‹ Traité de versification françaiseChapitre 206 sur 212 · Sans désemparer, à l'instanL · texte numérisé non relu

Sans désemparer, à l'instanL

2. L'auteur a mis pour titre à cette pièce : Nouvelle chanson sur vn vieil air. Je crois deviner que ce vieil air est : La bonne aventure, à gué,

3. Quand elle va voyant une jeune fille , tant elle est joyeuse.

NEUTÀUf. 567

Panée ehiet ea son giroD ; . Lors roccit-on en trahisoa.

Et moi cet fait de tel semblant Amor et ma dame, pour voir * :

Mon cuer ae en puis poiiil raTeir.

En voici une d'Eustache Deschamps :

En dimenche, le tiers jour de décembre, L*an mil trois cent avec soixante et huit, Fut à Saiat-Pol nez, dedans une chambre, Charles li rois, trois heures puis miauH, Fils de Charles cinquième de ce nom, Roi des François, de Jehane de Bourbon, Roine à ce temps couronnée de France, Le premier jour de Ta vent qui fut bon : Far ce sçaura chacun cette naissance.

Les Provençaux ont fait usage de cette stance. Voici un neuvain inédit de Christine :

Bon jour, bon an, bon mois, bonne nouvelle 1 Ce premier jour de la première année Vous envoi t Dieux, ma chère demoiselle : De mon penser si soyez étrennée

De toute joye.

A vos souhaits Dieu pri qu'il vous envoya Tous les plaisirs, tout gracieux rével; Quanque vouldriez, vous consente et octroyé Ce plaisant jour, premier de Tan nouvel.

NOTE 44 (page 250).

l*" Divers auteurs du xvu* siècle, parmi lesquels je citerai Racan et Adam Billaut, ont fait des stances de dix alexandrins. En voici une d'Arnaud d'Andilly :

Veux-tu de ton esprit bannir Pinquiétude, Et goûter la douceur d'une solide paix?

i. De vrai, vraiment

Fuis le trouble importun des superbes palais,

Et, pour vivre avec Dieu, cherche la solitude.

C'est là que, renonçant à tous les vains plaisirs,

Son amour éternel remplira tes désirs,

Et de tes passions viendra calmer Torage;

Ton corps sera son temple et ton cœur son autel,

Ta vertu son miroir, ton âme son image ,

Et ses yeux te verront comme un ange mortel.

La strophe de rancienne ballade était souvent composée de dix décasyllabes. On peut en voir beaucoup d'exemples dans Marot.

2^* J'ai dit qu'on doit à Ronsard l'invention de notre strophe de dix vers. Â la vérité, il n'a pas construit avec elle des odes entières; mais il la place assez fréquemment, sous le nom d'épode, dans des odes composées à l'imitation des anciens :

Faisant parler sa grandeur Aux sept langues de ma lyre, De lui je ne veux rien dire Dont je puisse être menteur ; Mais, véritable, il me fÀa(t De chanter bien haut, qu'il est L'ornement de notre France, Et qu'en fidèle équité.

En justice, en vérité Les vieux siècles il devance.

3** Le repos du dizain après le septième vers, que Maynard avait établi en règle, avec l'approbation de Malherbe, se trouve déjà dans ce psaume de Marot :

Réveillez-vous chacun fidèle.

Menez en Dieu joie orendroit :

Louange est très-séante et belle En la bouche de l'homme droit.

Sur la douce harpe,

Pendue en écharpe,

Le Seigneur louez;

De lutz, d'épinettes

Saintes chansonnettes

À son nom jouez.

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