquer son supplice, N'est pas moins la vertu d'un roi que la justice, rotrou. Les quatre parts aussi des humains se repentent, la foxt. Bien plus, si pour un sou d'orage en quelque endroit... Qui parut un morceau de rocher à ses yeux. id. Et je brûle qu'un nœud d'amitié* nous unisse, mol. Jupiter et le peuple immortel rit aussi, la font. Ma foi, j'étois un franc portier de comédie, rac.

V La césure est bonne quand le sujet (autre qu'ui pronom) est séparé du verbe, le verbe de son régime Tadjectif ou le participe de son complément, pourvt que ce complément remplisse la fin du vers :

Je vois que l'injustice en secret vous irrite, rac Avant qu*on eût conclu ce fatal hyménée... Où me cacher? fuyons dans la nuit infernale... Dieux ! que ne suis -je assise à Tombre des forêts! id.

i. La Harpe blâme une seconde ëpitliète rejetée dans le second béoii' sUcbe. Il critique dans le vers suivant le défaut de césure : Au recoar» inutile et honteux des serment, tolt.

S. La césure serait bonne si TadJecUf était au pluriel , en sorte que le complément remplit le vers :

Ainsi que le TAissetu des Grecs tant renommit. Ou si des Grecs était le régime du participe : des Grecs tant admiré. On peut tirer de la règle d-dessus éublie une remarque pour l'inteUlgenc« des poeirs. Dans le vers suivant de Corneille :

Non que nos cœurs jaloux de sa gloire s'irritent ;

il est évident, d'après les exigences de la césure, qu'U faut Joindre s*irriteni de sa gloire, et non pas jaloux de sa gloire,

3. Voltaire , critiquant une pièce qui avait paru sous le titre de SourelU épUre de Boileau , rappelle le passage de VÀrt poétique sur riiémisticlie , et Toppose aux vers suivants :

Dans ce nombre effrayant d'auteun , dont les écrits Menacent chaque jour d'inonder tout Paris.

Voyez, à la fin du volume , la note 2.

<:ÉSUR£, HÉMISTICHE. 17

j'Les auxiliaires peuvent ôtre dans un autre hémislirhe que le participe et rattribut, pourvu qu'ils lie se irouvent pas précisémentà la césure :

El le jour (t trois fgiathaiisd la null obscure, bac. /uidessavans devins «ifenJu la réponse., , Oui, ce uml, cher ami, det momlTts furieux. lo. El fut de ses siijels le lain^u^ur el le père. volt.

0° Si le complément de la préposition de, si un adjectif el son compléroent, ou si plusieurs adjectifs nœpligsent le second hémistiche, la césure est légitime :

Ai-lu itaaché ]e ciMK d'une si Mk vit? n\c.. CotnmBiido nu plus beau sang de la Grèce tt des dieuj:... Poufseau monstre, el d'un dard lancéifune main sûrt... (^(IKvl-il des plaisirs IranqvilUs et parfaitt? lo. Sriablit dans un bois écarU. «olifairr. la font. Dépendre d'une humeur fi^e, brustjae el volage, w.

î* Nous avons vu combien était choquante la préposition à placée à la césure. 11 en est de même des prépositions pour, dans, sur, pur, etc. Mais les prépositions après, dcvatit, malgré, el quelques autres Clément disj'Uabes, sont tolérées à l'hémistiche :

Si loDlrtoi», apré' ce coup mortel du sort. cobn. Je me jetle au-ikpant du coup qui t'assassine, m. Le tev sort à traiieri ses prunelles humides. BOIL. ^ SouBnrex-vousqii'd/N-fs l'avoir percé (le coups. b*c. ^M J'y suis encor. maUjré les infldiHilës. id. Stn en est de même des adverbes plutôt, sitôt, ainsi, loin, etc., séparés de leur complément par la césure, et aussi de quelques conjonctions:

A}oulei-y, pluttil que d'en diminuer, i ^ Aimer la gloire autant que je l'aimai f BmbfM« loui, tiidt qu'elle

ii-m*me. r

! Narcisse', tandis qu'il n'est pas de Romains, elc. id.

Mourir en reine, ainsi que lu mourras en roi. rac. Ils s'arrêtent non loin de ces tombeaux antiques, id. Et je mourrai, plutôt qu'un autre ait votre foi. volt.

8® Des mots ordinairement privés d'accent, comi après, avec, deviennent quelquefois accentués : c' lorsqu'ils sont employés sans complément. Us pc vent alors se placer à la césure :

Et n'employons après que nous à notre mort. corn. Il avdt dans la terre une somme enfouie, Son cœur avec, n'ayant autre déduit' Que d'y ruminer jour et nuit, la pont.

Nous parlerons plus loin du cas où IV muet, de nant accentué, peut être admis à la césure.

Remarque générale. Dans les genres soutenus, V est bien plus exigeant pour la césure que dans genres simples. La comédie, Tépître familière, conte, se contentent de césures que Tépopée, la ti gédie^ Tépître sérieuse, trouveraient insuffisantes.

Voici quelques exemples de césures assez faib ment marquées, mais que fait pardonner la nati des ouvrages où elles se trouvent :

Sans commencer par où vous devez achever*, corn. Mais il n'importe : iXfaut suivre ma destinée, mol. Dieu me damne! voilà son po: Irait véritable... Et je ne sors qu'après que vous serez sortis... Et près de vous ce sont des sots que tous les hommes... Mon frère, vous serez charmé de le connoUrc. lo. Crois-tu qu'un juge n'ait qu'à faire bonne chère? rac. Quand ma partie a-t-elleéié réprimandée? lo.

4. Vieux mot qui signifie occupation agri^ablc, divertissement , p1a\ 2. Dans le Menteur, c Le premier hémistiche, dit Voltaire, ne serait

permis dans le style élevé ? c'est une licence (|u*il faut prendre tr{^s-rareii

dans le comique* »

CÉSURE y HÉMISTICHE. 19

Lorsque je vois, parmi tant d'bommes différens. bac. Voyez cel autre, avec sa face de carême '. id. Elle et moi, n'avons eu garde de Toublier. la font. Je me sens né pour être en bulle aux méchans tours... La cief du coffre-forte/ des cœurs, c'est la même. lo.

Le vice était étranger dans mon cœur. volt.

Le meilleur est de rire sans pincer, rouss.

I • Tous ces exemples sont pris dans let Plaideurs»

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