Voyez, à la fin du volume, la iiolo T
3. « OUe inversion est trop rude , cl il n'osl pas pornib de nietu-c ajosi I» préposiUon à colé de l'arlicle de :
Pour de lui me seivir cl d'elle iiic délaire. Cela est luléré loul au plub diins le style plaisant qu'on appelle nuiroltquc. "
( VOLIAIKE.)
11 n'est pas moins choquant de séparer la préposition et le substantif qui en dépend :
Malgré de nos destins la rigu^^ur importune, corn.
V En général , il faut éviter les inversions qui produisent une amphibologie , comme :lans ce vers :
A peine de la cour j*entrai dans la carrière, volt.
Ijb poète veut dire : A peine f entrai dans la carrière de In cour. Mais qu'arrive-t-til? c'est qu'il n'eût pas construit sa phrase autrement, s'il eût voulu dire que 9 sorlant de la ccmr , il était entré dans la carrière, etc.; et, par le dérangement des deux particules, son vers présente en effet ce dernier sens, suivant les principe de notre construction'.
Je jure à tmm relunr * qu*ils périront tous deux, couf . La «ertu d'un carur nMe est la marque certaine, boil. ^el |>ere de mn $ang se piatt à se priver? ràg. Vn ami de née* pan fut le seul compagnon, volt.
Ces quatre derniers exemples, quoique moins répn'-hensiblcs que le premier , offrent cependant quel*qiip chose de louche'.
.V Enfin on évitera les inversions forcées, dans le umn* de celle-ci :
Tu n'iH Cait le devoir • r/wf d*un hommo de bien. corn.
I 1^ H^n» Court de liît^ralurf, I. IX , p. 4l2 .
; . Il fiMt. «m Voltalrr : Jf lure qu'à mon retour. •
j I ^ ««-r» Minatiu. dr Boivolimi, pr^vnlcnl un^ ambiguïté loipardon-
I « ll^non:fr«'c a prrtfntj
Aui ét'iX hottt» du mondr connu.
• ^^..à^ftr^, de f "iii rendre ennnu aut d*»ut Ik»«I< tlu liHmd<». i • Il Uni . fin 1^ Harpe : f/nf h drrotr d'un homme de bien, •
La dureté de la construction frappera surtout dans les passages suivants , qui sont de Grébillon :
Sûre , pour établir son pouvoir et le mieo, Contre un roi qu'elle craint que je n'oublierai rien... Qu'il te suffise enfin, Phéniœ, de savoir, Victime d'uu amour réduit au désespoir, Que par une main chère, etc.
Pour, que victime d'un amour , etc.
DE l'emploi de l'inversion.
En général, T inversion n'est pas exigée : son emploi sera déterminé par le besoin de la mesure et par les exigences de Tharmonie.
Nous ne la voyons pas dans les vers suivants :
Me dit que ces bienfaits dont j'ose me vanter, boil. C'est maintenant, seigneur, qu'il faut me le prouver, rac. Ai-je flatté ses vœux d'une fausse espérance? id. Le roi m'abuse-t-il d'une espérance vaine? crébill.
Rousseau y imitant un vers de Corneille, n'a pas conservé Tinversion employée par son modèle :
Je sais trop que l'Amour de ses droits est jaloux, corn. Ce n'est point par elfort qu'on aime, L'Amour est jaloux de ses droits, rouss.
Mais Tinversion est quelquefois obligée : c'est lorsque l'idée, distribuée d'une manière progressive, doit finir par le trait le plus fort. La poésie alors a un grand avantage sur la prose, laquelle ne pourrait emprunter cette heureuse gradation.
Ce vers de Racine :
Et que méconnoitroit l'œil même de son père.
deviendrait faible si Ton mettait : que Vœil même de son père méconnaîtrait.
LicrttcGs. — isvFiiisios. 1('3
" L'inversion bien employée, (iitLaUîirpe, est d'auliDlpIus nécessaire, que souvent elle est le seul trait (pti diCTérencie les vers de la prose, et qu'en général, elle soutient la phrase poétique, et lui donne me marche plus ferme et plus nohle.
Un Itmple. orné partout de reslonsmagniPiques. L« peuple saini en foule inondoil les portiques, rac.
« Changez l'ordre de ces deux vers, et mettez :
U peuple saint en foule inondoit les portiques Du temple , etc.
U phrase se traîne sur des béquilles '. >i
Avant qu'un peu de terre, obtenu par prière,
Pour jamais notis ta tomba eAt enfermé Molière, boil.
La phrase devient languissante si l'on transpose UQsi:
Edl cnfenoé Molière à jamais sous b tombe. Réciproquement, il faut s'abstenir de l'inveraion.
t, C»iÊn de littérature, t VIU, p. ISB. Le même criiltiue, ipropwdo !lnii ftn d« la Henriade, entre encore dans une uialT<e bien propre 1 ntrar le goût :
iDe dlipse lr««-hirillc ; on ne dlriU Jamais, dans li prose I* I lurtur dimlmcr, pour la lerretir produiitpar teiilente. I, ainsi rapprocha, auraient quelque f how île trop discordant ;
ut Id nu seeour* dr la po*sle ; ei ■ en
BlenlAi de ce lilencr lugmcnis l> lerreur. CCI deox oMM, linil itpuéi, n'ont plus rien de choquanL, et proUulseni leur ■fet, parce ijite U bardlcHC de l'eipreulon ne null en rien * t* clarté du uBt. .rfWd.L VII. p. 110.}
104 CHAPITRE IX. INYKRSION.
quand elle détruirait ou aiTaiblirait Teffetde la phrase :
Ils mettroni la vengeance an rang des parricides, kac.
La pensée est énervée si Ton met : Au rang Jes parricides ils mettront la vengeance.
Dans cet autre vers du même poëte :
Je commence à voir clair dans cet avis des deux,
qu'on transpose ainsi :
Dans cet avis des deux je commence à voir clair,
et, au lieu d un vers de style soutenu, on a un vers de comédie '.
D'après les mêmes principes, on approuvera la construction dans ces vers de Voltaire :
Cet hymen fut conclu sous un affreux augure.,, La mort fuit, et le Dieu du ciel et de la terre Annonce ses bontés par la voix du tonnerre,
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