Ë MUET DANS LE PLURIEL DES VERBES
Le subjonctif du verbe avoir faisait également la diérèse , et elle s'est maintenue plus longtemps :
Que de combattre aient talent, bbmoist.
Or est droit que ces noces aient d*un mets servi. (ALBXANDaB.) Si que nos deux enfans n'y aient reprover. (jubinal.) Repos ayenten paradis, villon.
Qu'il n'est royaume, empire ne duché Où ces pécheurs n'ayent pris et péché, i. mabot. A celle fin que dire n'ayent garde, mabot. Il n'est pas jusqu'aux Quinze-Vingts Qui de me voir n'ayent envie, lkstoilb.
La réforme sur ce point n'a été bien établie qu'au xvti^ siècle. Voici pourtant un exemple antérieur où la muette n'est pas comptée :
Non pas qu'au vrai nous croyions que les astres Aient dévoyé de leur vrai mouvement, babelais.
Soient ou soyent était aussi de deux syllabes :
Tous êoimt garnis d'armes et de haubers treillis, (albxandbi.)
Por ce qu'ils soient à délivre, (bbut.) Élisez un tel prince, de quoi li votre ami En soient honoré; pour Dieu je vous en pri. Baudouin. Jamais plus n'y auront, tant soient hautes fêtes. (iUBiNAL.) Ainsi sachez que toutes femmes, Soyent demoiselles ou dames, (b. db la bosb.) Par toi et eux soyent en France, chbistinb. Tant soyent'ih nobles et plantureux, m. lbfranc. Soyent blanches, soyent brunettes. villon. Soyent confondus et honteux Par ton plaisir ensemble ceux *, etc.
Que nos François pour une fin totale Soyeftt frustrés de nos biens en Itale. lb maibb.
Le peuple prononce encore : qu'ils ayent, qu'ils soyent. Vers la fin du xv* siècle la quantité syllabique de soient se modifia , et elle resta depuis invariablement fixée :
Posé qu'ils soient toujours payés, coquillart.