‹ Traité de versification françaiseChapitre 134 sur 212 · N0TE · texte numérisé non relu

N0TE

Qui non pourtant jette ses grift^ pointus.

Cl. Uarot évite généralement cette foute. On s'étonne de b trouver après lui :

En celle joumé' désirée. HAïr.

Et montre avec toi la vi' chère,

Faisant honnête et bonne chère, st.-gblais.

Mon cœur frémissoit sous la peine,

A vu* d'œil mon teint jaunissoit. aioNiBB.

L'agneau sur l'herbe courte, et le doux chévrefeuii

Est suivi de la chèvre, et le bois du chevreuil, eonbaad.

L'^'s'enrouille au croc, et Fesprit au repos, ptbiac.

Les flots contre les flots font un remu-ménage. mol.

Je pousse, et je me trouve en un fort à l'écart,

A la queu^ de nos chiens, moi seul avec Drécar. id.

C'étoient deux vrais tartufs, deux archi-patelins. L4 font.

Bon I jurer! Ce serment vous lie-i-ïl davantage?... Compagnie d'homme. Hippocrate ne fait...

Et prétextoit ses allées et venues. lo.

Ronsard a formulé sur l'apocope une règle hardie , que l'exemple ni des anciens poètes ni de Marot n'autorise. Chez ses devanciers, Ve muet final, hors des cas précédenunent indiqués , a toujours conservé strictement sa valeur.

Le précepte de Ronsard est curieux : il rend compte de plusieurs passages que nous avons empruntés à ce poète et ï son école : « Tu dois aussi noter que rien n'est si plaisant qu'un carme bien façonné , bien tourné , non entr'ouvert ni béant. Et pour ce , sauf le jugement de nos Aristarques\ tu dois ester la dernière e féminine tant des vocables singuliers que pluriels qui se finissent en ée et ées, quand de fortune ils se rencontrent au milieu de ton vers. Exemple du masculin pluriel : Roland avoit deux espées en main. Ne sens-tu pas que ces deux espées en main offensent la délicatesse de l'oreille ? Et pour ce , tu dois mettre : Roland avoit deux espa

i. Il connaissait pourtant la véritable orthographe :

Lion rtmpant, jetant tes griffu fières.

) On voit que Ronsard entendait f^lre tme réforme.

ÀPO€OPE. 409

en la main, ou autre chose semblable. Exemple de Ve féminine singulière : Contre la troupe Énée print sa pieque. Ne sens-tu pas comme derechef Énée sonne très mal au milieu de ce vers? Pour ce, tu mettras : Contre la troupe Ené' branla sa picque. Autant en estril des vocables terminez en oue et ue, comme roue, joue, nue, venue, et mille autres, qui doivent recevoir syncope ' au milieu de ton vers. Si tu veux que ton poème soit ensemble doux et savoureux, pour ce tu mettras rou',jou*, nu', contre l'opinion de tous nos maistres, qui n'ont de si près avisé à la perfection de ce mestier. »

Syncops. — Après avoir parlé des mots accourcis par la fin, il convient de dire quelque chose de ceux que nos anciens poètes abrégeaient par le milieu. On appelle syncope la suppression d'une syllabe, ordinairement muette, dans le corps d'un mot.

l"" Donrai (très-anciennement durrai) et ses composés, pour donnerai, etc. La première conjugaison suivait la règle des trois autres, et le futur n'avait pas plus de syllabes que le présent de Tinfinitif. Ex. :

Vos H durrez ours et lions et chiens, (roland.) Je vous donrai Blanchefleur au clair vis*, (garin.) Et vous donroie par égard, (brut.) Et de trèstout son règne ii donra la moitié, (rou.) Si donrons nos oslages, et les lor prenderons. (alexandri.) En riant dit la dame, de l'argent li donroit. (jubinal.) Jà ne lui fMtrdonrai la foi qu'en ai eue. Baudouin.

N'y donroie moins de deux marcs, (méon.) Il ne les donroit pas si tôt. coquillart. ils lui donront un échec si terrible. J. harot. Je te donrai un bœuf et une vache, harot. Que lui donrai, pour mieux le retenir, saint- gelais. Je lui donrai, ne pouvant faire moins, baïf. Jà riante en son cœur lui donra^ la victoire, régnibr.

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