‹ Traité de versification françaiseChapitre 185 sur 212 · DEUX ACCENTS CONSÉCUTIFS · texte numérisé non relu

DEUX ACCENTS CONSÉCUTIFS

moins, aussi peu fixée ' que celle de la langue française; mais en italien et eu espagnol on peut faire des vers hexamètres , pentamètres, etc.; donc, on pourra en faire de mâme en français, malgré le peu de fixité de la prosodie. »

Si cette dissertation ne m'avait déjà entraîné un peu loin , je pourrais reprendre la question des vers blancs, et montrer qu'ils n'étaient pas im'possibles dans notre langue. A la vérité, il ne suffit pas de supprimer ta rime, c'est-à-dire ce qui marque le rhythme, sans substituer un équivalent; m^s l'on pourrait trouver dans la combinaison des accents une harmonie flatteuse pour l'oreille. Je me contente d'indiquer ici cette idée, dont le développement excéderait les bornes de cet ouvrage.

Je reviendrai sur l'accent dans les notes 26 «t 27.

NOTE 26 (page 140).

J'ajouterai des exemples à ceux que j'ai donnés, pour étayer solidement un système nouveau. Je prendrai à toutes les époques.

Voici d'abord des alexandrins qui ont deux accents de suite à la césure, sur la cinquième et sur la sixième syllabe :

Trop vilainement fu la dame décéue. (jubinal.)

Qui deux 61s jumeaux mène au Saint Jacques moustier...

A ses compagnons vint, la chose leur conta, (ib.)

Le roi lendemain fit tout son camp déloger, i. marot.

Le sage nocher craint la faveur de Neptune, du bellay.

Et ne recevoir plus la jeunesse hardie, vauqublin.

Il fera demain jour, et la nuit porte avis. corn.

Fait qu un tel désir cède à Tamour qui te presse. lo.

Chaque passion parle un différent langage, boil.

 qui le printemps donne une benuté nouvelle, la motte.

Qui depuis longtemps erre et voyage sur Tonde, cvbières.

Le dieu ^ satisfait rentre et dort dans son grand lit. ampèrb.

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