‹ Traité de versification françaiseChapitre 54 sur 212 · Une brebis · texte numérisé non relu

Une brebis

HkHMOMIK IMITATIM;.

D" pHriE à l'inslaut aboriieni la cilé, boil.

On M tait; et bientôt on volt paruîire au juur, etc. id

Tu W souviens du jour qu'en Aulide assemblés,

Koe vaisseaux par les venu sembloient èlre appelés ; parliotit, et déjà par mille cris de joie, etc. bac. taff.etinoiMul, trop prumpt à me troubler,

Xavance des mallieurg que je puis reculer...

roui a fui ; tous se sont séparés sans retour...

Sa voix &'eslfuilenlendre avec un bruit terrible .

J'aieouTu. Le désordre était dans ses discours...

Sa démarche, kb yeui, et tous ses traits enSn :

CtKl lui-niéirui. U marchoit à côlé du grand-prétre. m.

Elle fuit. El le rat, à l'heure du repas, etc. la font.

U Fortune a, diU-on, des temples à Surste;

illont là. O (ut un de dire et s'embarquer, id.

t.es ligueurs devant lui demeurent pleins d'effroi ;

lu semblaient respecter leur vainqueur el leur roi : wJUcàittienl. Mail Mayenne a l'instant les ranime, volt. ■I« théâtre m'appelle à ses mouvans tableaux; l/ir vole : aos captifs â ma vue empressée, eic. delilub fcl« Kil couvre ce; monts, s'élève et les frnncliil, l^hn'ibf; les échos, dans le rnc qu'il monde, fttpétent longuement le fracas de son onde. HoicaKK.

Hâte pousse un long cri ; glucé par lu terreur,

Son curps rouJf, emporté par la vague en fureur, m.

Aujourd'hui dans le monde on ne connott qu'un crime,

Cm t'tnnui : pour le fuir tous les moyens sont bons, Pim

COUPR APRÈS orATKB SVLLABKS.

A>-tu vu quelle joie a paru dans ses yeux?

Ombien il csl sorti sBlisfait de ma haine?

(Jurât mépris' Ira. cobn.

Eh bim, alln, sous lui fléchissez les ^renoux. boil.

J* mmnftm tord. VoilA tout le prix de ma feinte. bac.

• It y I iduu Jrtanri lifiurnup de^ pi*.... Ou* cCstirr Intrmmipiip au teroi r qutrc s]rUal>«, (ait un rlTrt rliarniaiil aur r* de t'arl fnreDl Iniroilulirs par Ruine , <

il n*y ■ que Im raniialiMim

•lï

166 GBAPITRI XIll.

Que les peuples entiers dans le sftûg lOieiit aofis;

Je veux qu'on dise un jour aux peuples eflirayés :

IlfiUdes Juifê!..,

Si ma fille une fois met le pied en Aulide,

EUe est morlê : Calchas, qui l'attend en oes lieux,

Fera taire nos pleurs, fera parler les dieux, aac

De deux fils que j'aimai les dieux m'avaient Dsit père;

fai perdu Vun : que di»je? Ah 1 malheureux TltuSi

Parle, ai-je encor un fils? volt.

/I veut jNirler; sa voix expire dans sa bouehe. ift.

Coufes dam U seocfid hàhiittckê.

GOUPX APEftS LÀ NXDVlàMB STLL4M.

Pour m'en éclairdr donc, fen demande ; et d'abord Un laquais effronté m'apporte un rouge-bord. boil. Cependant le prélat, l'œil au ciel, la main nue, Bénit trois fois les noms, et trois fois les remue. II tourne le bonnet, V enfant Hre *, et Brontin Est le premier des noms qu'amène le destin, m. Chacun peut à son choix disposer de son âme : La vôtre étoit à vous, fespérois; mab enfin Vous l'avet pu donner sans me faire un larcin, eac. Le ciel brille d'éclairs, s'entr^ouvre, et parmi nous Jette une sainte horreur qui nous rassure tous... Achevez votre hymen, fy consens; mais du moins Ne forcez pas mes yeux d*en être les témoins... Il se lève, il l'embrasse, on se lait; et soudain César prend le premier une coupe à la main... Je l'ai trouvé couvert d'une afflreuse poussière. Revêtu de lambeaux, toutpâU; mais son œil Conservoit sous la cendre encor le même Orgueil, id.

Tout pâle : la prononciation même vous arrête sar la pâleur, et en même temps le vers remonte par ces motSi mais son œil, et vous porte naturellement

1. « L'acUon est marquée par ce mouvement, qui suspend It Ttn. » (U

HAHMONIR miTATIVE. 167

l'autre vers. Cet art est familier à tous les bons

rsïGcateurs '.

La Fontaine , qui connaît si bien toutes les res-

ferces de l'harmonie imitative , a fait un heureuï

ige de celle-ci :

|t Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense

|<Qu'ilei>t boD que cbacuQ s'accuse ainsi que moi...

f A 969 côtés sa femme

I» Lui crioit : Attends-moi ; jf te suis, et mon âme, |b Aussi bien que ia tienne, est prête & s'enfoler...

iPouleli, poules, cbapcns, tout dortnoit. Le fermier, Laisiiant ouvert son pouiuiiler, etc...

Mes jours sont en tes mains, tranche-les; ta justice ICesl Ion utilité, ton plaisir, ton caprice... Quatre corps étendus! Qvt de bimt! mais pourtant Il laut les ménager ; ces rencontres sont rares. ËVoltaire a employé la même coupe avec succèa .- Lltome l'emportera , je le sais; mais enfin f Je ce puis séparer Tullie et mon destin... M Je pressai son départ, if partit ; et depuis || Kes lettres chaque jour onl nourri ses ennuis... I Murmurez , pi signez- voua, fdaign^z-moi ; mais partei. , Hélas I quel est te prix dfK vfrtus ? la souffrance,

fbe genre d'effet convient particulièrement daos tes

■ntions et les deecriptiona :

I Tintôt un vaste amas d'effroyables nuages S'élève, s'épaissit, se décliirt, et soudain La pluie à Ilots pressés s'échappe de son sein, oblills. Uorsson Œil s'enflamme, il^mif; son baleine ^te» (lance pat pi tans ne s'échappe qu'à peine, m. Elle * a percé la nue , tUe ccruf« : un doux bruit A peine dans les bois de sa chute m'instruit. nouCHRB. le peuple et le soldat , tvutt fuyait. Une femme S'élance ; et d'une voix que la colère enflamme, etc. ii>

^ plate.

(L Vlll.p. ini.

La Harpe a loué ce vers de Ronsard, sur la Fortune :

Elle allaite un chacun d'espérance; et pourtant, Sans être contenté, chacun 8*en va content.

(c Ce mot d'espérance, formant césure au cinquième pied I coupe le vers de manière à produire une suspension qui a un effet analogue à Tidée de Tespérance *. »

Remarque. La coupe sur la neuvième syllabe, par cela même qu'elle a quelque chose d'étrange, doit être réservée pour produire des effets, ainsi qu'on Ta vu dans les exemples précédents. Mais elle devient blâmable quand elle est sans intention , ou que Yintention est manquée : elle se réduit alors à une sorte d'enjambement du premier hémistiche sur le second.

On trouve ce défaut dans les deux exemples suivants :

Il prie encore , il prie ; et d'un nuage immense

Son œil épouvanté voit les flancs épaissis

S'élargir, s'allonger sur les monts obscurcis,

Descendre en tourbillons dans la plaine*^ et s^étendre. rovchëa.

Dieu les fit donc aussi plus /ieureox? Quelle erreur! dblille.

Plus rarement le vers est coupé après la huitième ou la dixième syllabe.

4. Il ajoute : t Ronsard a connu aussi l'usage des phrases d'opposition ei (rintcrposiUon , autre espèce de variété dans le rhythiuc. Il dit , en parlani du siècle d'or :

Les champs n'éioient bornés, et la terre commune. Sans semer ni planter, bonne mère, apporloit Le fniii qui de soi-même bcureusement sortoil.

t Bonne mtre, placé là par interposiUon, est d'un effet agréable. »

2. »« Cette affectation de placer une césure au quatrième pied, sur de» mots aussi insignifiants que dant la plaine, est le dernier de^r^ de l'ignorance et du mauvais goût. » (La Harpe, t. VIll, p. 116.;

lURHOMK IMITAT1VK.

^L COrfB APRÈS LA HUITIËHB SYLLABR

k Hsanné , je renule , «t runrrt ; alors Orphise

De $a frayeur mortelle aurunemenl remise, etc. cobn.

L'Altiqiie est votre bien. Je paru, et vais pour vous

Réunir tous les vœux partagés entre nous. bac.

Et périssez du moins m rot, s'il faut périr...

Mais il ne s'agit plus de vivre, il faut régner, id.

Il prend i tous les mains , il meurt. Et les trois frères

Trouvent un bien fort grand , mais fort mêlé d'affaires, la font.

Dirja l'obscure nuit fuyait, et le destin

Sur eux tenait encor le succès incertain, roucheb.

La Harpe cite avec éloge le passage suivant de ce dernier poète :

Hais trop soinent la neige, arrachée à la cime,

k Roule en bloc bondissant, court d'abîme en abloie. Bronde comme un tonnerre , et grossissant toujours , ft travers les rochers fracassés de son cours, 'k Tombe dans les volcans, .''y brise, et des campagnes BemODle en brume épaisse uu sommet des montagnes. » C'est ici , dit-il , que les vers sont bien coupés et les césures bien entendues. Voilà comme on peut varier le rhythme suivant les bons principes de l'art. "

)[IPE APBËS L

OMiupir redoublé... — X'achemi point : allei;

Je vous obéirai plus que vous ne voulez, cobn.

Et puis, quand le chasseur croit que son chien la pille, dit adieu, prend sa volée, et rit |bfie l'homme qui, confus, des yeux en vain la suit, la pont

^os tombeaux se rouvraient; c'en était /aif ; Tarquin

bDtrait, dei cette nuit, la vengeance é la main. volt. tjpBi antmaui ont fui. l'homme éperdu frissonne;

|f>'Dniver« ébranlé g'tptmvante... I.e dieu '

n bras étinceiant dardant un trait de feu , etc. uelillk.

S 6. HARMONIB IMITATIVI aÉtOLTANT DU BRIAMBtlItirrS, DBS MUETS.

V enjambement reporte dans un vers an ou plusieurs mots qui sont le complément grammatical du vers précédent. Nous avons déjà vu , dans le chapitre précédent, des coupes suspendant le sens dans le corps du premier hémistiche ; mais c'étaient de petits membres de phrase isolés, ayant leur sujet; tandis que Tenjambement rejette dans le vers suivant une partie même de la proposition.

Employé avec art , Tenjambement est une des ressources deTharmonie imitative'.

Les grands poêles du siècle de Louis XIV en ont rarement fait usage. Boileau, dont la versification est si riche en effets imitatifs de tout genre, n'en présente qu'un petit nombre, et encore sont-ils Irèsadoucis. La raison en est , je pense , qu*il voyait dans l'enjambement une plaie dont la poésie n'était pas encore bien guérie , et le sévère réformateur du Parnasse ne voulait pas contribuer au mal , même par une hardiesse légitime. Racine n'avait guère Toccasion de chercher les effets résultant de Tenjauibement; car ils appartiennent presque exclusivement à la poésie descriptive.

humilis stravit pavor), J*al osé passer^ pour la rendre, sur la règle de rhémisUche ; Je crois que c'est dans ces occasions que les licences sont permises. »

Mais quand la même coupe est sans but cl sans effet , elle doit être condamnée. On fera ce reproche au vers suivant :

C'est que l'hoiuine n'est ]>as un iusecte. Dis -moi, etc. delille.

4. < L'enjambement^ dit La Harpe, doit produire des beautés. 11 est vicieux, à moins qu'il n'ait un dessein bien marqué et bien rempli. » Et ailleurs î « Toujours avec celte condition Indispensable, que renjambemeni aura un efPft , et un effet sensible. »

HAmMOHIB miTATIYl. 171

Comme nous TavonB faii pour 1m coapcB, nous classerons les enjambements d'après le nombre des syllabes rejetées.

MIAMBUIBirr D*imB STLLAU.

Viens , descendit arme-toi; que ta foudre enflammée

Frappe, écrase à nos yeux leur sacrilège armée, volt.

Quelquefois l'un d'entre eux, vaincu du poids des grains

Ou*il traîne en haletant aux greniers souterrains,

Tombé, et tout épuisé de force et de constance, etc. aoocBia.

Du rosier é|>ineux la tige printanière

S'cucre, et laisse échapper sa feuille prisonnière...

Sur les pas du semeur la herse lentement

ilampe, et, hrisant la glèbe, en couvre le froment, id.

Comme on le Yoit dans ces exemples, et comme un le Terra dans les suivants , Tenjambement consiste dans un verbe; il est ordinairement adouci par la conjonction et, qui le suit immédiatement.

EVJAMBEMENT DB DKUX STLLABB8*.

fVs chantres désormais la brigade timide S'écarte, et du palais regagne le chemin, boil. Le chanoine, surpris de la foudre morlaiie. Se drtue, et levé en vain une ttHe rebelle, id.

Racine, dans /^5 Plaideurs, peint d'une manière expressive Taction d'un homme qui reprend sa respiration :

Et concluez. — Puis donc qu'on nous permet de prendre fiaUêne, et que l'on nous défend de nous étendre.

f ^iMk|«<* M ikui p<><*tcfl o'alcut paii ronnii, en g^iK^ral, toui cet effeti %^ ,^êt%^ et f}u'^ parUruli'T lU aii'iit Wii un UHagi* pfU divrri <1^ rci^anibem ot. c'p'iKUfit lolci fl^ui r&ruip|«>s d(* H<h(uifr daii^ It^urU II icrall diS- ^i^ àr aétoofultr** uik toteuUon htrurruv* :

b<« u. <|ui («irma «Un* mm de unit irnp* roniYfrs, FmrU, qiund à m v*mi un mi'lftnftr difcr*. . . TtMilM drui, lOnnD^ un irait 4r iiui r«Mi perd là U«CC, S'tnmttiêmi, M UMMni qu'an rrfr«t k \tmr plaet.

17 '2 cHAPinE iiii.

Nciua Allons retrouver ici le mdoctear des Gfor-

l n flot iu kMD blanchit , s'allooge, sTenfle et groade;

Soudain 1^ mont liquide, iAevé dans les ain«

lif*icHHKf : un noir limon bouillonne sur les mers, nnaux.

)l nvanrbf « H près de lui le peuple entier des mers

lif%i»ii!|. 14 ftiil au loin jaillir les flots amers...

ï^«i& x'^^^uTMit enfin le batafllon volant

> iiêâm^r aiwai pr^aé que ces gouttes nombreuses, etc. id.

IftvoM^Wr )\i\>)igue renjambement; mais il réussit ikj^ >ri«i^ ^« iMipsi i en tirer bon parti :

V ^>««r <r .«MA^ <^ asrini tovau plus ferme Smvi. ^Kiâir«Qi&x )M«Sf«a qui renferme... V^ik v^ift^K jii«; laamwT^ : le noq^re de la nuit

^ ji«Ma< «ÉfeOMT jir HNti^ a f^H tau^ ie bruit , . ^« ïKWn sj^Mi' ;iaw^ w^ acs renandiie

V i<w^v.v«. r% >ai' »^ Mkia^a«^ Monvie un voile étendue. -**to^. :ie 4 nMCfteiir tfMK^ jmts Ikii.'S allrrés^

-> - uvi V iiMUiS» imftf «fte césure et dod pa

^-•s av*.t . -i «« xrjR^^ $iis^jDin à propos avec la

v>^^à** , >« >*tw^ i**K -iH^ jiac <ip* mots : et sur les

'«-..-■<' :^i. Htiuv iii^t»r«;ti:i/a >» rèçles dans les

' -^ïx .*^v\w<u^5^, .. ^çKtf^ -t >?-aiif -^.*i . ese. C'est ainsi

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Mirons, imit V^ir^

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tiaraMiM HMOMue' *

■AMOHIE miTATITE. 173

De rOlyoïpe ■ cet cria las portes radieuies S'oHrrenl, et laûaeDt voir laa dieux et Jupiter... Le ciel même est changé. L'Aurore au front vermeil ik emcke : elle a'eadort d'un triste et long sommeil.

■NJAIIBUIIirr DB TBOIS 8TLUBB8.

Horace, les voyant l'un et l'autre écartés,

Sf rHbumé, et d^ les croit demî-domptés. oonN.

Quand Boirude, qui voit que le péril approche^

Lm arr/te ; et, tirant un fuâil de sa poche, etc. aoiL.

Je répondrai, madame, avec la liberté

D'un solcial ' qui sait mal farder la vérité, bac

Toot autre aventurier, au bruit de ces alarmes,

.êtiruêt fui; celui-ci, loin de tourner le dos, etc. la font.

Là-dessus, maître rat, plein de belle espérance.

Approche de l'écaillé, allonge un peu le cou.

Se aent pris comme aux lacs; car l'huttre tout d'un coup

Sf referme. El Yoilà ce que fait l'ignorance, m.

H n\-8i personne qui ne sente combien cet enjamment $e referme présente nne vive image de la

Vers la source sacn*e ou le fleuve repose If arrtr^ ; il s'arrête, el tout baigné de pleurs, etc. imelille. Un long deuil sur les murs des sacrés édifices S^Hendaét:ti Taulel privé de sacrifices, etc. boucher. Les monts ont disparu ; leur vaste amphithéâtre S^imé»ie : tout a pris un vêtement d'albâire. lo.

B.*UAIiaB«B.Tr DB QUATBB STLLABBS.

L'aimable Bérénice enteiidroil de ma bowhe

9*1 ofi /'d/ioru/'/fin^.' Ah ! reine, el qui Tauroit pensé? bac.

|je monstre, déployant ses ailoft ténébreuses,

y^U (M rolAay. s'abat »ur se!* villes nombreuses, bovchbb.

I. • On t«f%<oni pMn» d'unr harmonk %lngtillèrr, f|y| raractéHtr «ti quel* 'facaa BmiBim. par rHIe rémrf coup^, d'un fofdaf, Kc. • 'Voltamb.*) I L'eMTfk da m» et rr mtoiàt t oMof» qui tu Burrhos parlant A ww \ rvlHr rcf^ambemrnL • : La HABPt.

172 CHAPITRK XIII.

Nous allons retrouver ici le traducteur des Géor-

ffiques^ :

Un flot au loin blanchit , s'allonge, s'enfle et gronde;

Soudain le mont liquide, élevé dans les airs,

Retombe : un noir limon bouillonne sur les mers, dslillb.

Il marche , et près de lui le peuple entier des mers

Bondit, et fait au loin jaillir les flots amers...

Plus vigoureux enfln le bataillon volant

S'élance, aussi pressé que ces gouttes nombreuses, etc. id.

Roucher prodigue renjambement; mais il réussit de temps en temps à en tirer bon parti :

El que le jeune épi sur un tuyau plus ferme

S'élève, et brise enfin le réseau qui renferme...

Nos vœux sont exaucés : le sceptre de la nuit

A peine autour de nous a fait taire le bruit ,

Une noire vapeur dans les airs répandue

S'abaisse, et sur les champs comme un voile étendue.

Distille la fraîcheur dans leurs flancs altérés.

« Le mot s'abaisse forme une césure et non pas une chute, et le vers, suspendu à propos avec la phrase, se relève avec elle par ces mots : et sur les champs, etc. Même observation des règles dans les vers précédents y s'élive^ et brise enfin, etc. C'est ainsi que Ton doit procéder en vers '. »

Voici encore des exemples du même poëte :

Aux rives d'un étang la troupe fugitive

S'abat; et l'un d'entre eux, sentinelle attentive...

4. « M. Tabbé Delille, Tun de nos meUleurs versificateurs, paraît s'être particulièrement occupé de maîtriser notre vers alexandrin par le travail des construcUons et des tournures, et do lui donner un mouvement aussi diversifié qu'il soit possible. C/est là le cachot de son Uient : et qui peut douter que ce travail heureux ne soit la suite naturelle d'une longue et pénible lutte contre la perfection de VirgUe, le plus grand maître de rharmonlepoéUque?» (La Harpe, t VUI, p. 90.)

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