‹ Traité de versification françaiseChapitre 145 sur 212 · Du roman des Quatre fils Aymon, 3. Avec ses paonneaux · texte numérisé non relu

Du roman des Quatre fils Aymon, 3. Avec ses paonneaux

€. Je ne cherche pas à vous en imposer. 7. Vers de dix syllabes coupé au milieu.

A lu duMO où souvent Ta on ,

Prends la perdrix en aeurcté,

Plutôt qu'à dangier le paon, MARTm LEniAprc.

Et un taon [>our émoucber

Le bœuf couronné qu'il Teut Tendre, villon .

Au XVI* siècle ces mots avaient perdu une syllabe :

Saône qui dort, le Rhône impétueux. MAaor. Tiré par paons bien peints et colorés, id.

Tu fuis comme un fan qui tremble, ho^tsaud.

Sibilet indique cette quantité : « En paon, Saâne, faon, il y a une lettre superflue. De même dans saouler. » Les mots saoul, saouler flrent longtemps la diérèse :

Maint en cbaï en Tève, qui son saoul y but. (albxandrb.) Le poulain saoulé de paître, (icbiftal.) Que d'une demée de pain Saoulerait tous mes amis. (aouAifCBRo.) Qui à saoul et à jeun Me servira toute la vie. ( h. de la aosb.)

Mais un changement de prononciation s'est opéré dès if XV' siècle, et la synérèse s'en est suivie :

A son saoul le battit d'une aune. Christine. Or pleurez , riez votre saoul :

Tout cela ne lui sert d'un soûl, marot. D'un autre bien je ne puis me saouler, ronsaud.

Où les Centaures saouh au bourg Atracien. régmer.

Qui non encore saoul ' des biens qu'il a vom. pvrrac.

Les diérèses qui suivent pourraient être rapportées à Vépenthèse, qui est l'addition d'une ou plusieurs lettres dans le corps d'un mot. Si l'on ne considère que le fait matériel, il est certain que les mots que nous allons citer prenaient autrefois une lettre qu'ils ont rejetée depuis longtemps; mais il

4. « Ce u*esl que curieuse supcrsUlion, dit Sibilel, d'écrire paeur, sao^t' 1er : on prononce soulcr. » Kl Melgret : « Nous récri>ons encore en saoler, aorner, là où il n'est nulle mémoire de Va en la prononciatinn. * Mais aorner [adornarc) était un ancien verbe tombé en désuétude : le sinipl'* orner {ornare) ne devait pas prendre cette lettre surabondante. Melgret aurait bien fait de signaler cette ronfuiiinn.

DIÉRËBK.

ivient de ne pas se préoccuper de l'écriture pour ces temps .-ieiis, et (le ne faire atleulion qu'à ta diérèse de la pronantion.

11° Pnr suite du principe, "louvent invoqué, que, dansl'oine de notre langue, tes mots tirés du latin attestent mieux yife cette dérivation . en ce qu'ils conservent le nombre • > syllabes rournî par ta langue mère, l'on disait : verai, auij Il de vrai (ve-rvx), sou.fpeçon (tutpicio), espêrlt ( lai. ^iritia,'4 I. spirilo et spirto. cspagn. espirilo), larrccin (latroeinium)r.m rement [saeramentum), etc. Ex. :

Par Jésu»-C)irist furenl vtrais marlyrs. (r.ARiv.) Sei};nor, isgez ', en nom saint Esperit. [a.) Tout droit en Honguerie, un diémanchea au «oir. (BanTHE.)

C'est fait sur icel «erremml. betioist.

^\ Tu Rous mult touspeçoniifiix...

Seras chreali en pur, mirai...

f Si que vtraiemenl me liienl...

l Oj'ez del maligne esperil. id.

ft El fuit Taire les lamcita. (lostitAL.)

UA dame li créante le serrement à taire... ■ Qu'au rffrreniw soyons ai sage,

Y Qu'au paradis ayons ménage...

Alais toujours ert en loupetott. (il.)

Et par confession (wdff, (méon.)

RiL'Iiaut nous mit en soupeçon. (ib.) Fin il wrai. corlois, tans repentir».

Je pris ma Temme darrenière. HUTEBEtir.

Li pilla grans de ces «rrrmefi.»,,.

Et le saint Euperit ensemble, id.

L Xa iktrmier ie les prendrai. Gt'iiJ.Kvii.LB.

I Sans luiupeçun d'accusemenl. (r. de la bosr.)

[il snnt ses aperits ravis. coqUILURT.

1^ n'est meurtre ne (anwfn. id.

Plusieurs de ces diérèses persistent encore au xvi* siècle : Te pu$t voir sain de corps ei (Vrspfril. i. mahot.

Beaux esperiis, visages angéliques. lb maire. El d'autant plus que Vesperit repose, iiarot. Ses soupeçons à Vénus découvrit...

Que fut plutôt beur et rencontre ,

Larrecin ou faveur petite, id.

Baïf sans titre me faut mettre :

Je sens mes esperits troublés, baïf.

Mais la forme abrégée existait alors concurremment : on écrivait esperit et esprit, larrecin et larcin, somieçon et soypçon.

Voici deux mots plus rares, mais qui sont dans le même système :

Les âmes des corps feverées *. bknoist. A Baieus et à Evereus. lo.

J*ai parlé ci-dessus (p. 295) de chamberière.

On trouve dans les verbes une diérèse analogue : je viveral*, \ftperderai, etc. Ex. :

Puis après prendenmM conseil de l'enterrer. (Alexandre.; Jamais n'ot^erat joie en trestout mon éage... Que il saii>wa tout si oom est voir ou non... Dedans quaraote jours; jà plus n*y metterom,,. Il ne vivera mie un an et quinze dis*, (ib.)

Là paisteront li bon cheval de prix, (garin.)

Et qui la paix enfreinderwit, (brut.) Saint et martyr, apôtre et Innocent Se plaindêTont de vous au jugement, (romancero.) Par quoi je perderai la haltesse et Tbonor. (ib.) A manger avéras; or souffre et si te lais, (jubinal.) Qui faillir ne lui puéent, tant comme ils vioervnt,..

Ains perderoit toute sa cure...

Chacun répondera pour soi. (m.)

Mais nous ne savons la saison

Que leperderont ti baron, (florimo.nt.)

Cette fille-ci deveroit

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