Extrait d'un recueil publié chez Besofgne
Touciié du même trait d'Amour Dont II a mOD âme blessée, Qui, comme un beau soleil ouvrant le sein des (leurs, Dissipe mes ennuis, et cuule, et me défende : Armez-vous lors, mes yeux, de flamme, au lieu de pleurs : Mon cœur vous le demande, dl bblijvh.
Tel qu'aux cris de l'oiseau ministre du tonnene, Plus léger que les vents et plus prompt que l'éclair, (In aigle, jeune encore, élancé de la terre,
S'essaie à l'empire de l'air :
Kn vain d'oiseaux jaloux une foule rivale Veut le suivre, l'atteindre et voler son égale ; Vainqueur il disparait, et plane au haut des deux : Tel, au cri d'Apollon, soudain brûlant de gloire, J'irais, j'irais saisir le prix de la victoire
Loin des profanes yeux, lk bbun.
Cette stance, composée d'un quatrain et d'un huilaîn distincts, est très-harmonieuse.
OBSERVATIONS (JKNKRALKS.
1° Nous aurions pu trouver dans les pui'lcs aiil<^rieurs au siècle de Louis \1V beaucoup d'autres modèles destances; mais nous avons négligé celles qui violaient la règle que nous avons donnée au commencemenl de ce chapitre, savoir que deux rimes de même nature ne doivent pas commencer cttlnir une stance'. Cette règle, fondée sur un principe général, a été longtemps ignorée.
Voici ce que dit Marmontcl à cet égard :
270 CHÀPITRS XYI.
« Je dois faire observer que les poésies régulières n'admettent guère ^ d'une stance à Tautre; la succession de deux vers masculins ou féminins de rime différente» C'est une dissonnance qui déplaît à IV reille; et si Malherbe se Test permise dans des stances libres et négligées , comme dans celle-ci :
Tel qu'au soir on voit le soleil
Se jeter aux bras du sommeil,
Tel au matin il sort de Tonde.
Les affaires de l'homme ont un autre destin :
Après qu*il est parti du monde, La nuit qui lui survient n'a jamais de matin.
Jupiter, ami des mortds, Ne rejette de tes autels, etc.
ni ce poëte, ni Rousseau n'ont pris souvent cette licence dans le style pompeux de l'ode. Ils ont bien senti l'un et l'autre que la succession de deux finales du même genre et de différent son^ comme matin et mortels, était déplaisante à l'oreille ^ et que, dans un poëme qui par essence doit être harmonieux ^ il fallait l'éviter. »
Rousseau est le poëte qui a fixé définitivement cette règle. Il n'y a manqué qu'une fois :
Mon âme, louez le Seigneur ;
Rendez un légitime honneur À Tobjet éternel de vos ju3te3 louanges.
Oui, mon Dieu, je veux désormais
Partager la gloire des anges, Et consacrer ma vie à chanter vos bienfaits.
Cependant les couplets , qui sont chantés sur une même mélodie^ doivent avoir tous aux mêmes vers des rimes de même nature ^ et l'on admet dans ce cas que le poëte s'écarte du précepte général.
DES RTANCHS.
Racine a mis dans un cliœur d'EslIirr :
Itoi^, chassez \s calomnie :
Ses criminel a attenUU Del plus paisible* Ëlals Troublent l'heureuso harmonie.
Sa Tureur, de sang avide.
Poureuit parloul l'Innocent.
Rois, prenez soin de l'absent Contre sa Umgue liomicide.
2° Nous avona dit que les stances doivent être en rimes croisées. Jusqu'à Malherbe, cette nêcessilc no fut pas reconnue'. Ex. :
Ce petit enfant Amour Cueilloit des Qeurs à l'enlflur D'une ruche où les avetles' Font leurs peliteB logeltea. honsabd.
Cette ode gracieuse du même pootc oITrc r^alcment des rimes plates :
Gentil rossignol passager, Qui l'es oncor venu loger Dedans celle Tralcfae ramée, Sur la branchette accoutuniée, Bl qui nuit et jour de ta voix Assourdis les monls et les bois, Redoublani* la vieille querelle DeTéréeetdePhilomëlc.
On s'étonnera que Dclille ait suivi une Tois cet exemple, depuis bien longtemps aliondonnc :
Beaux deux, où la moisson dore trois Tois les plaines Que àoi lifides zéphyrs lécundeul les huleino^,