‹ Traité de versification françaiseChapitre 16 sur 212 · Radne offre très-peu d'exemples semblables · texte numérisé non relu

Radne offre très-peu d'exemples semblables

2. Je ne cesserai de signaler la funeste trace de la règle qui soumettait U rime au Jugement de Toell. Du reste , on a souvent protesté contre cette li' berté laissée à notre versification. Dès Tannée 1549, le poète Joacblm du Bellay écrivait , dans son Illustration de la langue française : « Gard^-toi de rimer les mots manifestement longs avec les brefs aussi manifestement brefs comme un passe avec un trace, un maître avec un mètre, une eherelureti hure, un hdt et bas, et ainsi des autres. »

c On ne peut faire rimer paume avec pomme. » ( Dictionnaire de TAcad^ mie , au mot rmer. )

< Je me hâte ne peut rimer avec je me flatte, parce que flatte est bref, et M fe est long. » (Volt. Comm. de ^orn,, 1, p. 49.) Voltaire donnait d'excellents préceptes, mais il ne les suivait guère.

« Rênes et rennes, dit La Harpe, dont Tun est très-long et l*autre trèsbref, riment d'autant plus mal que les deux mots sont plus ressemblans. — Quelle pitié , dit-il ailleurs, de faire rimer royaumes avec hommes en style soutenu ! — Passons-lui ( à Gresset ) la très-mauvaise rime de somme et gnome. •

< Une brève , k la rigueur, ne doit rimer qu'avec une brève, et une longue

Hais j'ai cetle douleur, dedans ' cette ilisgriU-t. D« De point voir régner ma rivale à ma plaec. corn. Et celte vieille erreur, quoCinna veut aJw/lre. E»t une beureuse erreur dont il est idoldlre, id. Faire dire aux roseaux par un nouvel organe : Hidas, le roi Utdasa des oreilles iJ'dn^.aoïL. Si quelque esprit malin veut les traiter de fabUa, On dira, quelque jour, pour les rendre croyables, elc. id. L'ne juste fureur s'empare do mondme; Vous allez à l'autel, etmol j'y cours, madame, rac. (^e par no prompt avis de tout ca qui se passe, h ne cours dea dieux divulguer la menace, id. Le prophète d'un dieu, par pitié pour ton dije. Pour tea malheurs passés, surtout pour ton courage, volt. Du sort de tout ce peuple il est temps que j'onionne : J'ai sauvé cet empire en arrivant au Irône*. volt. Aveï-vuus donc perdu, dites-moi, la parole, El r«ut-il qo'eo ceci je fasse votre rMe' ? mol. Mais qu'on accouple enaemble deux brèves ou deux longues, et l'oreille est satisfaite :

Tn faux brave, à vanter sa prouesse frivok, l'nvrai rutirtie, ftjamais ne garâerea parole, boil. Hais avec tous ces dons de l'esprit et de FAnte, Cq nii mËme souvent peut n'être qu'un infâme... De ce vers, direi-vous, l'expression est feisso.

■•TC mw loagup. in n'rDtrpral point Id dans im AiuA\ qui déplairolt 1 nos poMe*; nali citOn, l'ils trouvent iju'nn les gCne trop. Je les conjure d< faire ■iMiIkm a kurt proprvB Int^r^l), i|u) leur cli^lvnilenl de se r«IJcl|er sur la lime. » [D'Où»»!. Prniodif Fronfaiic, p. 131.)

Cafln, HtnnonlEl rnndaniiK' 1rs rlniri rrnniprni> et Umpllf, ftnmmp et fyvplAatr, bouxolr cl pOlt, ODuronnf tl trUne.

lUgnleT fill alliisloB au mId qun prenait Ualhrrbc d'apprécier It rime nus cenpfMn :

\. n (kodralt dam. L'ailicrbe ifrdani ne peui aujourd'hui r^glr un

mm. Crue Taule n'nt paidP rrf>rnrlllc?; elle se (route dans tout les poClea * sDD liDps «1 dans rfun qui l'oni pr^dd4. Voyci la noie IX

S. VolUIrs a emplDjA plu« d'une foi» erlte mautalan rime.

I. Il e<t prutuble que te mot a longlemps i\A breCt car ou ('«rh ail rolU

Ah ! monsieur, pour ce vers je vous demande grâce, boil.

Tel est Tordre du ciel, dont la fureur se lasse :

Gomme il veut, aux mortels il fait justice et grâce, volt.

Remarque. Les défauta signalés dans les deux numéros précédents sont quelquefois réunis : par exemple quand Racine fait rimer haine avec mienne^ Mychie avec sienne; et Molière, vienne avec peine.

2V II n'est plus permis ' de faire rimer la finale er, ayant le son de é^ avec la même finale se prononçant comme hre, ni avec air. Ainsi les rimes suivantes sont interdites aujourd'hui : triompher avec /èr, mériter avec Jupiter, approcher avec cher, mêler avec Vair, etc.

22'' Par la même raison, Toreille n'admet pas volontiers deux terminaisons masculines, dont Tune présente une consonne sourde et Tautre une cob^ sonne que la prononciation fait sentir, comme Argos et repos, Calchas et pas, Brutus et vertus, etc. L'emploi de ces rimes est autorisé par l'usage des poètes; mais elles n'en sont pas moins choquantes. Ex. :

Ou le ciel pour jamais a reprisée héros. Ou cet illustre prince est le vaillant Carlos, corn. Elle peint des festins les danses et lesrt's^ Vante un baiser cueilli sur les lèvres d'Iris, boil. Il ne dormira pas qu'il n'ait fait un sonnet; 11 met tous les malins six impromptus* au net... Et trois cent mille francs, avec elle d)tenus, La firent à ses yeux plus belle que Vénus! m. Je ne connois Priam, Hélène ni Péris : Je voulois votre fille, et ne pars qu*à ce prix. rac. Et qui, si Ton nous fait un fidèle discours. Suça même le sang des lions et des ours. m.

i. Voyez, à la fin du volume , la note 3.

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