‹ Traité de versification françaiseChapitre 55 sur 212 · La Harpe (t VHI, p · texte numérisé non relu

La Harpe (t VHI, p

HinHOME IMITATIVF,,

De l'Olympe a ces cris les portes radieuses S'oin-rml. et laissent voir les dieui et Jupilet... Le ciel même est changé. L'Aurore au front vermeil H» cache : elles'eDdorl d'un triste et long sommeil.

BMJAIIBEMeriT DB THOtS SYLLABES.

Horace, les voyant l'un et l'autre écartas, St retourne, et déjà les croit demi-domplés. cors. Quand Boirude, qui voit que le péril approche, i»s arrt'lt ; et, tirant un fusil de sa poche, etc. boil. Je répondrai, madame, iivec la liberté D'un toldal ' qui sait mal Tarder la vérité, luc. .Tout autre aventurier, au bruit de ces alarmes. Aurait fui; celui-ci, loin de tourner le dos, etc. la font. Li-dessus, maître rat, plein de belle espérance, Approchede l'écaille, allonge un peu le ctiu, Se sent pris comme aux lacs; car l'huitre tout d'un c^tip Se referme. El voilà ce que fuit l'ignorance, m. |l n L'8t perBODDe qui ne sente combien cet eojain-

Mment se referme présente une vive image de la

;bose.

■Vers la source sacrée ou le Ueuve rupust

-If*; il s'arrête, el tout baigné de pleurs, etc. nEi.iLLE. .Do long deuil sur les munt des sacrés édillces <S^èleridail ; et l'autel privé de sucrifices, etc. roucheh. S<ee monts ont disparu ; leur vaste amphilbéâlre S'a6ar>ïf .'toutaprisun vêtement d'albâtre. iD.

ENlAMBEHBTiT DU QUATRE STLLABE9.

L'flimable Bérénice eutendroit de ma bouche

Çii'on l'ahandonnt' Ah ! reine, el qui l'suroit pensé? hac.

nnstre, déployant ses ailes ténébreuses, Vùlê <M Cathay, s'abat sar ses villes nombreuses, rcvciibb .

a Cc*t«niORlple)nsd'un<'tilnuoiiU!>lngullèrr,<|UlHr>clérisp''n< Burrliu), pir Mlle résore roup*p. d'un toldat, tic. ■ JVoltai KM àt te mol ic toldal, qui i>9i Burrhua parlini k itrlcr, rrlèir renlambcinriil. • ■, !■* Habpi.

Remarque. Comme nous ravons dit , renjambemeal et le rejet frappent Tespriti en détachant une por* tion du vers qui ordinairement n'est point ainsi isolée* Dans certains genres qui admettent le mélange dei mètres , les poëtes produisent un effet analogue en rejetant un petit vers à la fin de la phrase. Nous pa^ lerons de ce moyen à la fin du chapitre XV.

CONCLOSION.

Je me suis étendu sur ces effets de Tharmonie imitative I pour montrer que notre versification , qu'on accuse d'être timide, monotone, et qu'on a essayé, dans ces derniers temps, de dénaturer par des licences exagérées, est, entre les mains des grands poëtes, hardie et variée, sans sortir toutefois des limites du goût.

En français, comme dans les autres langues, la poésie ne produit l'harmonie imitative qu'en s'éloignant de ses habitudes. Elle n'a pas coutume de s'imposer le choix de telles lettres, de telles codsonnances; de violer les règles de l'hiatus, de la césure ; de se permettre l'enjambement : quand elle le fait, son intention est d'autant plus frappante. Sem* blable aux autres arts, c'est par des procédés plus rares, c'est en quelque sorte par des heurtements qu'elle ébranle d'une manière plus énergique.

Toutefois il ne faut pas abuser de ces moyens : une recherche inconsidérée de l'harmonie imitative trahit l'affectation. Employés à propos, que ces effets aient encore le mérite de ne rien présenter de forcé. Nous avons cité dans ce chapitre plusieurs exemples dignes

■▲KMOIIIB IHITATIVB. 175

Hoge empruDtéa à Roucher ; mais la lecture de son Mme fatigue, parce qu'on y voit la perpétuelle con- Mtion d'un esprit qui court après les efTets. F/C gène trouve les beautés; le faux goût les dénature en «outrant.

C'est une malheureuse idée que d'entreprendre un poème sur rtfarmonte imitative, c'est-à-dire de tenir pendant quatre chants la poésie dans un état violent. De Piis avait conçu un ouvrage dont aucun talent ne pouvait triompher. Nous en transcrirons quelques Ters :

Ici. uu forgeron fumeo ta D lia fournaise,

] allume a^ec effort la pétillante braise,

Et net flasques soufflets, péniblement enflés,

Roulent en chassant l'air dont leurs flancs sont gonflés.

(kp U terre a mon gré façonnant les entrailles,

J«> !es ronfle ensuite à la dent des tenailles ;

El dans le lac dormant dont Teau fume et frémit «

PU Dgt- ju»ques au bout, mon fer ruuge ^émit.

L«i ;e «uiB serrurier : ma vigoureuse lime

I) -jn r!ou d'abord meurtri ri\een criant ia cime,

l'n ama4 de ressorts et de vis et d'écrous

rri'^iare entre mes mains le re{»os des jaloux ;

Jeiralne >ur ses ):onds une grille indolente;

J*' ran^e en ion;:» l)arreaux la rumpe qui serpente.

TanfAt du taillandier, tantôt du man*cl)al

Irr. tant par dfs T le travail matinal,

J-«ijU*ve un marteau que l't'k'jant Dflillt*

iTi-. jjiu- vti ruilrnr«* auî«M l«M*n qu»* Vir^'ile.

}'. \'i: l'OiU* fn trois temp<. pour dompter le nu'tal.

En frappant mon l\mpan d'un tintamarre t^gal.

Kn Tain trouverait-on dans ce morceau quelques I ers qui, pris isolément, seraient dun heureux efTet : : rt 1 1 ensemble qui est fatigant; et encore , n y a*t-il a qu'une page du volume.

176 CHàP. XIII. HARMONIB IMITATIVE.

Le poëte qui a 8U le mieux soumettre notre versification à Tbarmonie imitative est Boileau, dans le Lutrin. Après lui, Delille a créé quelques effets nouveaux, et mérité Téloge que La Harpe fait de lai à cet égard. Si Voltaire eût donné plus de soin an travail des vers, il aurait eu occasion de placer plas fréquemment dans sa Henridde des hardiesses de ce genre; mais elles sont d'autant plus difficiles à trouver qu'elles doivent paraître naturelles et produites sans effort.

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