‹ Traité de versification françaiseChapitre 178 sur 212 · I. Cas «MBipte CM as Clilaaér». fiooads pftlM as GsnMHIe · texte numérisé non relu

I. Cas «MBipte CM as Clilaaér». fiooads pftlM as GsnMHIe

Le ridicule jeté, dans les Femmes Savantes de Molim, sur le charmant quoi qu'on die, a sans doute contribué à déconsidérer cet archaïsme. 11 ne se trouve pas dans Boileau; Bacine ne Ta employé que trois fois, savoir deux fois dans ses premières pièces et une dans Bajazet :

MaiSf quoi que je craignisse, il faut que je le die. Je n*en avois prévu que la moindre partie, (bajazbt.)

Le pluriel n*a pas dépassé le xvr siècle :

£t dient bien que ils se combattront (gamui.) Tu veux qu'aucuns en pauvreté mendient ; Mais c'est afin qu'en s'excusant ne dient, ma&ot. Ild dieni tant, que je crois que le tiers En écrivant fait rougir les papiers, st-oilais.

On trouve aussi quelquefois les composés :

Les fausses langues qui médieni. MAaTiN lk raiiic. Et s'il y a rien qui pique ou tn^te. marot. El que la vaine Écho, de ton bruit assourdie, Mes amoureux propos à ses bois ne redit, TnéoPB. Quand je voudrois aller à quelque comédie. Pour moi, qui ne veux pas que l'on me contredie. DEBaism.

6"" Le mot treuve, pour trouve, si fréquent dans les vieui poètes, est encore employé au siècle de Louis XIV, mais seulement dans le genre familier :

Car récriture est la touche où l'on treuve Le plus haut or. Et qui veut faire épreuve, marot. A peine en leur grand nombre une seule se treuve De qui la foi survive, et qui fas^e la preuve, malu.

Ajoutez tous les exemples précédemment cités, p. 363.

7<> Il y a peu de temps qu'on distingue nettement le participe présent d*avec l'adjectif verbal. Au xvir siècle, lepjrticipe présent était encore traité comme adjectif. A plus forte raison Marot, Saint-Gelais, Ronsard et les poètes antérieurs, le soumettent-ils à l'accord :

Mais tant de beaux objets tous les jours s'augmentans, Coiiiine y fournirez-vouà quand il aura vingt ans? malh.

Que voyons-nous, que des Tituns

De bras et de jambes luUans

Contre les pouvoirs légitimes ? malh.

De ces petits pourpoints sous les bras se perdans. uot. Et, du nom de mari fièrement se parans, Leur rompent en visière aux yeux des soupirans. id. Et les petits en môme temps, Voletans, se culebuttans, Délogèrent tous sans trompette, la pont. N'étans pas de ces rats qui, les livres rongeans, Se font savans jusques aux dents, id.

Et sur les herbes fleuries Leurs gardiens innocens Au son des hautbois dansans. vbrgier.

On peut encore surprendre deux fois celle faute dans Boileau :

Et pour lier des mots si mal s'entr'accordans. Prendre dans le jardin la lune avec les dents. Cent mille faux lélés, le fer en main courans, Allèrent attaquer leurs amis, leurs parens.

« Le fer en main cottrans, dit La Harpe, forme une chute de vers et une inversion également désagréables , sans parler de la faute de français, courans, quand le participe ne doit pas être décliné. »

Si les tragédies de Racine ne présentent pas cet accord vicieux du participe, on peut croire que c'est un hasard, puisque ce poète a mis dans une idylle, conformément à Tusage :

Vaincus cent fois, et cent fois supplians, En leur fureur de nouveau s*ouhlians.

Nous en trouvons encore quelques exemples au xvni* siècle :

De deux alexandrins, côte à côte niarchans,

L'un serve pour la rime et Tautre pour le sens. volt.

A la voix du tonnerre, au fracas des autans,

Au bruit lointain des flots se croisons, se heurtans, eoucrrr.

« Les deux participes à la fin du vers , se croisans, se heUr^ tans, sont d*un mécanisme grossier, sans parler môme du solécisme de ce pluriel quand ce participe est indéclinable. » (La Harpb.)

Puisque le participe n'était qu'un adjectif, il prenait le signe du féminin :

Soil dame belle autant que Néréide,

Pleine de cœur, parlante mieux qa'Orîda. i. mamot.

Mais plus anciennement le participe présent suivait la lègie du latin , et n'avait qu'un seul genre :

D*eaux écumans le pays tourne et baigne, luaor.

Bètes» forêts, nymphes illec cherchani

Leur demourance, et autres dieux des champs, w.

8"" Jusqu'à Boileau et Racine, il n'y a peut-être rien de plus constant et de plus commun dans notre langue que remploi des adverbes dessus, dessous, dedans, comme prépositions. J'en ai recueilli un nombre trë&-consldérable d'exemples , qu'il serait superflu de transcrire , puisque des auteurs du xvir siècle en fournissent eux-mêmes :

Au temps que Tunlvers trembloit dessoas ses lois, ftbsac.

Si je passe en ce temps dedans votre province. «AUf .

Depuis où le soleil vient dessus rhémisphère...

Dessous quelque tristesse ou feinte ou véritable, id.

A voulu s'arrêter dessus cette pensée. MAïair.

Dessous un nouveau règne oublions le passé, botbou.

Mon respect s'oublia dedans celte poursuite, id.

Combien dessus nos cœurs tes yeux ont de pouvoir, du ira

Se cachoit tout craintif dessous ses vieux lauriers, scudébt.

Dessus la moindre butte elle monte et s'arrête. ST-AHAifT.

Car enfin je l'avoue, et dedans ma colère. voiTcaB.

Mais le César tracé dedans leur souvenir. naésKCP. Lorsque dessus notre hémisphère Ton feu se montra sans pareil. ciupELAiif .

On ne devra donc pas faire un crime à Corneille d'avoir

suivi un usage aussi général :

Mais j'ai cette douceur dedans cette disgrâeo... Comme un soleil levant dessus notre horizon... On lit (ie$$us leur front l'allégresse de l'âme... Qui cherchoit ses honneurs dedans sou infamie... Va dedans les enfers suivre ton Curiace.

Ce dernier vers est relevé par Voltaire : h On ne se sert plui du mot dedans, et il fut toujours un solécisme quand on lui donne un régime. On ne peut l'employer que dans un sens absolu : Êtes- vous hors du cabinet? Non, je suis dedans

Mais il est toujours mal de dire, dedans ma chatnbrc , dehors ma chambre. Corneille au cinquième acte ((VHorace) dit :

Dans les murs, hors des mur?, tout parle de ?a gloire.

« Il n'aurait pas parlé français s1l eût dit, dedans les murs, dehors les murs. »

Rome est dessous vos lois par le droit de la guerre, corn.

Voltaire signale de nouveau la même faute : « Dessous est adverbe, et n'est point préposition : Est- il dessus? e&iAl dessous? Il est sous vous; il est sous lui. »

Molière et La Fontaine emploient souvent ces adverbes comme des prépositions :

El je tremble à présent dedans la canicule, mol. il pourroit bien, mettant affront dessus affront... Dessus ses grands chevaux est monté mon courage. iD. Comme un mouton qui va dessus la foi d'autrui. la poirr. L'oracle étoit logé dedans un galetas, id.

Boilettt et Racine ne font pas cette confusion. Une fois cependant Boileau a écrit , dans une assez mauvaise chanson :

Cependant nous rirons Âvecque la bouteille,

El dessous la treille

Nous la chérirons.

On lit dans le Voyage de Chapelle et Bachaumont :

L'on ne peut être sans horreur Dedans cette horrible demeure.

On trouve encore au xvin* siècle :

La Marne, comme le Pactole, Couler dessus un sable d'or, ghauliku.

Telle en foule dessus le port Âtbène attendoit ce navire...

Qui déjà dessous tes lois

Avoit remis la Provence, id.

On employait pareillement comme prépositions les adverbes auparavant, à Ventour.

Je Testiroois jadis, et je l'aime et l'estime

Plus que je ne faisois auparavant son crime, oouf. Que vous arriverez auparavant * qu'il meure, id.

Boiieau reconnut avoir fait une faute contre la langue dus ce vers :

A Ventour d'un caslor j'en ai hi la préface, et il corrigea comme il suit :

Autour d'un caudebec j'en ai lu la préface. La Fontaine n'avait pas ces scrupules : Tant y furent qu'un soir, à Ventour de ce pin, etc.

Je ne sais si c'est par négligence, ou comme proteslatioD contre la règle moderne , que Victor Hugo a éôit les vers suivants:

Poursuivant un œil noir dessous la jalousie... Quand partout à Ventour de vos pas vous voyes Briller et rayonner cristaux, miroirs, balustres.

Ce qu'il y a de sûr , c'est que cette licence est moins choquante que raltéjration légitime de l'orthographe dans je f, je sai, je croi, revien, etc.

Dessus j dessous, dedans, sont, nous dit-on, des adverbes, qui ne peuvent être suivis d'un régime. Pourquoi? Est-ce (ju'en groc et en latin , il n'y avait pas des adverbes qui prenaient un complément? Cela a lieu également dans notre langue. Les mots mêmes dont il s'agit, par suite d'une n*forme incomplète, se construisent comme prépositions dans les phrases suivantes : par-dessous la table, par-dessus la tnvraille, il passa par-ilehors la ville (Académie) .

Hors, qu'on range parmi les prépositions*, est un véritable adverbe. Aussi a-t-il généralement besoin du secours de la préposition de {hors de, comme au-dessus de). Mais cet adverbe est quelquefois employé comme préposition : hon barrière y hors ligne, hors deux, hors la loi.

4. Ces vers se tiuii\ent daius les premières pièces de (>)rneiilc.

2. (''est une préposition^ sui\aul l'Acadc^mie. Mais ce mot est doDik coiiiiuc adverbe dans le savant ouvrage publié récemment par M. B. Jullit'»' Cours supérieur de grammaire, p. 138.

LICENCES DE GHAHMAIRK. 505

Je suis heureux de me renconlrer encore it:i avec M. Génin : •• Ce sont les greminni riens et les puristes peu éclairés du xvni* siècle qui, en contrdlant les litres et emplois de chaque mot . se sont avisés de séparer les attriiiulions île tlaJis et dedan». Ils ont déclaré qu'à l'avenir dans serait la préposition , et dedans l'adverbe. Cela choquait, à la vérité, l'étyniologie et l'usage immémorial; de plus, on introduisait par cet arrêt quantité de solécismes dans nos grands écrivains; mais tes dictateurs de la langue ne furent pas arrêtés par ces considérations, dont il est probable qu'une partie au moins leur échappait'. ■■

9* Ou construisait anciennement avant que avec l'infinitif : ant qu'aller. 1£\. :

Veui meUre Gd, et avant que \'y mettre, mahut. Se sonder, s'exercer, avant que s'employer, hëu.iiem.

El qu'avant qu'être à la fête. kaui.

De vous parler avant que perdre la clarté, thèopr. Même avaal que partir, il monte au Capitole. scudébv. Avant qu'en décider, song«-y tiien , madame, coa». Mais, avant que sortir, viens, que ton roi t'embrasse.. . Faul-il tant de fois vaincre avant que Iriompherî id. Ne me demandei: rien avant que regardtir. mol. Avnnt que partir de ces lieux, la tout. Vous êtes son tyran avant qu'être son roi. luc. Heureux si je poiivois, avant que m'immoier... Mais, avant que p<irlir, je me ferai justice, lo. Ces trois derniers exemples sont, je crois, les seuls qu'on puisse trouver dans Racine.

, Comme nous l'avons vu (p. 113), devant se prenait pour nf : il se construisait de même :

i, (bt'anj que mourir d'une ou d'autre manière bégkier. I disait tandii mts absolument , dans le sens de

Lbi I et tondit nous soutTrona largement, makot. Tandis voM exercet vos malices cruelles, ronbarb.

du langage (raitfaii, et

Tandis notre Michon ne bonge d'avec elle. baTf. Tandis d*œil favorable et de royal courage Reçois ce que j'appends aux pieds de ton image. Diatoftns. Les rossignols tandis dégoisent leurs (redooê, ptbrac Tandis tu veux donc vivre en d'éternels supplices, coaii. Tandis des médisons nous aurons mille atteintes. DBHABEif . Tandis un sourd tumulte, un bruit de voix lointaines Parvient à son oreille, saint-amant.

« Tandis, sans un que, est absolument proscrit, et nest plus permis que dans une espèce de style burlesque et naïf qu'on nomme marotique : Tandis la perdrix vire.^ (Voltaiu.; IP La suppression de l'article est très-fréquente dans les vieux poètes, et encore au xyi* siècle. Remontons seulement à Ronsard:

Il faut donc dès jeunesse instruire bien un prince. aoNSASD. L'autre avorte avant temps des œuvres qu'il conçoit. aicNiEB Qui veulent qu'on les croie en droite ligne issus

Dos sept Sages de Grèce. n>.

Vovez des bords de Loire et des bords de Garonne, malh.

Pour le peuple de Seine et pour celui de Loire, brébetf.

C'était l'honneur d'Egypte et la gloire du monde, saint-amaxt.

Et mettant différence entre ces deux coupables, cobn.

Semble donner l'aumône alors qu'il fait largesse...

Tantôt c'est maladie, et tantôt quelque affaire...

Nous n'avons pas loisir d'un plus long entretien...

Je ne le saurai pas sans marque plus expresse...

Et jusqu'aux bords du Styx me fait libre passage, id.

Nous laissât jour entier pour ce que je médite, mol.

Que sans lui demander ^ages pour le servir, id.

Maintient le laboureur , donne paye au soldat, la font.

Le reste vous sera suffisante pâture...

Je voudrois être en lieu dont je pusse aisément, id.

Nous disons perdre patience, perdre courage. 11 n*y a donc pas lieu de s'étonner si nos ancêtres disaient de même .perdrt temps, qui nous choque aujourd'hui. Ex. :

Vous perdez temps de me dire mal d'elle, mabot. Tu perds temps de vouloir nous prêcher davantage *.

i. Dans la U-ag^^die de Machahée, par Jean de Virey ( 16II ).

Je te le dis encor, tu perds temps à me suivre, corn. Allons sans perdre temps lui payer ma vengeance, id. Enfin, sans perdre temps en de si vains propos, boilbau.

De même gagner temps :

L*espoir, qui me remet du jour au lendemain,

Essaie à gagner temps sur ma peine obstinée, saint-amant.

On retranchait particulièrement l'article après le pluriel touSf toutes. Cette suppression est aujourd'hui généralement interdite, bien qu'elle soit exigée au singulier : tout arbre, tout animal. Ex. :

Tous arbres sont en ce lieu verdoyans. mabot. Tous animaux changeront de séjour, du bbllat. A tous bergers venans pour Tamour de s'amie. bonsabd. Tous métaux seront or, toutes fleurs seront roses ,

Tous arbres oliviers, malu.

En leur premier état j'ai remis toutes choses, cobn. Et tous maux sont pareils alors qu'ils sont extrêmes, id. En tous endroits, sous main, contre moi se détache, mol. De toutes amitiés il détache mon âme. id.

Soient dans l'un et l'autre hémisphère Tous humains dûment avertis, la font.

Tous plaisirs pour moi sont perdus, id.

Elle avait encore lieu devant l'adjectif ati^r^ :

Pour son dîner cherche autre nourriture, du bbllat. Conduire en autre mer mon navire qui flotte. aécNiBB. Je ne saurois brûler d'autre feu que le sien. malh. Tu ne trouves dans Rome autre obstacle que moi. cobn. I>e l'abord de Pompée elle espère autre issue, id. Cherchez autre aventure, la font.

« Il faut dans le style noble , une avtre issue. On ne supprime les articles et les pronoms que dans le familier, qui approche du style marotique : sentir joie, faire mauvaise

fin. » (VOLTAIBK.)

Enfin Tellipse se faisait devant l'adjectif mâme :

Et dans Soine et Marne luira Même sablon que dans Pactole, malh.

Je devois même peine à des crimes semblables, gobn.

Il éleva la vôtre ' avec même tendresse...

Je saurai Taccepter avec même visage...

Si je prenois ici même intérêt que vous...

J^aurai mêmes douleurs, j'aurai mêmes alarmes. coKif.

Montés sur même char, s*en alloient à la foire, la porrr.

Du Bellay, dans son Illustration, s'élève contre cette incorrection : ft Garde-toi aussi de tomber en un vice commun même aux plus excellens de notre langue , c'est l'omission des articles. » Ronsard la blâme également.

12* On employait le comparatif pour le superlatif relatif. Ainsi l'on disait : celui que f aime plus, au lieu ûe le plus. Ex.:

Car le vers plus coulant est le vers plus parfait, du bbllat. De ce qui plus me plaît je reçois déplaisir, dbspo^tis. Qu'il s'abandonne en proie aux soucis plus cuisans. régnibk. Étant là , je furète aux recoins plus cachés. id. Que le feu plus cuisant et la plus forte peste. TnioPH. Je garde en mon esprit les forces plus puissantes. coRif. Hais ce qui plus me plaît d'une attente si chère, mol. Qui fait de ses lauriers son ornement plus cher, brébbup.

IS"" L'ellipse de ce devant que est fréquente dans les anciens textes*. On trouve souvent l'expression /atr« que sage, c'està-dire , faire ce que fait un homme sage , agir en sage :

S'ainsi le faisiiez, jà feriiez que sage, (jubinal.) Respond Rolans : Jà fereie que fols, (roland.)

Tbiébaut fait que mauvais, (rou.)

Quand on a essuyé que c'est, a. chartier. Et ne lui chuult savoir que c'est des noces, marot. Incontinent j'iippris que c'est service, ronsard.

Jusqu'ici je ne sais que c'est d'ambition, ou bbllat.

Un vers du Menteur, rectifié postérieurement par Corneille :

Elle meurt de savoir que chante le poulet,

a fourni à Voltaire cette remarque : «< Il fallait ce que chante. Nous ne devons pas rendre le quid des Latins et le che des

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