QUATRAIN
6* Vers de six syllabes et vers de quatre :
Et vous, forêts , et ondes Par ces prés vagabondes; Et vous, rives et bois,
Oyez ma voix, ronsard.
Le jour pousse la nuit,
Et la nuit sombre Pousse le jour qui luit
D'une obscure ombre*, ronsard.
7* Alexandrin et vers de trois syllabes :
La pauvre fleur disait au papillon céleste :
Ne fuis pas !
Vois comme nos deslins sont différents : je reste ;
Tu t'en vas. V. hugo.
NOTE 39 (page 227).
Port-Royal avait déjà dit que les stances composées d*im nombre impair de vers ont nécessairement trois rimes semblables, lesquelles on ne doit jamais mettre de suite. Effectivement, en mettant trois rimes semblables de suite dans le quintil, on tomberait dans Tun de ces deux dé&uts : ou les rimes seraient plates, ou la stance commencerait et finirait par une rime de môme nature.
Voici un exemple de ce dernier cas. Il m'a paru curieux , parce que l'emploi de trois rimes consécutives, fréquent dans les stances de nos poètes contemporains, était très-rare avant notre siècle :
Philis a reconnu ma foi.
Tristes pensers , troupe infidèle,
Allez où Tennui vous appelle ;
Puisque je suis bien avec elle,
Vous êtes mal avecque moi. mallbvillb.
(1) Cette stance se trouve aussi dans Balf.
L*Art poétique provençal ne reconnaît pas de couplet vh dessous de cinq vers. Les quintillas sont très-usitées en espagnol , où elles reçoivent nos difiérents agencements de rimes.
Alain Chartier a composé des qointils dont les rimes sont très-mal distribuées^ :
0 Créateur perdurable !
Sapience inestimable!
0 éternité estable 1
0 pouvoir incomparable 1
Bonté qu'on ne peut comprendre.
Le couplet suivant rime quatre fois en endre et une fois en able. Le même système se continue.
Nous avons à donner des exemples du quintil construit avec de petits mètres.
1* Vers de huit syllabes et vers de six :
Et, puisque tu veux m'avouer, Jamais je ne puisse louer
Autre nom sur ma corde; Jamais, pour autre chant jouer,
Mon doux luth ne s'accorde! baïp.
2» Vers de huit syllabes et vers de quatre :
Sur Antigone Œdipe s'appuyait jadis :
Gomme lui sans yeux, sans couronne , De mon destin je m'applaudis
Près d'Antigone. dblillb.
3* Vers de sept et vers de trois :
Dix et huit ans Je vous donne,
Belle et bonne :
Mais à votre sens rassis , Trente cinq pu trente six
J'en ordonne. M arot.
4* Vers de six et vers de deux :
!• Voyez ci-dessus (p. 551) un quatrain analogue.