ÉLISIONS ANCIENNES
Lequel maître Guy Tablerie Grossoya, qu*êst hom véritable, villon.
Par trop aimer ce qu'à Tàme est contraire. mbsChinot. Et celle du pronom tu :
Tes une voie sans issue :
L'entrée est parée et vêtue, etc. (JunNAL.)
NOTE 7 (page 58).
Rien de plus fréquent chez nos vieux poètes que Ve muet final compté pour une syllabe. Aussi me paratt-il suffire de citer Ronsard et les écrivains postérieurs :
Marie, qui voudroit votre nom retourner, ronsakd. Je liai d*un filet de soie cramoisie...
Sentir en Tautre une joïe nouvelle...
Ange divin, qui mesplayes embames*...
En pluie d*or goutte à goutte descendre, id. Et guidant vers le Rhin une armée plus grosse, du bellat. Je ne te prie pas de lire mes écrits, liais je te prie bien de faire bonne chère, id. Qui la traite et nourrit en gaie liberté, baïp. Alors d*un vol fourchu les gruea passagères, id. Lorsque j'écris ces vers, il faut que Ton ne pense Que, trop audacieux, je n*aie connaissance, desportes. La vertu n'est vertu, Venvie la déguise, rég.nier. Que sans lui les humains ici ne voyent rien. id. Je t'aie tant de fois en vain sollicité. TnéoPB. Ils croyent que le vin m'ayant gâté Thaleine. id.
Malherbe avait rejeté avec raison cet emploi de ïe muet ; cependant il reparaît encore pendant la première moitié du xvir siècle :
Des vagues qui bruyent au port, matnard. S'ils esMyent ce que je puis...
i. Embaumes.
S98 NOTES. -^ E MOËT ttlIAL.
Tes yeux investis de cire
Ne voyent goutle en plein air. EATNAftD.
Empiofê ton épée à cet acte d*amour. MAiliKt.
On leur fait admirer les 6ate5 qu*on leur donne. c6AN.
Anselme, mon mignon, cne-t-elle à toute heure, mol.
Ah ! n'aie pas pour moi si grande indifférence...
Ce que voyent mes yeux, franchement je m*y Ge...
Ils croyent que tout cède à leur perruque blonde...
La partie ' brutale alors veut prendre empire, id. Ma pie qui des mieux caquette, sgarron. Verse-m'en donc, et noyé do ta main Dans sa mousse qui pétille Les soucis du lendemain, chauliei}.
M Les anciens , dit Port-Royal , qui n*ont pas ob^rvé cette règle, ont fait des vers qu'à peine peut-on prononcer, comme on voit en ceux-ci de duBartas :
Aux rais de ce soleil ma vue s'éblouit... Frénésie qui fait le vanteur insolent... Des parties d'en bas la chaleur attiédir. »
Voltaire , qui a relevé plusieurs fois cette faute dans les premières pièces de Corneille, dit, à propos du vers précédent , qui est dans le Menteur : « Il faut éviter soigneusement au milieu des vers ces mots baies, haies, et ne les jamais faire rencontrer par des syllabes qui les heurtent. On est obligé de faire baies de deux syllabes, et ce son est très-désâgféable : c'est ce qu'on appelle le deminhiatus. »
Apocope. — Nous allons passer en revue les principaux exemples A' apocope, ou suppression de Ve muet final , qu'on rencontre dans les vieux poètes.
1° Us faisaient souvent corn monosyllabe , au lieu de comme:
li Tous ces exemples sont pris dans les premières pièces ds MoBèfê*
Ua grand seigneur, si c&m la chanson dit. (GAàiiv.) Bien 16 voudroit Pépin, ainsi com j*ai i'eepoih (iiATHt.) En icelle manière, com vous m'orrez décrire, (oautbibr.) Et com grant seignorie il auroit à tenir, (albxandrb.)
Com plus allèrent plus prenant, (bbut.)
De poisson autant com de crème, rutebeuf.
Si com Tulles le détermine. ( n. de la bose.)
Vêtus rouge com* vermillon, yillon.
Com* par avant étoyent occultées, le maire.
Aind à qui lui platt, com' faut croire, babelais.
On trouve anciennement, hom ou hon, pouvant vittiét àfdc un mot en on :
Grant demi pied mesurer y put hom, (boland.) Bien semble que il soit hardi et gentil hom; Le corps a il petit, maisgente a la façon. ( Alexandre.) Moult iout* colps donnés, moult i orent hons morts, (bôû.) Il n'est hom qui le péust croire. cHRisriifs. Lequel maître Guy Tablerie Grossoya, qu*est hom véritable, villon .
Par pauvreté en sa maison :
Tu ne trouveras jamais hom. meschinot.
Cette apocope avait presque entièrement dilpani au XTT siècle. En voici pourtant un exemple de Marot :
Bacchus la vante *, et dit qu*elle est séante, Et convenante à Noé le bon hom.
Pour en tailler la vigne en la saison.
Le pronom indéfini on et le nom propre Proudhm^ PrUd'hon attestent cette prononciation ancienne. Pareillement on disait mont ou mons (monde, mundus) :
Cette pelote montre que conquerrai li mont. (Alexandre.) Ne voldrent mie aller à exil par li mont, ( rou.) Par venin do péché est li mons décéu. (jubiiul.)
Pour cueillir doux fruits en ce mont, crétin.
C*était là un archaïsme du temps de Crétin : le xvi* siècle ne Ta pas reproduit.