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DIÉRÈSE. 421
Ici IV dispnrnt de la désinence plus tôt que dans le cas précédent.
4* On disait féist, méist, véistes, bénéir, méisme, pour// ou ///, mtt, vitcs, bénir, même. Ici encore Tétymologie est plus sensible : on voit dans féist le latin fecit, fecisset, et dans méisme Titalien medesimo, medesmo, Ex. :
Là véimez si grant dolor de gent. (roland.) Qui de son cors féisi tantes proesses... Ne laissera que nos ne hénéisse.,, Noncièrent vos ces paroles méismes, (ib.) Là véissiez de clercs plus de trois mils, (garin.) Là véissiez lancer et traire, bbnoist.
Dont véissiez bataille grief, (brut.) Par amor ou par force altres terres préissent. (rou.) Alexandres méisme commence à sopirer. (Alexandre.) Et la vieille méisme y court comme lévrière. (bbrthe.) Kt dit : Contes de Flandre, vous soyez bénéis, Baudouin. Ne féist une chose qui à Dieu péust plaire, (jubinal.) Li diàl : Femme, comment fus tu si enragio Ou*H mort méis ma fille? Je te rendi la vie... Contre François méismement. (ib.) Et noi déist pas à son père, (iiéo.x.) Que je ne vos féisse ardoir. (ib.) Et que doux regard transméistes , Pur lequel vous me proméistes, alain ciiartier. Que vous en chault pour certain s*ils véissent, u. lepranc.
Cette diérèse , déjà bien rare au xv" siècle , ne reparaît pas an xvr.
5** Seoir, véoir, chéoir, pour seoir, voir, choir. Seoir représente plus fidèlement le latin sedere : Ve, devenu muet , est resU* dans seoir, asseoir; il a disparu assez récemment dans voir. Le participe séant a retenu l'ancienne prononciation. Ex. :
Après mangier, alla véoir Pépin, (garin.) Et s*iroie véoir celte gent forsenée. Baudouin. Encor m'est-il avis que je doie véoir Deux dames delès moi dessur Therbe sévir, (jubinal.) Tost les mit jus, s'alla seoir, (ploriiiont.)
Qu'ils ne puissent jamais chéoir. (à. db la aosi.) La bénMte égyptienne, rutebbup.
Et puis seoir 8*en revenoit. alain ghabtibb. Beaux à véoir, à sentir savoureux. MAmTiif LKFmÂi<iG.
Mais au xvi* siècle, la synéràse a toujours lieu, et déjà plus tôt on Tentrevoit :
Quand nous voyons ainsi France dicheoir, ala» chartibb Les faire seoir toutes sous un grani orme, marot.
G"" On terminait en éur, éor, éour, aor, (umr, les noms et les adjectiCs qui sont aujourd'hui terminés en eur. On disait péchéor, ven^r, paor ou poor ou paùur, au Heu de pécheur, veneur, peur, Ex. :
Uencantéor qui jà fut en enfer, (roland.) Jà ne verrai le riche empereur.,, N'eo ad poiir ne de mourir doutance. (ib.) Par le bois va la dame, qui grant paor avoit. (bbbthb.) Et il avoit grant paour de mourir, (garin.) Le venéor et son frère Thierri. (is.) Cil ot sens de répondre, et n'ot mie poour. (albiandre.) Li bons auguréors a fait querre d*Espagne. (ib.) Venir fist ses sortisséors Et ses sages devinéors, (brut.) De bons com6af (^5^ pleins de grant hardement. (roii.) Qui porta le doux fruit qui péchéors rappelle, (jubitval.) Je ne puis : tu m*as dit que donnéors sont morts... Les prestéors, les usuriers, (le.) Si est qu'on doit avoir paor De courroucer son Sauvéor, rdtebbtp.
Car se 11 faux losengéor Âpercevoient vostre amor. (plorimont.) Paour les tient en grant détresse, (r. de la rosb.) D'angoisse etdepaotir eslreint. alai^i chartibr.
Ces diérèses n'existaient plus au xvi" siècle, quoiquixi écrivit encore j^oowr :
Je ne vis plus fors en seurté paoureuse. mbschinot. Le chemin long ; puis devant telle ville Comme je suis, le hardi et paoureux, i. harot. Devant cbaiseurs fuyt toute paoureuse. MARot.
DIÉRÈSE. 423
La diérèse de la bivocale eu se trouve encore daiis.4-ù*ires mots :
De ceste gent maleurée. bbnoist.
^ Et d'estre vains de jéuner.,.
Desur le cours d'Eure vindrent. id.
Ouarante jours entiers oo' désert jéuner. (jubinal.) Qui naîtra sur Loire à Méhun, Qui à saoul et à jeun Me servira toute sa vie. (r. de la rose.)
7* On trouve praérie, chaéne, au lieu de prairie, chaîne :
Et par la praérie mil pavillons et plus, (alkxandhb.) De fluns*, de bois» de praéries, bbnoist. En furent as nefs enveiés Enbuiés' et enchaénés. id.
Ambedui^ sont enchaéné^ :
Dui chaénes chacun d'eux porte, (florimont.)
J'ai encore trouvé dans Meschinot • saeson (pour saison) , mais de deux syllabes.
Pour compléter ce xîhapître, je ferai connaître d'autres diérèses qui ne portent pas sur la lettre e.
8** Hotne ou royne (qu'on écrivait primitivement reine, prononcé reine), haine, traisncr, traistre, avaient jadis une syllabe de plus que nos mots modernes reine, haine, traîner, traître. Nous retrouvons toujours dans ces anciennes formes lin intermédiaire entre la langue mère et notre idiome : re- (jhia, reyna, reine; traditor, traiter, traître. Ex. :
Et la ruine ei Pépin et son fils, (garin.)
Mieux se lairroit traîner à roncins...
Ainsi doit on traïtor chastoyer. (le.) Se gist Berthe aux grans pies dessous une courtine : Diexl que ne sait Constance que ce soit la rdine. (bertiib.)
\. Au désert.