‹ Traité de versification françaiseChapitre 202 sur 212 · SIXAIN · texte numérisé non relu

SIXAIN

En vous , belle Julie ,

S'allie La grâce et la bonté , Et la vertu remplie D'attraits et de beauté, yoitubb.

NOTE 40 (page 231).

« Ces stances, dit Richelet, doivent avoir une pause au troîsième vers; j'entends qu'il faut que l'oreille s'y puisse arrêter, et que le sens ne soit pas emporté au quatrième... M. Uaynard s'aperçut le premier que cette pause étoit nécessaire : ensuite les excellens poètes, qui en virent la beauté, ne composèrent point de stances de six où il n*y eût un arrêt au troisième vers; et depuis, on a toujours observé la même chose. »

Avant de s'être imposé cette règle, Malherbe plaçait quelquefois le repos après le quatrième vers :

Certes quiconque a vu pleuvoir dessus nos tètes Les funestes éclats des plus grandes tempêtes Qu'excitèrent jamais deux contraires partis. Et n'en voit aujourd'hui nulle marque paroître , En ce miracle seul il peut assez connoftre Quelle force a la main qui nous a garantis.

Pellisson en a fait la remarque à propos de cette stance.

Mais l'assertion de Richelet n'est point fondée , en ce que Bertaut, Belleau, et particulièrement Desportes, avaient su, avant Maynard , diviser le sixain en deux tercets. Déjà Marot avait bien coupé cette stance dans ses psaumes. Enfin, en remontant plus haut, on verra qu'un heureux instinct de Tbarmonie avait indiqué antérieuremgit ce repos. Je l'ai trouvé dans Alain Chartier. Je citerai encore un exemple de Laurent de Premierfait * :

i. Voyez P. Paris, Les Manuscrits français , etc., 1. 1, p. 360. Toutes les stances sont bien coupées. Cet écrivain est du commeoceiBent da xv* siècle.

La terre d'Italie, des poëteâ la mère, Très-riche d'orateurs, qui à Pbébus le père Des arts et des sciences tant de dictiés compose , Moult esjouir se doit, qui engendra naguère Jehan Boccace ignoble , quant est de père et mère ; Mais es parens n*est pas vraie noblesse enclose.

En distribuant le sixain en un quatrain et un distique, on était porté à isoler ce dernier , et à le former de deux rimes plates, offrant une chute analogue à celle de l'octave italienne. J*en ai cité un exemple, p. 272 , où Marmontel attribue à tort cette invention à Malherbe. Voici une stance de Ronsard :

Ainsi ne For, qui peut tenter.

Ni grâce , beauté , ni maintien.

Ne sauroient dans mon cœur enter Un autre portrait que le tien , Et plutôt il mourroit d'ennui, Que d'en souffrir un autre en lui '.

Cette manière est harmonieuse quand les deux derniers vers sont un refrain :

A qui pensez- vous , bergère ,

En cette fleur de quinze ans?

La beauté passe légère

Comme la rose au printemps.

Adieu , ville , vous commands :

Il n*est plaisir que des champs, goboret.

Brennus disait aux bons Gaulois :

Célébrez un triomphe insigne I Les champs de Rome ont payé mes exploits ,

Et j'en rapporte un cep de vigne.

Grâce à la vigne , unissons pour toujours L'honneur, les arts, la gloire et les amours, bérangkb.

Les Italiens ont pratiqué cette coupe. Je Tai trouvée dans Pignotti.

1* J'ai dit que, pour le 23* modèle, on avait d'abord employé le vers de dix syllabes. En voici un exemple de Ronsard :

i. Balf et Desportes ont imité cette stance.

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