Instrument de musique
QUANTITÉ 8YLLABIQUE. 307
Lui rapporta son sena dedans une fiole, dbsportes. Regarde bien ceiie fiole^ci. andhieux.
Telle est la quantité indiquée déjà par Sibilet. Toutes ces autorités, fondées sur Tanalogie, doivent l'emporter sur celle de Regnard , qui a dit :
Prends la fiole, ou... je crains en ce désordre extrême, etc.
Ions. — Primitivement la désinence ions dans les verbes était toujours monosyllabique. Devrions ne différait pas de élevions, pas plus que devriez ne différait de deviez. Ex. :
Que, pour la voir, mourir devrions vouloir, mabot. Leurs corps iroient où leurs cœurs vont, Et nous nous plaindrions comme ils font, sx .-gelais. Et nous devrions rougir de vous prêter des armes, godeau.
La réforme sur ce point devait avoir lieu avec celle qui avait fait iez de deux syllabes quand cette terminaison était précédée de deux consonnes :
Nous romprions ensemble avant qu*il fût deux Jours*, cor.n. J'aime qu'avec douceur nous nous montrions sages, mol.
Oé. — 1"* Dans les mois poètes, poème, poésie^ la bivocaie forme deux syllabes. Cette quantité a été pratiquée de tout temps. Cependant au xvi* et au xvu* siècle, il s'est élevé de rincertitude à cet égard : certains auteurs ont traité ces deux voyelles comme une diphthongue ; d'autres même ont cru pouvoir faire usage de la double quantité :
Homme nommé /)oè'/6 et artien*. martin lefranc.
Grands orateurs, ei poêles laurés. grjétin.
Poëtes bons et bons musiciens, le maiee.
Bn 800 vivant des poêles le chef. i. maeot.
Car bien peu sert la gente poésie, marot.
Les renommés vieux poëtes gailiques...
Poétiser bien mieux que moi savez, id.
La grecque poésie orgueilleuse se vanlo. nr bellav. Rebruire les chansons de ces divins poètes, ronsaru.
I. Ce >crs esl de l'aunëe 163Ô : par connéquent Texeiiiple de Godeau v5t l>oMérieur. L'autorité de Corneille n'était pas encore établit. 1 Sa\ant.
308 KOTES.
Rendent ieâ bouches muettes De nos malheureux iwèï^s. ronsard.
Qu'ils recherchent la loi des affétés poètes, d*aubigné. Et bannit désormais Pbébus De la bouche de nos poètes. Théophile.
Cependant je m'en vais méditer un poëme. DESJUtsTS. Là les plus renommés poètes, BOisaoBEar.
Dès le milieu du xvi* siècle , Sibilet avait assimilé la diérèse de poète à celle de Noé.
Voici , maintenant , des exemples de l'altération que j'ai signalée :
Pour abuser les poeUs'j^ suis née. konsabd.
Le pûëtê heureusement bien né,
Par la nature endoctriné, m.
Des ordures des grands Xepoëte se rend sale, d'aubiuxâ. Nul poète ne s'est vu tant osé d'entreprendre, baïf. Je ne sais quel démon m'a fait devenir poëto. régmies. Comme un poète fameux il se fait regarder, corn. Mais faut-il s'étonner qu'un poèïe qui se loue... . Me fit devenir poète aussitôt qu'amoureux. lo. Tout vient dans ce grand poème admirablement bien. th. cok.n. Les poètes au parterre en parlent autrement, id.
Les traits dans sa fable semés
Ne sont en Touvrage du poète
Ni tous ni si bien exprimés, la font.
À la foiblesse du sculpteur
Le poète autrefois n'en dut guère, lo.
On s'étonne que De Lacroix cite encore ces mots pamii ceux que Ton peut faire de deux ou trois syllabes, suivant la commodité ou la fantaisie des poètes. Ceiie quantité ne devait plus être douteuse alors : Boileau seul aurait suffi pour la fixer. Ex. :
De quel air il falloit que fût fait le poète, mol. Et je ne puis vouloir, dans mon destin fatal,
Aux poètes assez de mal
De leur impertinence extrême...
Que voulez-vous faire à cela?
Les poètes font à leur guise, id.
Si bon aâtre en naissant ne Ta (orme poète, boil.
OUANTITtf STLLABIQUK. JMK)
Au même insUiiit prend droit de se croire poëlê» . . Surtout de ce|»ifimé il btnnit la lioenoe. boil.
Pour metrouTer, à mon réveil,
Salué du nom de poiftê, cHAnuBr.
Ce n*est pas d*aujourd1iui que meitieurt IfSfioèlef . iotm. Ne m*abandoBnei pat pour un autre poUlê. tolt.
S* Moelle, qu'on écrivait aussi Monelfe, a été de trois syU tabès , suivant la règle générale :
N'eût allumé dans mes froides atonsUst
Le iwi vengeur de ses flsmmss crueUss, wo bblut.
Et quelle fièvre ard * toute ma mûnsO». aonsMia.
Que je n'ai plus en mes veines de sangi
Aux nerb de force, en mes os de mwmU9. m*
Couvertes de leur test, jusques en leur msnells. BAlr.
Vien» corps tout épuisé de sang et de momMi, lâcaii.
11 était naturel que ce mot fût d*aboid trisyllabe : ainsi il se rapprochait davantage de sa racine , meduUa. Mais lapro- ODodation devait l'abréger, comme tant d'autres. Deipuis longteaips il n'est plus que de deux syllabes :
Dame justice et ses suppéts
Nous tirent la nuMe des os. lUTNAan.
J^ lite votre habit : Tétoflé en est moêllêuâe. mol.
Que chacun prenne en main le moeUêux Abéli. aoiL.
Dès le xvr siècle, Sibilet blâmait ceux qui faisaient la diérèse wumMe, ffmeî, au lieu de moelle, foét (c'est ainsi qu'il écrit).
3^ Boite, eoijfe, qu'on écrivait il n'y a pas encore longtemps boêie, eoêffe, commencent par une dipbtbongue :
La bonne eoî/f« convint si empiri^r*.
Fraîche, en bon point, et noblement oot/fée. MAaoT. S«» eoifê promptement, ne lui chsult te psrer. rrasAc
Baeor tapi dessous sa coiffé verte, a. nasrÉaiKSK. l'n escadron ooiffé d*sbord court à son side. soil. le t^oi oot coiffmr0, en H^pit de la mode. etr. mol.