Mannontol
r L'adverbe où s'emploie souvent pour à qui, niififl , à laijueUe, rtTs It'i/iifl , etc. Celte subslîtulion doDoe au style de la coacision et de la fermeté. Ex . :
Et sans peoseraux biens ou le vulgaire pense, régmeh Siisissei-TOus d'un Irûno ori le ciel vuusdispuse. corn. Le dangereux récit que vous me commandeit ' bl un nouveau combat eut vous vous husardez. id.
|iL'en(rée bui pensions ou je ne prétends pas. koil.
I Cest là l'unique étude m je veux m'altaclier. lo.
F Bl'uniqae faveur, mon frtre, oii jeprélends. rac.
F It renonce â l'irnipïre "ti j'âlois destiné. . ,
•Bt cet aveu honteux ixi vous m'avez rorcé...
■ Peut-i*tre des malheurs où vous n'osez penser . ,
l Que mémo celte pompe mi je suis condamnée, m.
f On peut employer les prépositions ni, tlnus, au Vèu défi, devant un nom de ville qui comiiienrc par une voyelle, aGn d'éviter l'hiatus :
9 tn Avignon, oii Is puisante armée, etc. tiov>vnn. Je Mrai marié, si l'on veut, m .Mger. corn. ■OMModre dan* .ir|;os a suivi votre pt^n. rac ■AHei *n Albion : que votre renommée 1 T parie en ma défeniie, et m'y tienne une armée, volt,
1,'ftmploi des deux prétérits n'est pan aussi ri-
llmmton , donr noui vcnnim de parler , rsi birn il^Jï inip licence ri b *nn Impnrunn' «iRpatl un rhapUrr > part.
goureux en poésie qu'en prose. On trouve même le prétérit défini mis pour le plus-que-parfait. Ex. :
L*onde qui les reçut s'en irrita pour elles, corn.
Nos deux âmes, seigneur, sont deux âmes romaines :
Unissant nos deslins, nous uni'mes nos haines... 1
Nous partîmes cinq cents; mais, par un prompt renfort, 4
Nous nous vimes trois mille en arrivant au port... \
Je ne vous le dis point : vous vues nos adieux, id.
Le flot qui rapporta recule épouvanté, rac.
Vous l'osâtes bannir, vous n'osez l'éviter 1 id.
J'ai passé les déserts, mais nous n'y bûmes point, là roRT.
Dieu fit bien ce qu'il fit, et je n'en sais pas plus. ir.
t)u goût, messieurs, j'en suis pourvu surtout ;
Je n'appris rien, je me connais à tout. volt.
Remarque. On trouve quelquefois dans une même phrase deux modes pour exprimer un conditionoel :
Si par quelque foiblesse ils Vavoient mendiée. Si leur haute vertu ne l'eût répudiée, corn. Quelque sot en ma place y seroit demeuré; 11 eût perdu le temps à gémir, à se plaindre, id. S'il n^avait pas langui dans sa ville alarmée, Redoutable, en sa cour, aux chefs de son armée, Punissant ses guerriers par lui-même avilis ; S'il eût été terrible, etc. volt.
V La poésie admet un verbe au singulier avec plusieurs sujets; il ne s'accorde alors qu'avec le sujet le plus rapproché. Ex. :
Après qu'entre leurs mains j'ai remis mon empire, Pour m'arracher le jour l'un et l'autre conspire, corn. L'obstacle qu'ils y font peut vous montrer sans peine Quelle est pour vous et moi leur envie et leur haine, id. Une église, un prélat m'engage en sa querelle, boil. Le Carme, le Feuillant s'endurcit aux travaux... L'un et l'autre aussitôt prenci part à son affront, id. Que ma fui, mon amour, mon honneur y consente, rac Quelle étoit en secret ma honte et mes chagrins!... D*où te bannit ton sexe et ton impiété...
LICEItCEft DK CRAMUAIKE.
It destina. RAG
La Mite «t l'appartil qui vous »
Set menaces, sa voîi, un ordre m'a troublée...
.Vi ersintp, ni respect ne m'en put détacher, id.
Ane. chfivBl et mule aux foréls habiloit ' . la pont.
L'ua et l'autre eicùs ehogw, et tout homme bien Mt^e. mol.
Celle de qui la gloire et l'infortune affreuse
Ktltntit ' jusqu'à nous. ïolt.
5° Dans certains cas, le po^te est libre de choisir
lire l'infîniLif et le participe passé : Seigneur, quand pour l'empire on s'est \udisigner, Il tant, quoi qu'il arrive, ou périr ou régner, coav. Tandïâ que mon Taquin, qui se voyoït priser,
w^ftcun rid moqueur les prioit d'excuser, doil.
^■■i, reprit le lion, c'est bravement crie', ux fom.
f^ Koasignols, c'est asseï chanté, théopu.
ELLIPSE. ■ — On appelle ellipse le retranchement un ou de plusieurs mots qui seraient nécessaires our la régularité de la conslruclion. 11 j a des elpses en prose; uous ne nous occuperons que de elles de la poésie.
6' Qtjaod plusieurs noms ou verbes sont complélent» des prépositions de, à, il faut, en prose, rééler ces prépositions devant chaque nom ou verbe. D vers, celte répétition n'est pas nécessaire :
Il eàtvrui; maiâ pourtant je oesmspasd'uvis
De dégager uiesjuurâ pour les reixlru Uitservis,
El MU9 un nouvel uslie alier, nouveau pilule,
Cundmre eu autre mer mon ndvire qui ilulte. régmeb.
lTu
t aiec M ccnltnCafl.
lori ifue La Rirpc, trop pr^occup^ dct cilttcitces de la proM, Ht cttm lurtUcsK. Radav m roiirnll beaucou|i d'^ifinplei qu'on ■jouter a cvui qu* nous avons ilonaf^ rtme w*c *ffragé.
108 CHAPITRR X.
yu'il devienne IVffroi de Grenade et Toifde *, coii!f. Je ne veux que celui 'de vaincre eipardonnn.,. Je remets «î ton choix de parler ou tê taire^,,. Afin de la connoître et détromper* le roi. id. A vaincre la Hollande ou battre l'Angleterre, boil. Gardez donc de donner, ainsi que dans Clélie, ^ L*air ni Tesprit françois à l'antique Italie,
Et sous des noms romains faisant notre portrait, Peindre Cuton galant et Bru tus damereU id. Mais mon secours pourra lui donner les moyens De sortir d'embarras et rentrer dans ses biens, mol. De risquer à propos et bien placer l'argent, la Fosnr.
Quel fruit revient aux plus rares esprits
De tant de soins à polir leurs écrits,
A rejeter les beautés hors de place,
Mettre^ d'accord la force avec la grâce? rouss.
7"" La poésie peut se dispenser de mettre un pronom en tète d'un second membre de phrase, quand bien même le sujet est déjà assez éloigné :
Mais je sais peu louer, et ma muse tremblante Fuit d'un si grand fardeau la charge trop pesante; Et, dans ce haut éclat où tu te viens offrir,
4. Scudéry avait blâmé rclUpsc de la préposition : Voltiire défend Corneille rentre rAradémIe.
■ 2. L'honneur.
3. Voltaire : c La grande exactitude de la prose veut de te taire; mais il faut renoncer à faire dos vers , si cette petite licence n*est pas permise. •
4. Vollalre : « Il faut, pour l'exactitude, et de détromper; mais cftK" licence est très-excusable en poésie. Il n'est pas permis de la prendre clans la prose. »
(> que Voltaire accorde ici deux fois à Corneille, Il le refuse ailleurs i un adversaire :
D'imaginer fians cesse une sottise rare ,
Et , pour se distinguer , tâcher d'6lre bixarro.
« La langue, dit-Il, aurait voulu de tâcher d\-tre bizarre, et la phrase ne pourrait pas se finir réguliiTement d'une autre manière; mais le vers n'y aurait pas été , et l'auteur a mieux aimé (juo le vors frtt contre la langue. •
!). « L'exactitudo grammaticale veut qu'on répMe la préposition. Je crois rolto licence autorisée en poésie, quand olk» ne r(»nd la constnictlon ni dure ni obscure. » (La HARpr. '
LICENCES Dh: GHAMNAIIIL. I 09
dwnt à tes Isuriers, craindroil de les llclnr. boii.. nndamnai l»s dieux, et, sans pluà rien ouïr, vœu sur leurà aulelà de leur dè^béir. n.tc. [émissois, Doriâ, et d'un vainqueur sauvage ignois' derencanlrer l'effroyable visage... oracle effrayant m'attache à mon erreur; quand je veui cher<.'ber le sang qui m'afuil oudrc, ifit que fans périr je ne puis me connoilre. tu.
)n trouve dans les potSlea des ellipses encore
ardies : ]
pardonne, il est mou; s'il se venge, barbare;
donne, il est [irodi^ue; et s'il épargne, avure. Hornou.
«ur fut ta prison, mes faveurs' tes liens, conix.
devoir m'a trahi, mun inallicur ' et son père... nour n'est qu'un plaisir, et l'honneur un devuir ' .. Il voire tuteur, et vous son assassin... Mae pour tyran quiconque s'y Tait mallri< ; i)b sert, {lour esclave, et qui l'aime, pour trailre. id.
■ dans Racine ud exemple célèbre d'ellipse ;
nimois Inconstant, qu'aurois-jc fait lidéle?
D de : si tu arais étv fidèle,
Toicî encore une du même poêle:
is. partageons- nous, yu Ismael en sa garde MO (OUI le ciJlé que l'orient regarde ;
t prélraidii qu'il bllilt je craiV/naïi; ils Iguorcnt Us •nt* de la iMMbl--. Cl- q<i) >■»! ni'gllgpnce i-ii jiros* csl souitm
• On now-cnlritil [urfnl. C'j- iiV-i |hmiii imc lirnici', r'i>si un t ilan toutes ks langiim. ■ ■ Voli* 0(1 il rsi tirau île s'ékier aiwli-aiis Jcs l'i-ulfs iIp Ij k t'eianllodî iIcmanitcTïlt : «un drroir, el iu« p^r*, ttfnoH Il (roAi; niala l« imïiIdu rend ce d^wnlre de laruks tr^s-
wrijue (k Stu*ry i • Il rallall dire i l.-flnioiir n'eïi qu'un pluûir, r <■*( un dnoir. t \oiUln: Jusllllc ConirillL- : . Il y .1 |it-ul-*lrc un lUKk Bfanim»lrc; niais Ururci-, la u'fiid, la clarté de sens loui
110 CIAPITRB X.
Vous, le oôlé de TOuree; et roue de l'ooeident; Vous, le midi.
Voltaire a dit :
Peuple roi que je sers,
Commandez à César, César à Funivers.
Un auteur du seizième siècle, Jean de La Taille, a employé Tellipse d'une manière assez heureuse:
Jeûner, s'il faut manger; s*il faut s'asseoir, aller; S'il faut parler, se taire; et si dormir, veiller.
9'' Quand le mot ni devrait être répété en prosCi les poëtes peuvent l'omettre la première fois. Cette ellipse a un peu vieilli, et n'est guère admise qne dans le genre familier. Ex. :
Tu n'as crédit ni rang qu'autant qu'elle t'en donne, co». Je ne suis l'un ni l'autre, et suis plus en effet... Et ne me permettant soupirs, sanglots ni pleurs, id. Tu ne gardes pour moi respect ni complaisance '. bac. Moi ? parbleu ! je ne suis de taille ni d'humeur  pouvoir d'une belle essuyer la froideur, mol. Et qui ne connoissoit lavent ni le carême, la font.
Vous n'avez eu foi, piété ni sens, bocss.
Aussi notre Uranie
N'est, grâce au ciel, triste ni rembrunie, id.
Je ne connais roi, prince ni princesse, volt.
Remarque. Nous pourrions ajouter un grand nombre d'anciennes façons de parler qui se sont conservées, à titre de licences poétiques, pendant le seizième siècle et une partie du dix-septième '. Comme elles sont tombées en désuétude, nous mentionnerons seulement les principales.