‹ Traité de versification françaiseChapitre 5 sur 212 · DIFFÉRENTES MESURES · texte numérisé non relu

DIFFÉRENTES MESURES

\a poésie est Fart d'écrire en vers.

l'n vers est un assemblage de mots arrangés sui- ^anl certaines règles fixes et déterminées.

U lersipration enseigne les procédés particuliers * chaque langue pour construire les vers.

Us vers français diffèrent de la prose en trois points :

1* Ils ont un nombre limité et régulier de syllabes ;

V lis se terminent par la rime, c'est-à-dire par ^neconsonnance pareille qui se trouve au moins à la fiû de deux vers ;

3* Ils n'admettent pas Vhiatus\ c'est-à-dire laren-

t* Nous Mmines de l*avis dos grammairiens qui pensent, contre Tautorité ^btaucoupde bons auteurs et de T Académie, que Vh de ce mot devrait être

contre de deux voyelles dont Tune finit un mo Fautre commence le suivant^ comme tu es, fat Ve muet egt geul exeepté.

Une syllabe est proprement la réunion d'une ou plusieurs consonnes avec une ou plusieurs voyell comme la, il, le9, nous, jeu, priop, etc. ; mais, extension, le mot syllabe est pris pour synonyme voyelle : ainsi Ton dit que le mot Aai' a deux syllal

Puisque les vers français ont un nombre fixe syllabes, ilfkut apprendre, avant tout, à compter syllabes des mots qui y figurent ou qu'on veut y fc entrer. Scander un vers, c'est le subdiviser succe vement en toutes leg syllabes dont il se compose.

Toute syllabe compte dans le corps du vers, mè l'a muet final, à moins qu'il ne soit suivi immédis ment d'une voyelle ou d'une h non aspirée. Exempl L'hom-me-vient; les hom-mes-heu-reux. Mais Ton se dera : V homme-a-droit; Vhomme-heu-reuœ. Dans cec 1*6 muet final se perd, ou, suivant l'expression prop il s'élide. On dit encore qu'il y a élision de Ve mi

11 faut avoir bien soin de rétablir, en scanda les syllabes muettes que la rapidité de la prononc tion ne fait pas ressortir dans le langage familic feui'lle-ter , u-nepe-ti-teru-se. Il faut aussi diviser d( voyelles qui se suivent, quand elles ne forment ] une diphlhongue : Vous avou-ez, un di-amant, \ acti-on.

DaDS les imparfaits et les conditionnels , les tr

aspirée, et quMl faudrait écrire le hiatus. Cuvier ne prononçait jamais ai ment. Cette preponoiation fait du mot une lieureuse onomatopée. D*aill ranalogie dit pour ellr i on dit i C'est là le hie, et non pas T/itc.

NOTIONS PRéLIMIllÀlRES. 3

dernières lettres ent ne comptent pas pour la naesure : wu'laient , voihdraient. Il en est de même au pluriel du subjonctif dans les auxiliaires ^ qu'ils aient, qu'ils wient: ces mots sont monosyllabes K

Les mêmes lettres font une syllabe au présent de Vinilicatif et dq subjonctif dans les verbes suivants ; ffiHnif voi-^nt, empUri-ent, avou-etit , prirent , etc.

LV muet compte également à la iSn des mots : joue , iiipi-f y jou-e, etc.; et lorsqu'il est suivi d'une s : joi-es, tii)N-eSy tu jou-es , etc.

Quand deux voyelles se trouveront placées de suite, on sera souvent embarrassé sur la mesure qu'on doit leur attribuer. Tantôt il y aura diphthongue ou synérète, c'est-à-dire réunion des deux voyelles en une Mule syllabe; tantôt il y aura diérèse ou diastole, CMt-à-dire division des voyelles en deux syllabes. Nous allons passer en revue les principaux accouplements de voyelles dans notre langue , et noqs en indiquerons la quantité syllabique.

U. — i** Monosyllabe (Jwb diable*, fiacre, diacre, 'wrd, piaffer.

i> Monosyllabe, d'une seule syUabc; disyllabe , de deux syllabes; trityl' ^ de trob sylUbcs; polysyllabe, de plusieurs syllabes.

^ demande pardon à rAcadémic d'écrire disyllabey et pon dissyllabe : |a ^^ m'a paru mieux de la première façon. Je sais bien que les dictionnaires Kr<T^ écrÎTent indifféremment en redoublant ou non la consonne : J'ignore i^u'i quel point la première de ces ortiiograplies est légitime ; mais Je sais P<>stiveinent qu'en latin dhyllabus a la première brève. D'ailleurs l'analogie Rf^^qne est pour di-syllabe, puisqu'on écrit dimètre , dipodie , ditrochéi , ^ismhe, etc. La particule dis n'a que faire dans cette composition.

Quant à fn>y//abf, qu'on écrit trissyllabc, il n'y a aucune raison d'étymo- ^ pour redoul)ler la consonne.

1 Sur la diphtliongue de ce mol et des sui\ anU>, \q\vz la note 4 |a Ou du

2** Ordinairement disyllabe : Wpri-a, il sacrifi'af mari-age, di-amant, di-adhne, di-alogue^ Di-anc, H-are, fili-alf nupii-aly novici-at^ palli-atif.

Iai. — i • Monosyllabe dans bréviaire.

2** Ordinairement disyllabe : Yétudi-ais etyétudi-aif je confi-aif ni-aw (adjectif), atunli-aire, plagi-aire.

3^ Il est commun, mais plus souvent disyllabe, dans biais.

Un, ien, iant, ient. — V Monosyllabe dans mande*

2* Ordinairement disyllabe. Ex. : Fi-ancéc, confi-ant^ sourirantf cli-erity pati-ent, expéri-ence, consci-encef fri-and.

Iau.*— Disyllabe : Mi-^uler, besii-auXy provinci-aujr*

Ié, 1ER, lEZ, 1ÈRE. — 1^ Monosyllabe dans les noms et les adjectifs, quand la désinence n'est pas précédée de deux consonnes dont la seconde soit une liquide , /ou r. Ex. : Pal-mier^ fn-mier^ porAier^ prison-nier , pre-miery der-niery aUiierj pi-tié, ami-iiéy pied y fief (adjectif), lurmiere y pous-sièrej lierrey ciel\ciergey tiide, miette, assiette, ac-quierSy siège.

Ajoutez la désinence iez dans les verbes, quand ell^ n'est pas précédée de deux consonnes dont la seconde soit une liquide : Vous ai-miez, vous croi-riez.

T Disyllabe dans les noms et les adjectifs qui ont la désinence précédée de deux consonnes dontls

i. Nous disons ciel, mais l'adjectif est céleste; on dit cel en roman : Vd n'appartient pas à la racine latine. On peut établir comme règle générale que« dans ce cas, Vi ne compte jamais comme une syllabe. De ce principe on cou^ dura la quantité de ciel, miel, fiel, pied, fier, pitié, mortier, premier [ier remplaçant la terminaison arius). Mais Vi conserve sa valeur originelle dan» initié, essentiel, etc. Nos anciens pointes étaient conséquents en faisant hier iheri, ital. ieri) d*une seule syllabe.

QUANTITÉ 8TLLÀBIQUE. 5

seconde est une liquide : Baudrirer, étri-er, oumn-er, neyriri-er, sangli-^r, peupli-er, qtMtri-hfne;

A l'iofinitif et à d'autres temps des verbes de la première conjugaison en ier, comme pri-er, mendi-er^ iffi-er^ remédi-er, éimli-ez, pri-ez, alli-é^ initi-é.

Ajoutez la désinence iez dans les verbes, quand elle est précédée de deux consonnes dont la seconde est /ou r : Vous voudri-^z, vous m/n-f z , vous m^^- Ifhez , vous sembli-ez ;

Enûn Fadverbe hi-er^ et les motsptW/^, impi-été^ in^hel et ses dérivés, hardi-es^, maiéri-el^ essenti-elf mifci'el\ contrari-éié f vi-elle (instrument de musique \

\in. — r Monosyllabe dans les mots mien, tien, lim, 6»>w, ri>/i, vau-rien, chietif main-tien, viens, \à '•ew, abs'lirnne, appaMienne, chré-tien *.

2* DisyUabe dans les mots li-en ( dérivé du verbe W; Ainî-rns^ et dans les adjectifs d'état, de profession on de pay3, tels que magici-en^ hisiori-^n, 'hirurtji'en^ Phn/gi-^^tif Indi- en, Vniiti'en,Auirichi'^n^. Ajoutez aêri-en.

( 1' ■>•*( p'mrifl n'a qiir <|«ui «ylUlics [>arcf que Ti n'existe pas dans ' «M uun : pluralit :

Jf L r*i i|u'un uu$\tUrr, k\ù%% c»t un pluritl. MoL.

! \/i«t f anctfH , iUml la (|tuinlllt^ |>aralt aujourd'hui dëfinili>eiiient flx^. '"^ r«Dft% itTf u% ont é%\ié dVn faire UMffe. Priniilhement re mot était Iri- "Itfir . w- M*rir (|r l.ouï!! \IV n'oM ul Mihre Cet exemple, ni le rt^fomier.

^'Âirnr* f^ii ufir rrmarr|iie Judlrieuv sur ce «er» de (iorneille :

J A» »« :<-ui II di Uil (l'un nnrt-tn vairt.

• i%'*fm «V tn>K «^lUIieik rend le \vT% langui^MUit ; an€im de deux lyl- -'^ •! ^oi 'îtir On f%t n^luit k ésïlrr ce mol quaml on %eut faire des vert *• »v^ »- r fmtr r«iri illr. •

* 11-4 '«m; l**^*" |ur \i»|lalrt'.

6 CllAPltilE t«

3^ Commun dans le mot gatditn^ .

Ient. Voyez IaKt.

iBu.-^r Monosyllabe dans les mots lieu^ mi-lieu j dieUf UrdieUf piéU^ éfieu, essieu, cietix, t>iettcD| mteuor, yeux.

T Disyllabe dans les adjectifs : Pi-euœ , odi-eux , oubli-eucOf envi-euO), injuri-euœy intéri-eurf extéri-eur \

lo. — V Monosyllabe dans le mot pioche*.

2** Ordinairement disyllabe. Ex. : Vi-olence, vi^oM, vi-o/on^ péri-odep médi-ocre, di-ocèse ^ ctirt-o«t7e, idi'Ot , tharri'Otj mari-onneite.

Ion. — r Monosyllabe. Est monosyllabe la désinence ions dans les verbes, quand elle n'est pas précédée de deux consonnes dont la seconde soit une liquide, comme : Nous ai-mions, nous sortions , nous aime-rions , que nous croy-ions.

2"" Disyllabe. La désinence ions dans les verbes, quand elle est précédée de deux consonnes dont la secondé est une liquide : Nous entri-ons, nous voudri'Ons, nous metlri-ons, nous sembli-ons^;

La désinence ions à la première personne du plu*

(. Aujourd'hui ce mot est plutôt disyllabe , ainsi que le marquent les Dietlonnairos des rimes ; mais on le trouve trisyllabe dans les vleùt poètes y et encore dans ceux du xvii* siècle.

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