Qui nVut vaillant ni plat
*2. Jt' mets ]o iiV'nia pour farilitor la lorturr. — Se rourner, reUWissersi roho.
QUANTITÉ 8YLLABIQUE. 315
Misérable qu*il est, se condamne lui-même A fwfr et mourir, malh.
N'a point eu de meilleur remède Que de fuyr et se cacher, id.
Pour fuyr un si beau danger Je n'ai pas une âme assez basse, lestoilb. Nous ne saurions /*a^r^ les rois courent partout, thàopii. Je trouve beau le désert que j'habite, Et connois bien qu'il faut céder au temps, Fuyr l'éclat, et devenir ermite, maynahd. Pour /uyr d'un grand roi la colère sanglante, godeau. Comme du ciel serein on voit fuyr les nues, segrais. Souvent je me résous de fuyr ses appas, gombaud.
Fuir est indiqué comme de deux syllabes dans la poétique (le Sibilet. « Malherbe qui avoit Toreille bonne, dit Ménage, a toujours fait fuir de deux syllabes , eifuU d'une syllabe ; et en cela il a été suivi par plusieurs poètes célèbres, et approuvé par Vaugelas. »
« Fuir, dit La Harpe sur le vers de Maynrad , était alors de deux syllabes. L'oreille apprit depuis à n'en faire qu'une. *» Mais il est bien probable qu'en faisant jadis la diérèse, on suivait également le conseil de l'oreille. C'est la prononciation qui a changé : elle est devenue plus rapide.
Rien de mieux étabU maintenant que la quantité du mot fuir. Corneille paraît être le poète qui l'a fixée :
Fuir comme un déshonneur la vertu qui le perd. corn. Tu peux bien fuir mes yeux, et ne me voir jamais. iD. Vient des'en/iitr, chargé de sa seule misère, boil. Et mes derniers regards ont vu fuir les Romains, eag. lit tout ce que je fais pour en fuir les rigueurs, mol. Lune fait fuir les gens, et l'autre a mille attraits, la pont.
Aux prétérits : je fuySj }s\fuy, les anciens comptaient deux syllabes :
Si compagnons en sont fut, (bbut.) Mais 11 reis fu vaincu, et ses Daneis fuirent, (aor.)
For ceo sommes à vous ^t . bsnoist.
Je m'en fws jusques à Rome. ( jusinal.) Mais quand on dut le prendre, tantôt s'en est fui. ( la.)
S'en fuirent à celle fois. ( iomam de la looi.) Puisque mon mal s'en est par vous /but . mscmifOT. Tournent le dos, jusqu'à Bresce fuyrenU j. vaiot. Le Nil/uyt, effrayé du meschief, Au bout du monde, et retira son cbief. mabot. L'âme en baisant qui s'en fuyt de moi. bonsab».
L'Académie reprocbait encore à Corneille d'avoir fidt monosyllabe le participe /tff :
Je ne puis te blâmer d'avoir fui l'infamie.
« Fui, disait-elle , est de deux syllabes. » Voltaire répond : « Fui est d'une syllabe, comme lui, bruit, cuit. »
A la fin du xvii* siècle , De Lacroix rangeait encore les mots futr, fui, parmi ceux dont l'usage n'est pas encore déclaré pour le nombre des syllabes, tant les autorités les plus légitimes ont de peine à se faire accepter.
Mais trente ans auparavant , Port-Royal avait fait cette judicieuse observation : « On demande si fuir à l'infinitif, et au prétérit j'at /t/y, est d'une ou de deux syllabes. Hais, quoi qu'il en soit pour la grammaire, les poètes ont raison de ne le faire que d'une syllabe , puisque l'oreille , qui est le meilleur juge de ces cboses, n'en est point choquée; et qu'au contraire , elle le seroit extrêmement si on le faisoit de deux syllabes, et le vers deviendroit si languissant qu'il seroit impossible que ce mot si nécessaire entrât jamais dlans la poésie.»
D'après Corneille, il y a diphthongue au prétérit, comme au présent de Tinfinitif.
Quant aux autres temps : je fuis (au présent), je fuirai, fuyant, etc., la synérèse a toujours eu lieu :
Pour Dieu, vous pri que ne seiez fuiant, ( rolamb. ) S'il a bataille, il ne s'en fuira mie. (le.) A un port dessurmer s'en est fuiant tourné, (nor.^ Vous fuiez trop vilainement, (brut.) S'en fueient es fortelesces. brnoist.
Autresi comme oisel s'enfuit devant faucon. nroN de vim.f.\. En aucun grand désert m'en fuirai égarée, (jubinal.) Pauvreté tous nous fuit et trace, villon Ne me haïr, si je fuis mon contraire, m^rot.
En vojaDt le bateau qui s'enfuyoit de moi. aoNâAiu). Ainsi fuit la gloire du inonde, xalh.
A plus forte raison les poètes postérieurs à Malherbe ofl'rentib eette quantité.
U en est de même du substantif fuite, dont la bivocale a toujours tàii une seule syllabe, et de l'adjectif /tiiï>/, qu'on trouve encore au commencement du xvi* siècle : fugitif est un mot de seconde formation et calqué sur le latin par les «rrants:
Amena de Troie fuitis. (bhut.) Chassés, fuitis et essiiliés. bekoist.
Peureux, fuitifs, là et deçà piles, martin lkfbanc. Les fuitifs de la ville n'y avoieni laissé rien. j. marot.
2^ Juif a été longtemps disyllabe :
Le Juif et l'enfant allèrent en l'église, (jubinal.) Une Juive avoit en icelle assemblée, cuvelier. Lors des Juifs environué. guilleville.
Et les Juifs indigués
Demeurent fols obstinés, alain chartier.
Adonc allez sus les Juifs. Christine.
Bien montrez au Juifs infâmes Remplis d'opprobres et diffames, etc. crétin.
Mais, malgré ce dernier exemple, on doit noter qu'au xv« siècle , Juif était monosyllabe * :
Il eut jadis un Juif en France :
Au roi avoit grant accointance. (jubinal.)
Plus animés à faire leur emprise
Que Juifs à faire en Jésus-Christ leur prise. J. mabot.
Or les corbeaux sont les Juifs exilés, marot.
Sibilet range ce mot parmi les monosyllabes , et blÀme les poètes qui lui donnent l'autre quantité. 3** Il y a synérèse dans les mots juin ei juillet :
Le premier jour de juin, qui fut le lendemain, j. marot.
Mon septembre est plus chaud que mon jum de fortune*, ronsaru.
1. Villou a employé cette quantité dans Un vcn» quMl n*est pas pcmiia de citer.