‹ Traité de versification françaiseChapitre 89 sur 212 · MÉLANGE DE TROIS MÈTRES · texte numérisé non relu

MÉLANGE DE TROIS MÈTRES

Nos plus célèbres lyriques , Malherbe et Rousseau, n'ont pas employé plus de deux mètres dans une stance, et leur exemple a consacré cette méthode, qui d'ailleurs est ratifiée par le jugement de Toreille. Sfais, du temps d'Henri IV et de Louis XIII , les poëtes alliaient assez souvent trois mètres dans une stance. Les essais de ce genre ont été généralement peu heureux.

Ce mélange consistait ordinairement en vers de douze syllabes^ de huit et de six; plus rarement on faisait usage du décasyllabe.

QUATRAUf.

Heureux qui dans son âme a fortement gravée La crainte du Seigneur 1 Sa loi sans chagrin observée Tourne en plaisirs pour lui ce qu'elle a de rigueur, corn.

Beaux jours, du monde les délices; Fleurs, de la terre les prémices, Pour mes yeux, en tout temps aux larmes condamnés, En vain vous revenez, motin.

Peuple, n*en doute point : c'est le Seigneur, c'est lui Dont le bras invincible a pris notre défense ; Et son adorable puissance  qui le sert aime à servir d'appui, goen.

DES BTAIfCEB.

ion secours, Seigneur : c'est ma vois qui l'appelle ;

Je n'ai point d'autre protecteur, nilié, souffrant, j'ai ranimé mon lËle,

J'ai dit : Dieu lui seul eil tidiiia.

Et tout homme ett meulËur. la motte

On B beau fuir de Mars la main ensanglantée , El des vents rlu midi la vapeur empestée : Il Tdut descendre chez las morts; Pu Cocytu il Taul voir l'eau noire et détestée, Et les funestes bords, hx fare.

Dieui, qui protéger l'innocence

Contre Tout rageuse licence

Oui règne parmi les humains, FrappeE mes ennemis; brisez-les comme verre :

Et jamais le tonnerre Avec tant de raison ne partit de vos meins. iiATKAnD.

Ils avoient' bien les traita de leur père au visage : C/imme lui, peu de Torce et beaucoup de courage. Lorsqu'on ce rude effort.

Poussant dans le ciel leur volée .

La petite troupe alTolée Avant la pâle peur sentit la Troide mort, d'acdtgvt (père). Ces cœurs, enllés de vaine gloire, S'efforcent de ne te pas croire Auteur de ce grand tout.

I. Hais leur présomption en blasphèmes féconde Dessous le tonnerre qui gronde Ne sauroit demeurer debout, hacaii.

Dr p«IIU Amour'.

268 CHAPITBB XTI.

Pour la peur que j'ai des jaloux, Je n'ose parler devant vous De mon amour extrême ; Je déguise mes maux, Je cache mes ennuis, Tant que Je ne puis plus, en l'état où Je suis,

Me connottre moi-même. BOisaoBBaT.

Doux remède à nos sens malades.

Chastes Hamadryades, Qui vivez saintement sous Técorce des bois, Qu'un froid long et fâcheux tient vos beautés gênées !

Vous n'avez point passé d'années Où vous ayez souffert de plus sévères lois, tbistan.

Mes yeux, moins discrets que ma bouche, Parlent du tourment qui me touche.

Et découvrent un feu qui doit me consumer : De leur peu de respect l'orgueilleuse s'offense; Mais pour les obliger désormais au silence, T^ mort va les fermer*.

Plaisant séjour des âmes affligées.

Vieilles forêts, de trois siècles âgées. Qui recelez la nuit, le silence et l'effroi : Depuis qu'en ces déserts les amoureux sans crainte

Viennent faire leur plainte, En a-t-on vu quelqu'un plus malheureux que moi ? racan.

Mais si vous revoyez un jour Ce cher objet de ma pensée

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