‹ Traité de versification françaiseChapitre 86 sur 212 · I. TIMopbUa l'avili d^i pnttquiSi · texte numérisé non relu

I. TIMopbUa l'avili d^i pnttquiSi

t- ta FomalDe plaça le repo* lanUi i|)rt« 1>! MpUtmt, l

Et un peu avant :

0 Sagesse, ta parole Fit éclore Tunivers, Posa sur un double pôle La terre au milieu des airs.

Tu dis ; et les cieux parurent, Et tous les astres coururent Dans leur ordre se placer.

Avant les siècles tu règnes ; £t qui suis-je, que tu daignes Jusqu'à moi te rabaisser?

Deuxihne remarque. Nous avons vu (p. 222) des quatrains commencer et finir par une rime de même nature : c'était à la condition qu'une stance commençât par une rime masculine et la suivante par une rime féminine; et ainsi de suite alternativement.

Il aurait pu en être de même pour la stance de dix vers. Théophile a voulu la traiter sur ce pied; eti s'il n'a pas eu d'imitateurs ; son essai n'est désavoué ni par les règles générales des stances , ni par Tbarmonie :

L'eau de sa naturelle source Trouve assez de canaux ouverts Pour traîner par les plis divers La facilité de leur course :

Ses rivages sont verdissons, Où des arbrisseaux fleurissans Ont toujours la racine fraîche; L'herbe y croît jusqu'à leur gravier, Mais une herbe que le bouvier N'apporta jamais à sa crèche.

Ces petits cailloux bigarres En des diversités si belles, Où trouveroient-ils des modèles

DES STAIICBS. 257

Qui les fiiscnt mieux figurés?

La nature est loioiitable, Et dans sa beauté véritable Elle éclate si vivement, Que l'art gAte tous ses ouvrages, Et lui fait plutôt mille outrages, Qu*il oe lui donne un ornement.

3* modéie.

rs (le huit sj^Ilabes et vers alexandrins * :

Flambeau, dont la clarté féconde Fait vivre et mouvoir tous les cor|H> ; Qui, sans épuiser tes trésors, Ne cesses d'enrichir le monde ; Doux père des fruits et des fleurs.

Qui par tes fertiles chaleurt»

Achèves leur vive peinture ; Étemel arbitre des jours, Brillant époux de la nature, kil, adore Dieu qui gouverne ton cours. coDiur.

4* tHudele.

Mourante, bêlas! en vastes dons Elle* épuise encor ses richesses, Et de sa voix les derniers sons Vous annoncèrent ses large^s^^.

Mais d'où part ce torrent de feu?

Devant nx» s'ouvre Tempyiée.

Quelle est cette vierge sacrée , Qui sort sur un char lumineux?

■Htit I MânK' rr mrlatigr. • ^ui-lffucs p<M'(r%, tlU-ll. ont fjUl \r dii^in

dr tkmâr , mrlét dr huit ; iiial% U |»rrkNlc nir M'uitik- ëUtrs trof) t'Irn-

«• WÊÊithe ctt pëniMe rt k-iiU*. (.*r>l à U sUnce de qualrr ou lit- ù\

pkm qat am^lmt le «cr> hérulqur. » Olle muaniuc »*j|i|ilii|uc Mir-

I tfUataM dM» lcBi|tirh il > a Iteauroup U'alf \aiidriii».

i prtBcrwg AnncH^lMrtulic de L^orralnt,

258 CHAPITRB XVI.

Des éclairs de son fronl l'unive» se décore ,

Et la Duit se revêt des couteors de i'aoïere'* «lbbbt.

5* modèle.

Mais j'ai commis un grand blatphème

De douter de leur* équité;

Car de ta noire impiété

Tu te punis assez toi-même.

Leur courroux n'a point de tourmens

Qui s'égalent aux cbàtimens

Que ta mauraise foi t'ordonne; Tes sévères bourreaux te suivent pas à pas,

Et, bien que le ciel te pardonne, Ton remords étemel ne te pardonne pas. TouvAirr.

6* modèle.

Qu'un seul jour enfante d'alarmes 1 Tes maux naissoient : déjà les larmes Couloient de tous les yeux françois; Cher prince , une crainte mortelle Désoloit ce peuple fidèle Fameux par l'amour de ses rois.

Mais le ciel, satisfait des premières menaces, Fait luire des momens heureux;

Et par ce prompt secours, nos actions de grâces Se confondent avec nos vœux, la motte.

7* modèle.

Puissant dieu de la médecine.

Viens luire sur notre horizon ; Fais-nous voir les effets de ta force divine, Viens lui donner la guérison; Fais que les attraits et les grâces Conservent leurs premières places Dessus un visage si beau ;

4. J'ai U*ouvé aussi ce type dans Corneille. Théophile en avait pr^cédem' ment fait usage, mais U entremêlait différemment les rimes. 2i Des dieux.

DES STAnCES.

Que de see yeui brillans la cour soit i>clair^e ,

El que le Die de Cyllieros Y vienne loua les jouni allumer iun Uambtsu'.

8* modélt.

Us ebantant l'effHyable foudre Qui, d'un mouvement si soudain , Partit de ta puissante main Pour mettre Pignerol en poudre; Ils disent que tes balnilloni , Comme autant d'épais lourbilloni , Ebranlèrent le rocjusque dans aea racines; (jue mène le vaincu l'eut pour libârateur, Et que tu lui bâtis sur ses propres ruines Uq rempart éternel contre l'usurpateur. ciufSLAiK''

Les cruels aquilons , la terreur des nochiTS , Luttant contre les vents qu'ils trouvent ilans la |ilain< Siinent borriblemenl , et de la nii^me haleine Qui rend Stables las Ilots, font trembler ksrucburï. Éole, qui voit que la terre S'ébranle en celle rude guerre , S'écrioelles rappelle en vain^ Depuis qu'ils ont quitté Eon antre, On dirait qu'il» ont fuit dessein l)e la jeter hors de son centre*.

lu- MiKléU.

Ob! que bientôt sur mon rivage On verra luire de beaux joure!

Ohl combien de nouveaux amours Ha viennent des rives du Taj^l

1. Pitre anonyme, Ji! la i>fuuil*i-c iiiollle du ivir sicck, 1. Pnur Chapelain, ecttc stroplip n'est p»f mal tourn<<c. j. P'un rtcurll ir Foiiin choiitft Imprtnii; rhci tin : citic ofDrc on exemple de ccttt ftivplie i mil* Il i II Ivrt

Il far une rluK MmIoIm.

Que de nouvelles fleurs vonl naître sous vos pas ! Que je vois après vous de grâces et d'appas, Qui s'en vont amener une saison nouvelle ! L'air sera toujours calme et le ciel toujours clair ;

Et près d'une saison si belle L'âge d'or seroit pris pour un siècle de fer. nAans.

44* modèle.

Puissant auteur de la nature,

Féconde source de tout bien , Tu me sers de rempart et de ferme soutien ; Tu conserves, Seigneur, ta foible créature. Lorsque l'aveuglement où me plongeoit l'erreur

Devoit exciter ta fureur,

J'ai senti ta bonté propice; Et tu m'as délivré, malgré mes ennemis.

Des ténèbres de l'injustice Et des indignes fers où je m'étois soumis. Fiimcut.

42* modèk.

C'est un arrêt du ciel : il faut que l'homme meure;

Tel est son partage et son sort.

Rico n'est plus certain que la mort , Et rien plus incertain que cette dernière heure. Heureuse incertitude 1 aimable obscurité.

Par où la divine bonté Â veiller , à prier sans cesse nous convie ! Que ne pouvons-nous point avec un tel secours, Qui nous fait regarder tous les jours de la vie

Comme le dernier de nos jours? L'abbé tbsti

43* modèle.

Ainsi dans les jardins Ton voit de jeunes plantes ) Qu'on ne peut conserver que par des soins divers, Vivre et croître à l'abri des ardeurs violentes

Et de la rigueur des hivers :

Par une habile main sans cesse cultivées , Et d'une eau vive et pure au besoin abreuvées,

Elles fleurissent en leur temps ; Tandis qu'à la merci des saisons orageuses,

nES STANCES. Lm autfM, BU milieu des campagnes pierreuses.

Se flélrissent dès leur printemps. M"* nssHnrt..

1i' nioileli:

Ou plulCt, que du temps la marche soit iiûté«. (^oidonct a'avona-nous point panni noua ces héros (Jui i-hassëreol les rois Ae leur tombe insultée ,

Que les morts ont eus pour bourreaux?

Ilnnneur à c«s vaillaola que notre orgueil renomme !

Gloire à ces braves! Sparte et Rome

Jamais n'ont vu d'exploits plus beaux ! Gloire ! ils ont triomphé de ces funèbres pierreti 1 Il(> ont hrisé desos, dispersé des poussiéresl

'ili>ire! ils ont proscrit dw tombeaux! v- nfco.

15" modèle.

I* croiroift-lu, Louisî à ta gloire attentive. Pour l'immortaliser, j'ai voulu mille fois Te chanter couronné de laurier et d'olive, El mille fois ma lyre a langui sous mes doigta. Un hËros au-dessus des héros de la fable Est un écueil pour moi terrible, redoutable, Contre qui cent nochers à mes yeux ont brisé. Oui, depuis que tu cours de victoire en vicluire. Le dipu qui des grands noms fait durer la mémoire

^ ^roithii>mf me épuisé, m*" nf.sii ou libres.

Vers alexandrins et vers de sept syllabeB :

l.orsqu'pn des tourbillons de flamme et de fumé», Cent tonnerres d'airain, précédés des éclairs. De leurs globes brùlans renversent une armée ; ^and de guerriers mourans les sillons sont couverts: Tous ceux qu'épargne lu foudre.

Voyant rouler dans la poudre Leurs compagnons massacrés, Sourds A la pitié timide.

262 GHAPITBE XTI.

Marchent d'un pas intrépide

Sor leufi membroi déehiréi*. toit.

iV modèle.

Vers alexandrins et vers de »x Byllabes :

Immortelles beautés, régentes du Parnasse,

Germaines de ce dieu qui nous verse le jour;

Qui, m'ôtant mon rabot, me donnâtes Taudace

De fouler de mes pas votre orgueilleux séjour :

Aujourd'hui que la France abandonne vos charmes,

Qu'elle n'a plus d'oliyet que la fureur des armes , \

Qu'Armand' n'est plus l'Atlas de votre double mont;

Filles de Jupiter, incomparables fées,

Allons porter l'éclat de vos divins trophées

Chez les dieox du Piémont. Maître adam.

Les anciens construisaient aussi la stance de dii vers avec de petits mètres. Ces systèmes ont été abandonnés *.

$ 9. STANCB DB ONZB VBE8.

La stance de dix vers (de sept ou huit syllabes; a toute retendue que comporte une stance dont od veut que la cadence soit bien appréciée par Toreille. Aussi les stances plus longues sont-elles peu usitées.

La stance de onze vers est très-rare S C'est une stance de dix vers qui a un vers supplémentaire ou surabondant après le quatrain.

i. Malherbe avait déjà employé cette strophe, mais il commençait et fini»- <Hilt par une rime masculine.

Page 1