‹ Traité de versification françaiseChapitre 207 sur 212 · DIZAIN · texte numérisé non relu

DIZAIN

n me reste à parler de cette grande strophe construite avec de petits mètres.

!• Vers de dix et vers de cinq :

Descends du ciel, Calliope, et repousse Tous les ennuis de moi, ton nourrisson, Soit par ton luth ou soit par ta voix douce, Et mes soucis charme par tes chansons.

Par loi je respire,

Par toi je désire

Plus que je ne puis ;

C'est toi, ma princesse,

Qui me fais sans cesse

Fol comme suis, ronsard.

2* Vers de huit et vers de six :

La froide humeur des monts chenus Enfle déjà le cours des fleuves; Déjà les cheveux sont venus Aux forêts si longuement veuves.

La terre, au ciel riant,

Va son teint variant

De mainte couleur vive;

Le ciel, pour lui complaire,

Orne sa face claire

De grand' beauté naïve, du bellat.

3* Vers de huit et vers de cinq :

Voyez la stance de Marot citée à la page précédente. Ronsard et Du Bellay ont également fait usage de ce modèle.

4" Vers de huit et vers de quatre :

Viens, belle, viens te pourmener

Dans ce bocage ; Entends les oiseaux jargonner

Dans leur ramage.

Mais écoute comme sur tous Le rossignol est le plus doux ,

Sans qu'il se lasse.

Oublions tout deuil, tout ennui , Pour nous réjouir comme lui :

Le temps se passe, passerai.

5* Yen de sept et vers de trois :

Laisse le ciel , belle Aslrée, En France tant désirée; Viens faire ici ton séjour

A ton tour :

Assez les flammes civiles Ont couru dedans nos villes Sous le fer et la fureur ; Assez la pâle famine , Et la peste et la ruine Ont ébranlé ton bonheur, bkllbau.

NOTE 45 (page S63).

Un ancien genre de poésie, nommé Chant royal, prenait généralement la strophe de onze vers. On en trouvera des exemples dans Christine de Pisan, dans Crétin, etc. En voici un de Marot :

Qui aime Dieu, son règne et son empire.

Rien désirer ne doit qu'à son honneur :

Et toutefois rbomme toujours aspire

A son bien propre, à son aise et bonheur,

Sans aviser si point conlemne ou blesse

En ses désirs la divine noblesse.

La plus grand'part appète grand avoir;

La moindre part souhaite grand savoir;

L'autre désire être exempte de blâme ;

Et l'autre quiert, voulunt mieux se pourvoir,

Santé au corps et paradis à Tâme.

J. Marot en a inséré quelques-unes dans son récit des guerres d'Italie :

Les manans et bourgeois d*icelle , Sachans que le roi approchoit , Firent mainte chose nouvelle.

Qu'à présent point je ne révèle, Craignant qu'ennuyer y pourroit.

Nous reste que chacun tâchoit

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